Une période difficile pour les centres communautaires du sud-est du N.-B.

Les centres communautaires de notre région traversent une période difficile, alors qu’ils ont dû fermer leurs portes à la mi-mars et annuler toutes leurs activités. Ces centres sont pour la plupart gérés par des bénévoles qui organisent plusieurs activités mensuelles, comme des collectes de fonds pour payer leurs frais de fonctionnement. Aucune initiative n’a été mise en place par les gouvernements provincial et fédéral jusqu’ici pour leur venir en aide.

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Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Sous la présidence de Lise Cormier, le Centre Saint-André-LeBlanc organise deux déjeuners et deux bingos mensuels, ce qui rapporte environ 4 000 $. On fait également la location de la salle pour des fêtes d’enfants, des fêtes de diplômé.e.s, des «baby-showers», des mariages, etc. 

«La période qui s’en vient en est une très occupée pour nous, souligne Lise Cormier. Et là les gens annulent. On a dû annuler une soirée multiculturelle. Un mariage prévu à l’automne a été remis à 2021, mais d’autres mariages prévus cet été ne sont pas encore annulés.» C’est un stress pour elle d’avoir à attendre et de ne pas savoir combien de temps les mesures de confinement seront en vigueur.

Il en est de même pour Notre Centre de Grande-Digue. Michel Poirier, le gérant bénévole, indique que les pertes pour le mois de mars s’élèvent à 10 000 $ et que ce sera semblable pour avril et les autres mois si ça devait se poursuivre. «De plus, tous les mariages qu’on avait pour cet été ont été remis à l’an prochain et toutes les activités régulières au centre sont annulées.»

La «Soirée diamant» prévue en mai est aussi annulée. Cette activité rapportait environ 10 000 $ pour le centre; c’est l’activité annuelle de l’Institut féminin pour aider à financer leur fonctionnement quotidien. Cette soirée à bâtir une réserve. Dans cinq ans il faudra remplacer la toiture, sans compter les imprévus. «Notre réserve actuelle sera suffisante pour quelques autres mois, explique M. Poirier, mais il faut penser à ce qu’il faudra faire si les règlements du confinement et de la distanciation physique étaient assouplis.» Ils songent à poursuivre en juin des activités qu’ils avaient l’habitude de terminer en mai, comme la vente de poutines. Quant aux bingos, ils pourraient avoir lieu en tenant compte de la distanciation sociale. L’annulation des élections municipales et scolaires représente également une perte de revenus pour les deux centres.

«Et les dépenses sont toujours là, ajoute M. Poirier : électricité, téléphone, vidanges, sécurité. Les factures continuent d’entrer. Pour l’électricité c’était plus de 3 000 $ en mars et il n’y a plus de chaleur dans le centre depuis la mi-mars. C’est cher de chauffer un édifice de 10 000 pieds carrés.» Pour Saint-André, la facture d’électricité était de 1 300 $.

Afin d’économiser, dans les deux centres, on a éteint tout ce qu’on pouvait, tout ce dont on n’avait pas besoin, dont des réservoirs d’eau chaude, des congélateurs, des réfrigérateurs, les machines à glace, etc. «On n’a pas besoin de bière frette ni de glaçons ces temps-ci», indique Lise, en riant. La fermeture est arrivée très vite et il a fallu jeter de la nourriture périssable que l’on avait pour le prochain déjeuner. Trois gros sacs de pommes de terre ont été divisés et donnés à des familles dans le besoin.

Et la communauté aussi est perdante. Un déjeuner de la fête des Mères, au profit des Scouts de Cap-Pelé, ainsi qu’un autre au profit du Diabète juvénile était prévu. Si une personne tombait gravement malade, le centre était disponible gratuitement pour une activité de collecte de fonds et on faisait des profits avec la cantine et le bar. À Grande-Digue, les Chevaliers de Colomb n’ont plus les revenus qui provenaient de leurs déjeuners mensuels.

Si on félicite les gouvernements pour ce qu’ils ont fait pour les employés et les entreprises, rien n’est annoncé pour combler les pertes de revenus des organisations comme les centres communautaires. Celui de Grande-Digue emploie une personne à raison de 12 heures par semaine et il pourra bénéficier de la remise fédérale de 75 % de son salaire.

Il n’y a pas d’employé à Saint-André-LeBlanc, car ce sont des bénévoles qui font tout. Difficile pour les responsables d’expliquer ce que ça vaut au gouvernement. Ils connaissent le montant des revenus qu’ils perdent et ils ont hâte de voir s’ils pourront obtenir de l’aide. M. Poirier a communiqué avec le bureau du député fédéral de Beauséjour, Dominic LeBlanc, afin de savoir si on pourra les aider à rester ouverts. «Tous les centres communautaires ont besoin d’argent, dit-il, j’ai parlé au Centre 50 de Cocagne et ils sont dans le même bateau que nous. Et ce n’est pas des prêts qui vont nous aider, ça ne donnerait absolument rien, car il faudrait les rembourser. Nous n’avons pas les moyens.»

Le Centre Saint-André-LeBlanc a reçu un projet SEED qui devrait leur payer un étudiant à compter du 27 avril.  À Grande-Digue, quatre ont été approuvés, car le centre s’occupe également des terrains de tennis et de soccer. Ces deux groupes n’ont pas pris de décision quant à savoir si leurs activités auront lieu. Ils ne savent pas encore s’ils pourront embaucher des jeunes et avoir assez de travail à leur offrir pour les tenir occupés.   

  1. Poirier planifie déjà de nouvelles activités pour le retour à la normale. «Je pense à des activités intéressantes pour la population, à prix abordable pour les familles. Il faudra essayer d’innover pour réunir à nouveau la communauté dans notre centre.»
  2. Poirier est à Notre Centre tous les jours de 8 h à midi et les gens peuvent faire des rendez-vous pour s’y rendre en composant le 532-1133 

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Photos :

1 – Notre Centre de Grande-Digue

2 – Soupers populaires à Notre Centre

3 – Salle décorée pour un mariage à Saint-André-LeBlanc

4 – bas de vignette : La présidente du Centre Saint-André-LeBlanc, Lise Cormier et son mari Gilles donnent de nombreuses heures de bénévolat à leur centre co

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  • Date de création 20 avril, 2020
  • Dernière mise à jour 20 avril, 2020
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