Vieillir dans le Grand Saint-Jean : à la recherche de services

Entre le manque de services abordables et de connaissance des services disponibles s’écrit le quotidien de plusieurs aînés francophones du Grand Saint-Jean.

_____________________

Frédéric Cammarano

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Pour Suzanne Pelletier, une Brayonne qui habite la ville portuaire, les services en santé sont trop chers.

«Si j’avais la chance d’avoir plus de services gratuits. Moi, ma santé est très faible», explique-t-elle en ajoutant que son mari doit subir plusieurs opérations et qu’une aide à domicile pourrait l’aider. 

Mais son revenu fixe et ses autres dépenses ne lui permettent pas de s’offrir un tel service.

Dans le Grand Saint-Jean, elle n’est pas la seule à avoir besoin de services en santé, nous dit une étude parue à la mi-décembre et effectuée auprès de 33 membres du club Arc-en-ciel. L’étude, commandée par l’Association Régionale de la Communauté francophone (ARCf) du Grand Saint-Jean et menée par JGV Consultants, conclut que les aînés ont grandement besoin de services de santé et de programmes pour vieillir en santé ou encore pour bien se nourrir.

Aider une voisine

Carmelle Robichaud, une Acadienne qui habite Grand-Bay-Westfield, ne fait pas partie des aînés qui ont besoin de plus de services. «Je suis à mon aise. Je ne sens pas qu’il y a de quoi qui me manque», dit-elle en soulignant l’épicerie, la pharmacie et l’église de la ville.

L’une de ses voisines se trouve dans une situation bien différente. Incapable de conduire, elle dépend de Mme Robichaud pour se rendre à ses rendez-vous médicaux.  

Cette voisine, qui a été mariée avec le cousin de Mme Robichaud, lui avait demandé il y a plusieurs années de déménager dans un petit appartement à côté du sien. «J’ai pas de poêle. C’est pour ça qu’elle voulait que je vienne, pour lui faire à manger. Elle mangeait de quoi qu’elle mettait dans le micro-ondes ou de quoi d’acheté. Elle pouvait pas se faire à manger», explique Mme Robichaud.

Chercher des services en français

Il y a fort à parier que bien des aînés ne connaissent pas les services disponibles. Selon l’étude commandée par l’ARCf, un tiers des participants ont répondu «beaucoup» à savoir s’ils étaient favorables à l’organisation de conférences sur «les services existants pour les personnes aînées» et sur «les services disponibles de la province du N.-B. à l’intention des personnes aînées».

L’étude stipule aussi qu’«il sera important  de  déployer des  efforts  soutenus de marketing  et  de  promotion pour rejoindre les personnes aînées qui seraient intéressées par les programmes et les services offerts» que pourrait offrir le Centre communautaire Samuel-de-Champlain.

Trouver des services en français dans le Grand Saint-Jean n’est pas chose facile selon Mmes Pelletier et Robichaud. Bien qu’elles peuvent parler anglais, elles sont à la recherche de services en français. Carrmen Robichaud raconte qu’elle parle en français au prêtre de l’église qu’elle fréquente à Grand-Bay-Westfield et que celui-ci lui répond dans la langue Molière bien qu’il ne parle que peu français. 

Suzanne Pelletier dit s’adresser aux commis et aux serveurs en français en premier.

«Là, ils vont me virer ça en anglais ceux-là qui parlent anglais. Ceux-là qui parlent français vont me parler en français, mais la plupart du temps, c’est anglais».

-30-

Photos :

Photo Carmen Robichaud

Photo Suzanne Pelletier

 

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 4 janvier, 2021
  • Dernière mise à jour 4 janvier, 2021
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article