Un centre de développement durable pourrait naître à Charlton

À Charlton, une petite communauté du nord-est de l’Ontario, un projet de développement durable est en train de voir le jour. L’idée derrière le Charlton Sustainability Hub serait de créer un centre d’éducation, de tourisme et de recherche pour encourager les communautés rurales à continuer leur développement économique de manière durable, respectueuse de l’environnement et communautaire. 

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Marc Dumont — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

Derrière ce projet se trouve l’écologiste Ambrose Raftis, bien connu dans la région notamment en tant que président de la coopérative Green Timiskaming Development. Pour mettre sur pied le projet du Charlton Sustainability Hub, lui-même et les autres membres du conseil d’administration ont créé une autre coopérative, la Northern Ontario Centre for Sustainable Development Co-operative Inc. (NOCSDC).

«On veut contrer l’érosion démographique, sociale et économique dans les communautés rurales. Avec la perte de la population, il y a l’esprit de communauté qui s’effrite et une perte d’habiletés sociales», revendique Ambrose Raftis.

Le projet ne plaît cependant pas à tout le monde. «Comme beaucoup d’organisations rurales, nous luttons pour obtenir un soutien, car les idées que nous promouvons ne sont pas courantes dans les communautés rurales. Le principal soutien au Hub vient de jeunes gens qui reconnaissent les problèmes liés aux changements climatiques et savent qu’ils devront vivre avec. Les communautés rurales, avec leur démographie vieillissante, ne sont pas très sûres que le changement soit nécessaire», enchaîne l’écologiste.

En recherche de financement

La NOCSDC planifie d’acheter l’ancienne école publique Charlton-Savard, aujourd’hui fermée. L’école serait divisée en lieux de travail, d’hébergement et de salles communes. On y retrouverait l’esprit de village communautaire d’autrefois. De plus, l’établissement serait autosuffisant puisque l’école produirait sa propre énergie. «Il suffirait d’y installer des panneaux solaires», dit Ambrose Raftis. Il y aurait un jardin, une serre, une grange, une piscine et les véhicules fonctionneraient aussi à l’électricité.

Pour le moment, le projet en encore en recherche de moyens. «Nous sollicitons du financement pour un plan de développement stratégique auprès de Fednor et de la Société de gestion du Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario (SGFPNO). Nous prévoyons élaborer un plan qui sera utile à de nombreuses communautés rurales, puis partager les idées et les concepts. La plupart des communautés disposent de ressources qui pourraient être utilisées pour créer davantage de sécurité économique et sociale», souligne encore M. Raftis.

L’ouverture demeure donc hypothétique. «L’étude prendra probablement un an, et nous prévoyons une période de construction de 18 mois avant une ouverture partielle. Nous avons déjà passé plus de deux ans à développer le concept, donc même si nous aimerions commencer tout de suite, des projets comme celui-ci prennent un certain temps pour que les bailleurs de fonds s’y mettent», déplore le créateur du projet.

Retenir la jeunesse

Le Charlton Sustainability Hub modéliserait donc ce qui pourrait être fait dans plusieurs régions rurales de l’Ontario. «La jeunesse déménage en ville. Il manque d’infrastructures dans les régions rurales pour les retenir et les politiciens locaux ignorent la situation», se révolte Ambrose Raftis.

Il s’adresse à la jeunesse qui recherche une alternative à la vie en ville, notamment en raison des coûts élevés de l’immobilier. Plusieurs jeunes partagent aussi des préoccupations liées à l’alimentation, à l’écologie, aux énergies renouvelables et aux changements climatiques. «Cette jeunesse recherche une communauté basée sur des valeurs où elle se sent connectée avec les autres», résume Ambrose.

Beaucoup de ces jeunes ont des emplois qui leur permettent de travailler à partir de n’importe où. L’attrait du Charlton Sustainability Hub est qu’il offrirait le logement et le lieu de travail à faible coût, avec possibilité de réseautage et d’activités communautaires comme de la formation ou des spectacles.

Chaque locataire aurait un lieu privé avec cuisinette. L’engagement des locataires comprendrait du travail dans le jardin, la serre ou les corvées de cueillette et d’entreposage des aliments. «C’est la vie de village d’autrefois, avec des habiletés traditionnelles et des habiletés plus contemporaines», imagine Ambrose.

Le centre pourrait accommoder 30 personnes qui signeraient une entente d’essai de trois mois pour vérifier si le style de vie dans un environnement à faible carbone leur convient.

Plusieurs centres similaires existent déjà en Europe et aux États-Unis. Le modèle de Charlton s’inspire de ces expériences d’écohabitation et de partage de cuisine communautaire. Ambrose Raftis est d’ailleurs en contact avec un centre au Danemark.

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BP :

  • L’écologiste Ambrose Raftis est derrière le projet du Charlton Sustainability Hub. (Crédit : Courtoisie Ambrose Raftis)

Des photos sont disponibles sur demande : ijlontario@gmail.com.

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  • Date de création 19 mars, 2020
  • Dernière mise à jour 19 mars, 2020
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