Une clinique d’aide juridique pour les personnes transgenres à l’Île-du-Prince-Édouard

Dimanche 14 mars, la clinique d’aide juridique Trans ID a proposé des conseils juridiques gratuits aux personnes transgenres et de diverses identités de genre. Une première à l’Île-du-Prince-Édouard.

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Marine Ernoult

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Pour la première fois, dimanche 14 mars, la clinique d’aide juridique Trans ID, basée au Nouveau-Brunswick, a offert ses services en ligne à la population de toutes les provinces de l’Atlantique. Pendant trois heures, les huit membres de l’équipe ont bénévolement donné des conseils juridiques à une vingtaine de personnes transgenres et de diverses identités de genre. Chaque client a bénéficié d’une entrevue de trente minutes, organisée en ligne sur Microsoft Teams. À l’Î.-P.-É., seulement deux personnes ont sollicité les conseils de Trans ID.

En partenariat avec quatre avocats, des étudiants en droit de l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB) ont aidé les clients à trouver et remplir correctement les formulaires pour changer leur nom et leur identité de genre - homme ou femme - sur leur certificat de naissance, leur passeport, leur permis de conduire, leur numéro d’assurance sociale ou encore leur carte d’assurance-maladie. «Les informations juridiques correctes ne sont pas toujours faciles à trouver, notamment quand on habite dans des régions rurales isolées, les gens peuvent être mal desservis, délaissés», souligne Ash Arsenault, l’un de ces étudiants bénévoles, originaire de Summerside et francophone.

Déclaration obligatoire d’un médecin 

Surtout qu’à l’Î.-P.-É., les personnes souhaitant modifier leurs documents officiels doivent obtenir au préalable une déclaration de leur médecin indiquant leur nouveau genre. «L’Île est l’une des dernières provinces qui s’accrochent à cette condition très rigide», regrette Ash Arsenault qui rappelle qu’auparavant, il fallait même l’avis de deux médecins. Au Nouveau-Brunswick, les exigences sont plus souples. La déclaration peut provenir d'une liste plus large de professionnels, y compris un psychiatre ou un travailleur social.

De leur côté, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador n’exigent pas l’aval d'un médecin. «Il suffit de soumettre une déclaration personnelle où vous demandez à ce que le genre indiqué sur vos papiers d’identité reflète celui que vous vivez et ressentez», détaille le bénévole. À l’Î.-P.-É., les démarches sont également plus chères qu’ailleurs en Atlantique. Changer son nom et son identité de genre sur ses pièces d’identité coûte 225 dollars contre une centaine de dollars dans les autres provinces.

L’intervention obligatoire d’un médecin est problématique alors que la province souffre d’un manque de praticiens. «Même si vous avez un médecin, il est parfois difficile d’en trouver un qui est sensible aux questions transgenres et est prêt à vous appuyer dans votre démarche, observe Ash Arsenault. Et un refus peut endommager la santé mentale.» Aux yeux de l’étudiant, la situation est également compliquée pour celles et ceux qui veulent subir une chirurgie de changement de sexe et doivent voyager à l’extérieur de l’Île.

«La société insulaire est de plus en plus ouverte»

«S’ils ne peuvent pas obtenir de documents de voyage correspondant à leur future identité de genre avant de partir, ils se mettent à risque à leur retour de révéler aux gens qu’ils sont transgenres», explique-t-il. Avant de reconnaître que les regards ont changé ces cinq dernières années : «Plus d’opérations sont disponibles à l’Île et la société insulaire est de plus en plus ouverte.»

Face au succès rencontré par la clinique virtuelle, les organisateurs veulent renouveler l’expérience fin mars. «En temps normal, on organise trois à quatre rencontres par an en personne au Nouveau-Brunswick, mais avec la pandémie, on s’est rendu compte de l’importance de le faire en ligne au niveau régional», témoigne Ash Arsenault.

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

Ash Arsenault : Ash Arsenault, bénévole à la clinique d’aide juridique Trans ID, rappelle qu’à l’Î.-P.-É., la déclaration d’un médecin est obligatoire pour que les personnes transgenres puissent changer leurs papiers d’identité. (Courtoisie)

 

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  • Date de création 16 mars, 2021
  • Dernière mise à jour 17 mars, 2021
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