Un pas de plus pour Charles McVety

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

Le gouvernement ontarien a offert lundi son appui à l’intention du président du Canada Christian College, Charles McVety, un pasteur évangélique dont les propos homophobes et islamophobes ont été abondamment documentés, de devenir une université.

Le leader religieux Charles McVety, un proche partisan de Doug Ford, souhaite faire de son collège catholique une institution ayant le droit d’octroyer des diplômes universitaires. 

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Le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford a voté en faveur du projet de loi omnibus 213, qui vise principalement à aider les petites entreprises à affronter la COVID-19. 

Ce projet de loi, qui a reçu l’appui de 52 députés ontariens contre 35, inclut une annexe qui permettrait au Canada Christian College de décerner des baccalauréats en arts et en sciences. 

Il est néanmoins important de noter que c’est la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation postsecondaire, un organisme indépendant du gouvernement, qui prendra la décision finale. 

Le gouvernement Ford s’est défendu dans ce dossier en affirmant qu’il fait confiance à l’indépendance de l’organisme et que le processus normal a été suivi. 

Or, le premier ministre a été accusé de népotisme dans le cadre de cette décision, puisque Charles McVety a joué un rôle clé dans la victoire de Doug Ford à la chefferie du Parti progressiste-conservateur. 

Opposition et abstentions

Depuis, de nombreux groupes musulmans et LGBTQ+ se sont opposés à ce projet de loi du gouvernement ontarien et ont dénoncé Charles McVety. 

Au niveau politique, l’Assemblée législative de l’Ontario a adopté de justesse, en novembre, une motion du NPD qui dénonçait Charles McVety et la proposition du gouvernement de Doug Ford d’appuyer l’intention du Collège chrétien de devenir une université. 

Il est rare que ce genre de motion soit adoptée à Queen’s Park, puisque le gouvernement progressiste-conservateur détient la majorité et n’appuie pratiquement jamais les critiques de l’opposition à son endroit. 

Or, plusieurs députés du gouvernement Ford, dont la vice-première ministre Christine Elliott et les ministres Caroline Mulroney, Paul Calandra et Stephen Lecce, s’étaient abstenus de voter, ce qui a notamment contribué à la ratification de la motion. 

Ainsi, 29 députés ontariens avaient demandé à Doug Ford de condamner les propos extrêmes et haineux du président du Collège chrétien, contre 27 qui se sont opposés à cette motion qui, rappelons-le, n’engageait en rien le gouvernement Ford puisqu’elle était non contraignante.

 

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  • Date de création 7 décembre, 2020
  • Dernière mise à jour 7 décembre, 2020
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