Quand les Îles du monde se rencontrent

Des universitaires, scientifiques et acteurs économiques du monde économique étaient au rendez-vous pour le «Sommet virtuel insulaire» qui a eu lieu la semaine dernière. Ce forum a pour objectif de partager des réflexions et de bonnes pratiques sur les enjeux insulaires. LÎle-du-Prince-Édouard y était.

________________

Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local - APF – Atlantique

Du 7 au 13 septembre, près de 150 personnes issues du monde académique, du secteur privé et de gouvernements se sont retrouvées virtuellement. Leur point commun ? Être entourées par l’eau. L’évènement intitulé «Sommet virtuel insulaire» se déroulait pour la seconde fois. Organisé par Island Innovation, une entreprise spécialisée dans la communication et la consultation en lien avec le développement durable, le Sommet a pour but le «partage de connaissances pour des îles résilientes, durables et prospères».

Appuyer sur «reset»

Lors de la conférence de presse de lancement, les intervenants se rejoignent sur un point : la crise de la COVID-19 doit être le point de départ d’un nouveau mode de développement. «Il faut appuyer sur le bouton "reset"», insiste la coordinatrice de l’Institut des études insulaires à l'Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI), Laurie Brinklow. Elle souhaite qu’on «prenne le temps de créer le monde que nous voulons plutôt que de réagir».

À ses côtés pendant cet évènement retransmis sur Facebook, la représentante permanente du Belize aux Nations unies, Lois Michele Young, pour qui «les objectifs de l’accord de Paris sur le climat ne peuvent pas être atteints par les gouvernements tout seuls». Le directeur général de Leclanché, une entreprise suisse spécialisée dans le stockage d’énergie, Anil Srivastava , approuve et vante surtout les mérites de l’électrification tous azimuts. «La majeure partie de la production d’énergie peut aujourd’hui être décarbonée», affirme le chef d’entreprise.

Toute la semaine, les intitulés des conférences ont montré cette volonté des îles de continuer à se développer tout en réduisant leur impact environnemental, même si, selon les mots de Lois Michele Young, les petits États insulaires sont souvent ceux qui contribuent le moins au réchauffement, mais en souffrent le plus.

«Tellement dintérêts concurrents »

Mieux protéger les océans et la santé, développer les énergies renouvelables pour assurer la croissance économique, gérer les ressources naturelles sur les petites îles, collecter plus de données pour améliorer la résilience, autant de sujets complexes et parfois antagonistes. «Que voulons-nous pour notre industrie touristique?», questionne la représentante du Belize. «Continuer à importer la nourriture que les touristes demandent? Ou devenir plus durables?»

L’Î.-P.-É. est un bon exemple : exposée au réchauffement climatique, à la montée du niveau de la mer et à l’érosion, la province mise sur l’arrivée de dizaines de bateaux de croisières à Charlottetown pour développer le tourisme avec des conséquences en termes de pollution. «Il y a tellement d’intérêts concurrents sur une petite île, confirme Laurie Brinklow. C’est toujours une question d’équilibre, il n’y a pas de réponse magique.» La spécialiste reconnaît que «l’air est plus propre et qu’on trouve de la place dans les restaurants» depuis le début de la crise de la COVID-19. Elle réaffirme son souhait de «revoir nos priorités».

Son collègue de l’UPEI, Jim Randall, était aussi présent à ce forum mondial. Le cotitulaire de la chair de l'UNESCO pour les études insulaires et le développement durable mène un projet, avec onze autres Îles à travers le monde (des États insulaires indépendants et des juridictions insulaires faisant partie d’un pays comme l’Île ou Terre-Neuve). L’objectif est de comparer les expériences et de voir si la création d'un État est une aubaine ou un obstacle lors de la mise en œuvre de pratiques durables. Comme le résume Laurie Brinklow, «une bonne gouvernance est la clé pour un futur durable».

-30-

PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

  1. Laurie Brinklow est cocoordinatrice de l’Institut des études insulaires à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. (Courtoisie)
  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 14 septembre, 2020
  • Dernière mise à jour 14 septembre, 2020
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article