Un passage à l'école privée plus que réussi pour Jérémie Gagnon

Quitter la maison familiale à 14 ans n’est pas une décision facile à prendre pour bien des adolescents, mais certains prennent cette initiative pour fréquenter une école privée assez éloignée du domicile et vivre une expérience impossible à trouver dans leur localité.

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Normand A. Léger

Initiative de journalisme local − APF – Atlantique

Jérémie Gagnon, 18 ans de Moncton, a vécu les moments difficiles et heureux d’une telle résolution alors qu’il a décidé de s’inscrire en 9e année à l’école privée anglophone Stanstead, située au Québec. Une décision qu’il n’a jamais regrettée.

Samedi dernier - quatre ans plus tard - il y a obtenu son diplôme d’études secondaires lors d’une cérémonie virtuelle. Il a alors appris qu’il recevait l’illustre Prix commémoratif Pitcher, le plus prestigieux de l’école. Le prix est accordé à l’élève qui exerce la plus grande influence pour le bien de l’école par son leadership et ses actions. Jérémie Gagnon était aussi le copréfet de l’école, soit l’élève responsable de la discipline. Les élèves sont ceux qui votent pour déclarer le gagnant, ce qui en dit gros sur les qualités de Jérémie Gagnon et sur son influence auprès de ses pairs. Il dit qu’il connaissait tous les élèves de chaque niveau. Les  57 étudiants diplômés ont reçu au total des offres de plus de 100 universités et collèges au Canada, aux États-Unis et à travers le monde.

«C’est certain que quitter la maison à 14 ans n’est pas facile et de voir mes parents pleurer dans l’auto n’a pas aidé», raconte Jérémie Gagnon. «Mais en arrivant au collège, le préfet de l’année nous a reçus et nous a fait visiter le campus. À ce moment, j’ai décidé que c’était pour moi. Je cherchais des défis académiques et je voulais jouer au hockey. Stanstead offrait les deux. Je peux dire qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer là. Il y a toujours des activités, des études, des sports et les cours. Les journées sont bien remplies et j’ai beaucoup aimé cela.»

Deux amis de Jérémie, les frères Olivier et Alexis Daniel, de Dieppe, étaient aussi inscrits à cette école privée. Les trois avaient les mêmes intentions. «Je cherchais un excellent programme qui me forçait à me surpasser, a ajouté Jérémie Gagnon. Cette saison, j’ai suivi des cours avancés qui me donnent cinq crédits universitaires de première année, soit l’équivalent d’un semestre. Avant ça, j’étais tanné de l’école parce que j’avais des capacités avancées et je n’étais pas poussé. Une meilleure éducation et la possibilité de jouer des sports m’ont motivé à m’inscrire à Stanstead. Le tout n’a pas été facile d’étudier en anglais après avoir suivi mes cours en français, mais on s’adapte.»

L’école accueille quelque 250 élèves de nombreux pays à travers le monde. Jérémie Gagnon dit avoir maintenant des amis partout sur la planète et qu’il compte bien en visiter plus tard. Il a participé à deux missions humanitaires au Vietnam en plus d’avoir des responsabilités accrues à l’école chaque année. Le travail du préfet l’avait intéressé à son arrivée en 9e année et celui qui l’avait accueilli avait obtenu le Prix Pitcher cette année-là. «Je me suis dit que j’aimerais faire comme lui et c’est exactement ce qui s’est produit cette année. Il y a deux préfets, un gars et une fille, qui dirigent un comité d’environ 20 élèves de l’école et qui organisent toutes sortes d’activités. J’ai eu des colocataires de partout au monde et je n’aurais pas pu vivre toutes ces expériences ailleurs que dans cette école privée. J’ai organisé la première conférence TED de l’école cette année et l’esprit qui y règne est incroyable. Le ratio élève-enseignant est assez bas. On n’était que cinq élèves dans le cours de physique cette année. Chaque jour est différent et apporte son lot de “WOW”. On vit chaque moment qui se présente et on l’apprécie.»

Les conférences TED (Technology, Entertainment, Design) sont une série de conférences internationales qui permettent d’échanger et de partager des idées qui en valent la peine dans les domaines de la science. Lors des quatre années à l’école, Jérémie Gagnon a aussi fait beaucoup de sports. Il a joué au hockey chaque saison, une année au soccer et à la crosse et deux au golf avec les équipes scolaires Spartans.

Il est retourné chez lui, à Moncton, le 12 mars dernier à la suite de la fermeture du campus en raison de la pandémie. Il a continué à suivre ses cours en ligne jusqu’à la remise des diplômes, samedi dernier. Il attend avec impatiences ses derniers résultats de cours.

Jérémie Gagnon prévoit prendre le temps de jouer au hockey avec les Rapides de Grand-Sault de la Ligue junior des Maritimes la saison prochaine et suivre quelques cours universitaires en ligne. Le domaine du génie mécanique l’intéresse et il compte fréquenter l’Université de Waterloo, en Ontario. Il jongle aussi avec l’idée de s’inscrire au collège Bowdoin, à Brunswick, Maine, pour suivre son cours de génie et aussi jouer au hockey. La formation sportive de ce collège est inscrite dans la division 3 de la NCAA. Il a déjà visité ce campus qu’il a bien aimé. Ce serait aussi un peu plus près de chez lui. Son amour et son intérêt pour le hockey et une éducation poussée pourraient donc le faire pencher vers le Maine. Les prochains mois seront décisifs.

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Photo Jérémie Gagnon – Jérémie Gagnon a pleinement profité de son séjour de quatre ans à l’école privée Stanstead, au Québec. Il a joué quatre ans au hockey, une au soccer et à la crosse et deux ans au golf. (Courtoisie)

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  • Date de création 15 juin, 2020
  • Dernière mise à jour 15 juin, 2020
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