Première journée de magasinage post-confinement à l'Î.-P.-É.

Vendredi dernier, les boutiques et les coiffeurs ont rouvert à l’Île-du-Prince-Édouard. Retour sur une journée à la fois particulière et banale, où les insulaires ont retrouvé une vie presque normale.

________________

Marine Ernoult

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Comme une fin de semaine normale… ou presque. Vendredi 22 mai, c’était le début de la phase 2 du plan du gouvernement provincial «Renouveler l’Î.-P.-É. ensemble». Les commerces de détail rouvrent, les coiffeurs, les barbiers aussi, sans oublier les lave-autos et même les toiletteurs pour animaux. Alors qu’il n’y a plus aucun cas de COVID-19 à l’Î.-P.-É., les Insulaires recommencent à goûter aux plaisirs simples de magasiner ou d’avoir une belle coupe de cheveux.

Dans le centre-ville de Charlottetown, une longue file d’attente s’étire devant Ray's Place Barber dès le petit matin. Jeremy Court, deuxième dans la file, attend sa coupe de pied ferme depuis 6 h 20. «Je suis très content d’attendre, c’est aussi un temps où l’on sort en public», se réjouit le trentenaire. Derrière lui, la file s’allonge. À 7 h 30, une vingtaine d’hommes patientent déjà pour avoir leurs coups de ciseaux.

«Je suis prêt à faire n’importe quoi pour rentrer»

«Quand je me suis approché du salon et que j’ai vu le monde, je n’en revenais pas, raconte Ray Martin, le fondateur. C’est merveilleux d’avoir une clientèle fidèle, ça fait du bien après des mois d’incertitude.» Les clients se disent rassurés par les mesures sanitaires mises en place. «Je n’ai pas de masque, mais je peux en acheter un à l’intérieur au besoin», explique Jeremy Court, avant d’ajouter en plaisantant : «Je suis prêt à faire n’importe quoi pour entrer.»

Ray Martin tient à préciser que le masque est suggéré mais pas obligatoire. Et de conclure : «Il y a parfois un flou sur les consignes à observer, le gouvernement n’est pas toujours clair». À l’intérieur, le respect des règles de distanciation physique permettent seulement à trois coiffeurs de travailler en même temps. «Ce sera plus lent, mais on y arrivera», affirme Ray Martin, confiant. 

Au fil de la journée, les rues s’animent, les habitants flânent, profitant du ciel bleu. En périphérie de Charlottetown, les grandes enseignes des centres commerciaux attirent du monde. À 13 h, une heure de file s’est formée devant l’entrée de Winners. De son côté, le chausseur SoftMoc oblige ses clients à essayer les souliers avec des sacs plastiques aux pieds.

Marquage au sol, plaques de plexiglas

Vers 16 h, dans le magasin Cool as a Moose, au centre commercial de la Confédération, les employés semblent satisfaits de leur première journée : «C’est pas si mal, on ne s’attendait à personne, le beau temps a aidé. On croise les doigts pour que ça dure.» Même son de cloche du côté de la boutique de décoration Luna et de Kitchen Unlimited. Tous ces commerces ont multiplié les mesures pour faire respecter la distanciation physique. Les caissiers sont protégés par des plaques de plexiglas, le sol est balisé pour canaliser la clientèle dans un flux entrant et sortant, du gel hydroalcoolique est à disposition. «Ça fait du bien de voir du monde après deux mois», peut-on entendre dans les allées du centre commercial.

De nombreux commerces ont opté pour des horaires d’ouverture limités. Kitchen Unlimited est accessible seulement de 11 h à 16 h. Sur la rue Queen, Liquid Gold Tasting Bar & All Things Olive est ouvert uniquement les vendredis et samedis de 11 h à 15 h. Certaines enseignes préfèrent rester fermées pendant la durée de la pandémie, à l’image du magasin de vêtements Colour Blind. Il faut commander en ligne ou réserver pour être reçu à une heure précise. En fin d’après-midi, les rues du centre se vident, mais Ray's Place Barber ne désemplit pas. Il y a toujours une dizaine de personnes devant le coiffeur.

-30-

PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

Photo queue devant Ray's Place Barber: À Charlottetown, dès 7 h 30 du matin, une vingtaine de clients attendent leur coupe de cheveux devant Ray's Place Barber. Laurent Rigaux

Photo barbier: «Je suis prêt à faire n’importe quoi pour rentrer», plaisante Jeremy Court qui patiente de pied ferme depuis 6 h 20. Laurent Rigaux

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 24 mai, 2020
  • Dernière mise à jour 24 mai, 2020
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article