Retour au bercail après une croisière torpillée par la COVID-19

Après avoir passé près de deux semaines confinés dans leurs cabines pendant la pandémie de la COVID-19, les couples Gilles Laporte et Denise Lemire, et Michel et Lucie Cayouette ont finalement pu quitter leur bateau de croisière et rentrer chez eux, à Orléans, le 3 avril dernier.

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Jean-Marc Pacelli — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

«On était soulagés d’arriver. On a une cour et on peut y aller prendre de l’air quand on veut», se réjouit Michel Cayouette, qui ne cache pas avoir ouvert toutes les fenêtres de la maison à son retour.

«Ce n’est pas grand, une cabine de 15 m2», seconde sa conjointe. Elle ajoute que la première semaine à la maison a été passée à laisser sortir la pression accumulée… et à écouter en rafale des épisodes de District 31!

Le retour au bercail n’a cependant pas eu le même effet pour tous : «C’était pire qu’être sur le bateau! Qu’on n’ait pas accès à nos petits-enfants ou à notre fils en croisière, c’est normal. Mais ils sont à dix minutes de chez nous et on ne peut ni les voir ni faire des activités avec eux. Il faut aussi recommencer à faire nos repas», lance à la blague Denise Lemire.

Rattrapés par la réalité

Les deux couples sont montés à bord du Zaandam le 7 mars dernier pour une croisière qui leur ferait visiter certains pays d’Amérique du Sud. «La première semaine s’est très bien passée. La nourriture était excellente, le service superbe, le divertissement de grande qualité et les passagers étaient super sympathiques», raconte Lucie Cayouette.

Mais voilà que la réalité mondiale a rattrapé les croisiéristes : «On nous a annoncé que l’arrêt à Ushuaïa était annulé parce que l’Argentine fermait ses ports», se rappelle Gilles Laporte.

Peu après, le Chili a annoncé qu’il ferait de même prochainement. Le bateau a donc mis le cap vers ce pays avant qu’il ne soit trop tard pour y faire descendre ses passagers et organiser leur rapatriement. Le Chili a toutefois fermé ses ports plus tôt qu’annoncé, empêchant le débarquement.

Malgré les changements, l’atmosphère sur le Zaandam est restée positive : «La croisière s’amusait encore. On a parcouru le détroit de Magellan, on a vu des glaciers, des dauphins, des baleines et de beaux oiseaux», raconte Lucie Cayouette.

Même lorsque tous ont été sommés de se confiner en cabine le 22 mars, le moral est demeuré bon. Les passagers s’occupaient à lire, à jouer aux cartes, à faire des sudokus et des mots croisés ainsi que des jeux et exercices proposés sur les téléviseurs en cabine.

La croisière ne s’amuse plus

C’est le 27 mars, à l’annonce de quatre décès à bord, que la gravité de la situation s’est fait sentir : «La croisière ne s’amusait plus, là. Ça nous a frappés», confirme Michel Cayouette.

Grâce à l’intervention du président Trump, le navire a obtenu la permission d’accoster en Floride le 3 avril. Les passagers ont été pris en charge du bateau jusqu’au comptoir d’enregistrement d’Air Canada à Toronto. Remise de masques et de gants, escorte policière, contrôle de santé : rien n’a été laissé au hasard.

«J’admire l’efficacité avec laquelle ça s’est fait. Le jeudi soir, on était au large de Fort Lauderdale, attendant la permission d’accoster. Le vendredi soir, on était à la maison», souligne Gilles Laporte.

En plus des quatre décès, 250 passagers ont démontré des symptômes de la COVID-19, dont une douzaine de cas confirmés. Quatorze personnes ont eu besoin d’un transfert urgent à l’hôpital.

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BP :

  • Denise Lemire et Gilles Laporte en cabine à bord du Zaandam. (Crédit : Courtoisie)
  • Michel et Lucie Cayouette à Montevideo, en Uruguay, le 9 mars. (Crédit : Courtoisie)

Des photos sont disponibles sur demande : ijlontario@apf.ca  

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  • Date de création 17 avril, 2020
  • Dernière mise à jour 17 avril, 2020
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