Une initiative branchée

La fermeture des écoles ténoises pour le reste de l’année scolaire 2019-2020 force le système scolaire à utiliser divers moyens technologiques afin de rejoindre ses élèves. Dans un souci d’offrir à tous les jeunes une façon de se connecter, l’entreprise Global Storm It de Yellowknife a décidé de récolter des ordinateurs portables usagés afin d’en faire don aux jeunes dans le besoin.
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Karine Lavoie
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

La pandémie de la COVID-19 est venue changer abruptement l’année scolaire des étudiants ténois. Du jour au lendemain, les enseignants ont dû mettre en place une nouvelle façon de prodiguer leurs enseignements. Si pour certains foyers, l’accès aux technologies n’est pas problématique, il n’en est pas de même pour tous. En collaboration avec NNSL Média, l’entreprise Global Storm It, située à Yellowknife, s’est mise au défi de récolter des ordinateurs portables usagés afin d’en faire don par la suite. La problématique de la non-accessibilité à un ordinateur dans les Territoires du Nord-Ouest vient s’ajouter à celle, bien présente, du décrochage scolaire.

La technologie, un allié de taille en temps de pandémie

Quand la pandémie de la COVID-19 a frappé, il était clair pour Kirby Marshall, PDG et propriétaire de l’entreprise Global Storm It que les écoles seraient l’une des premières institutions à fermer. « J’étais très conscient que la pandémie aurait un impact négatif important sur les élèves et les collectivités, qui sont déjà les plus à risque dans notre système d’éducation », explique-t-il. « J’ai tout de suite su que nous allions utiliser l’éducation à distance. »

Ce type d’éducation pose un défi aux quelque 500 élèves dans les régions de Tlicho et Dehcho qui sont sans ordinateur. « Les appareils portables sont pris en charge par des centaines de millions de personnes travaillant à domicile ainsi que par des étudiants à la maison à travers le monde », ajoute-t-il, en expliquant par le fait même la difficulté de se procurer un appareil neuf. Jusqu’à présent, grâce à cette initiative, ce sont plus de 100 ordinateurs portables ou de bureau provenant d’entreprises et de particuliers qui ont été récoltés.

Du côté gouvernemental, un travail est actuellement réalisé en collaboration avec les organismes éducatifs pour aider les élèves qui n’ont pas accès à des appareils technologiques ou à Internet. « Dans de nombreux cas, des ordinateurs portables ont déjà été envoyés à la maison et dans d’autres cas, l’accès à Internet est fourni soit en créant des points d’accès publics dans certaines écoles, soit en donnant aux élèves des clés Turbo ou des modems compatibles Wi-Fi », explique Meagan Wohlberg, gestionnaire des relations publiques et des communications au ministère de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO).

Malgré cette volonté gouvernementale de fournir à tous un accès à Internet, il est toutefois impossible, selon Kirby Marshall, de répondre à tous les besoins. « Bien que notre gouvernement s’engage à aider les élèves là où ils le peuvent, il y a tout simplement trop de besoins en ordinateurs », affirme-t-il. « Notre gouvernement est débordé et il n’est pas en mesure de résoudre seul les problèmes auxquels nous sommes confrontés. »

Prévenir le décrochage scolaire

Entre 2007 et 2010, Statistique Canada relevait un taux de décrochage scolaire de 30,1% dans les Territoires du Nord-Ouest, et le contexte actuel de la pandémie pourrait venir amplifier le problème. Selon Kirby Marshall, le fait que chaque élève possède un ordinateur contribuera à prévenir le décrochage scolaire.

Au GTNO, on assure faire tout ce qui est possible afin de limiter les effets néfastes de l’absence physique des élèves dans les écoles : « Le GTNO, les organismes d’éducation et l’Association des enseignants des Territoires du Nord-Ouest (NWTTA) s’emploient quotidiennement à faire en sorte que la pandémie ait le moins d’impact possible, en offrant du soutien aux élèves, aux enseignants et aux parents quand et où cela est possible », affirme Meagan Wohlberg.

Le travail est également amorcé en vue de la prochaine année scolaire. « La planification est en cours pour s’assurer que les écoles puissent rouvrir en toute sécurité au cours de la prochaine année scolaire 2020-2021, ce qui comprendra la communication avec tous les élèves et toutes les familles pour les inviter à retourner à l’école à l’automne », conclut-elle.

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Des photos sont disponibles sur demande : ijlterritoires@apf.ca

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  • Date de création 15 juin, 2020
  • Dernière mise à jour 9 juin, 2020
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