Restauration des dunes par une méthode douce et naturelle

Depuis 2005, la technique de restauration des dunes de Vision H2O est une méthode douce et naturelle qui s’avère efficace pour la reformation des dunes et pour favoriser l’accumulation de sable, notamment dans les endroits où l’ammophile (plante du littoral) est déracinée et offre une barrière de protection.

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Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

«Nous utilisons certaines techniques de restauration de dunes comme la transplantation d’ammophile, l’installation d’arbres de Noël, de clôture à neige, etc., dans le but de conserver les dunes et améliorer certaines dunes dégradées», explique Julie Cormier, directrice générale de Vision H2O. Ces techniques servent à protéger les habitats tels que les terres humides, marais salés et d’eau douce, les forêts ainsi que les infrastructures situées à proximité. Les dunes côtières sont importantes et jouent le rôle de brise-lames ou barrières naturelles contre les ravages de la mer, en plus de servir d’habitat à plusieurs espèces végétales et animales.

«Au cours des huit dernières années, au-delà de 1 477 sapins et 3 245 ammophiles ont été utilisés afin de restaurer environ 2 130 mètres de dunes dans notre région, souligne Julie Cormier. Après les Fêtes, on recueille les sapins de Noël des gens de la région et au printemps on va les attacher aux pieds des dunes pour former des barrières qui favoriseront l’accumulation du sable sur les plages. Les matériaux utilisés sont biodégradables.»

Les équipes de Vision H20 identifient d’abord les endroits où l’on doit intervenir, selon les dommages causés par les tempêtes de l’automne et de l’hiver. Certains sites ont été frappés durement par la tempête Dorian en septembre dernier, dont l’intensité a causé beaucoup de dégâts le long des côtes. Les dunes, les plages et les marais salants sont des écosystèmes côtiers fragiles.

«Ce printemps, ajoute Julie Cormier, on pensait qu’il y aurait plusieurs sites où rien ne pousserait, mais on réalise que l’écosystème peut en prendre un peu et parfois beaucoup. Beaucoup de sites repoussent et il faut juste leur donner du temps pour revenir où on était avant la tempête.»

En plus des sapins, quand il y a assez de sable sur les dunes, les experts font appel à  l’ammophile à ligule courte (communément appelée l’herbe de dunes), qu’on trouve souvent sur le bord de la côte. Avec ses propriétés stabilisatrices, elle permet au sable de s’accumuler car ses longues racines (rhizomes) aident à retenir le sable. Elle est très tolérante, très bien adaptée à l’écosystème et peut résister à des tempêtes. Elle est donc essentielle au maintien des dunes.

Des graines d’ammophiles sont cueillies  et la Ferme Vienneau de Saint-André-LeBlanc les sème pour eux. Leurs efforts envers la restauration et protection des dunes se poursuivent encore cette année grâce au Fonds en fiducie pour l'environnement du Nouveau-Brunswick. La conservation des dunes côtières est l’un des objectifs de la stratégie verte régionale ÉcoVision 2025.

Julie Cormier est bien contente des résultats du projet, même si parfois les efforts sont minés par des tempêtes. Elle constate  que l’intérêt communautaire augmente envers la protection des dunes de la région. «Pour moi, avoir la chance de travailler en environnement dans ma communauté et dans la nature, c’est un boni. J’aime éduquer et sensibiliser les gens à l’importance des dunes et à développer des partenariats avec les associations communautaires», conclut-elle.

Un atelier pratique : Les côtes vivantes

Julie est très fière de la présentation prochaine d’un atelier théorique et pratique sur une approche naturelle permettant de faire face à l’érosion côtière. Il sera offert le 28 août, de 9 h à 17 h au Centre multifonctionnel de Shédiac par Rosmarie Lohnes de Helping Nature Heal Inc. Cette entreprise néo-écossaise utilise des matériaux naturels, des principes scientifiques avancés et de l’expertise en restauration des écosystèmes pour rétablir la végétation et stabiliser les côtes.

«Cette approche appelée “Côtes vivantes” se fait manuellement avec le moins d'intervention mécanique possible», précise-t-elle. Elle permet d’améliorer la santé de l'écosystème côtier tout en protégeant votre propriété.

Cet atelier sera l’occasion idéale d’en apprendre davantage sur la théorie et la pratique de cette méthode écologique éprouvée qui représente une solution écologique à des structures fixes ou à l’enrochement.

Pour plus de détails et pour s’inscrire, on peut consulter la page Web de Vision H2O ou de l’Association du bassin versant de la baie de Shédiac.

L'atelier sera organisé conformément aux mesures de prévention de la COVID-19 et le port du masque est exigé.

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Photos :

Vision H2O - On voit les sapins de Noël attachés au pied d’une dune.

Vision H2O-1 – Transplantation de l’ammophile

Mathias Girouard : Mathias Girouard, assistant de terrain pour l’été, transplante l’herbe de dunes sur des sites assez sablonneux et elle ramène la végétation dans l’écosystème.

Carte : Carte démontrant le territoire entretenu par Vision H2O.

 

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  • Date de création 10 août, 2020
  • Dernière mise à jour 10 août, 2020
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