Propos anti-avortement: Ford demande à Oosterhoff d’être plus prudent

Émilie Pelletier

epelletier@ledroit.com

Initiative de journalisme local 

Queen’s Park

TORONTO — Le député ontarien Sam Oosterhoff, qui est aussi l’adjoint parlementaire du ministre de l’Éducation Stephen Lecce, a participé cette semaine à un événement anti-avortement organisé par un groupe qui compare ce geste à l’Holocauste. Malgré son malaise, le premier ministre Doug Ford a choisi de ne pas sanctionner le député.

Quand Sam Oosterhoff a annoncé sa participation à un événement virtuel intitulé « Génération Z : défier l’avortement en politique », les réactions négatives à l’endroit de cet élu de 23 ans ont été immédiates. Ossterhoff est l’un des responsables gouvernementaux les plus hauts placés du système d’éducation en Ontario. 

Le groupe qui a organisé l’événement a récemment comparé la politique pro-choix du président américain Joe Biden à l’Holocauste : « Faire de l’avortement une priorité précoce est la même chose qu’Hitler, pour qui le fait de tuer les Juifs était une priorité précoce. »

Le NPD de l’Ontario a exigé illico le licenciement du député, affirmant que si Sam Oosterhoff est maintenu dans ses fonctions, c’est parce que Doug Ford « pardonne sa croisade anti-choix ».

« Quelqu’un qui compare le droit de chacun de choisir à l’Holocauste n’est pas quelqu’un qui devrait être l’assistant parlementaire du ministre de l’Éducation », a soutenu la cheffe néo-démocrate Andrea Horwath. 

Le chef du Parti libéral de l’Ontario Steven Del Duca a lui aussi demandé que le député soit démis de ses fonctions au ministère de l’Éducation. « Si un membre de mon équipe assiste à un événement organisé par un groupe qui compare le droit d’une femme de choisir à l’Holocauste, je le licencierais sur-le-champ. »

Un malaise de son chef, mais pas de conséquences

Après avoir été mis au courant des intentions de son député en début de semaine, le premier ministre Doug Ford avait promis aux médias qu’il discuterait de son malaise avec Sam Oosterhoff. 

Jeudi, le premier ministre a indiqué que lors de cette conversation, il aurait dit au député que c’est « dégoûtant » de comparer l’avortement, « ou quoi que ce soit », à l’Holocauste, et qu’il doit être plus « prudent » à propos des groupes auxquels il s’adresse. Or, Doug Ford ne « dictera » pas les croyances de ses membres. « Je ne peux pas suivre leurs horaires, je ne peux pas dicter ce qu’ils font en privé. »

Deuxième geste critiqué 

Ce n’est pas la première fois que le député obtient l’indulgence du premier ministre après avoir fait l’objet de critiques du public.

En octobre dernier, Sam Oosterhoff avait dû s’excuser après avoir publié et rapidement supprimé une photo de lui lors d’un rassemblement de 40 convives où personne ne semblait porter le masque.

Doug Ford avait affirmé l’avoir pardonné et avait réitéré qu’il avait « 100 % confiance » en lui. « Tout le monde fait des erreurs », avait-il dit. 

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  • Date de création 20 mars, 2021
  • Dernière mise à jour 19 mars, 2021
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