«Pas de raison» d’arrêter de vacciner avec AstraZeneca

Alors que plusieurs pays d’Europe ont suspendu leur campagne d’immunisation avec le vaccin produit par la firme britannique AstraZeneca, au Canada et à l’Île-du-Prince-Édouard, on ne voit pas de raison d’arrêter. Pour le moment, ce modèle est administré aux 18-29 ans qui travaillent dans certains secteurs.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Nota : les informations contenues dans cet article sont valides au 18 mars 2021.

Dans les jours qui ont suivi le 11 mars 2021, plusieurs pays d’Europe ont suspendu l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca, suite à des cas suspects de thromboses chez des personnes ayant reçu une injection. La thrombose, ce sont des caillots sanguins qui bloquent la circulation du sang dans les veines, et dans les cas les plus graves, on peut en mourir. Mais il n’y a eu qu’une trentaine de cas pour des millions de doses distribuées dans ces pays, comme le rappelle la médecin hygiéniste en chef de l’Île, Heather Morrison, mardi 16 mars.

Moins de 0,01 % d’effets indésirables graves signalés

Autrement dit, ces cas très rares ne sont pas plus nombreux que ceux qu’on enregistre dans la population en général. Et rien ne prouve, à l’heure actuelle, que le vaccin ait causé ces caillots. Des études sont en cours pour comprendre si ces personnes auraient de toute façon eu ce problème, avec ou sans vaccin.

À l’Île-du-Prince-Édouard comme dans le reste du Canada, aucune suspension n’est prévue au moment d’écrire ces lignes. «Nous avons un processus hebdomadaire rigoureux et efficace pour signaler les effets secondaires des vaccins, explique Heather Morrison. Toutes les provinces et tous les territoires travaillent ensemble.»

En date du 12 mars, sur plus de 2,8 millions de doses administrées au Canada, il y a 2 209 rapports d’effets secondaires, dont 1 922 sans gravité (douleur ou rougeur ou chaleur au point d’injection, démangeaisons, mal de tête, etc.). Il y a 287 cas considérés comme graves, c’est-à-dire qu’ils présentent un risque pour la santé ou la vie de la personne. Ces cas graves représentent 0,01 % du total des injections seulement*. «Le risque lié au vaccin est inférieur à celui d’attraper la COVID-19», insiste Heather Morrison.

Les livraisons de Pfizer/BioNTech vont tripler

Au 17 mars, la province insulaire a administré 15 999 doses, dont 5 603 secondes doses. Cela signifie que l’Île a vacciné avec au moins une dose 10 % de la cible, fixée à un peu plus de 100 000 personnes (80 % de la population adulte). Ces chiffres sont appelés à augmenter de façon considérable dans les prochaines semaines, compte tenu des livraisons planifiées.

Celles de Pfizer/BioNTech (14 625 doses reçues au 17 mars) vont passer de 1170 doses par semaine à 4680 pour les deux prochains mois. Les livraisons de Moderna (5 300 doses reçues au 17 mars) vont aussi croître, passant de 2 000 à 4 900 doses toutes les deux semaines d’ici mi-avril. En ce qui concerne AstraZeneca, la province insulaire a reçu 2 000 doses, mais il s’agit du modèle appelé Covishield, qui est différent de celui qui pose question en Europe (il n’est pas fabriqué par le même laboratoire).

«Nous sommes sur la voie de réussir à vacciner 80 % de la population adulte avec une dose pour fin juin, se félicite Heather Morrison. Au cours de l’été, tout le monde recevra sa seconde dose et ce sera le tour des plus jeunes de se faire immuniser, selon les vaccins approuvés.» Pour le moment, ce sont les plus de 70 ans qui peuvent désormais prendre rendez-vous, alors que la vaccination des policiers, des pompiers, des partenaires de soin et des plus de 75 ans a commencé.

La médecin hygiéniste en chef rappelle que 78 % des éclosions de l’Île ont touché les 18-29 ans. Ainsi, les personnes de cette tranche d’âge, qui travaillent dans l’industrie alimentaire, mais aussi les caissiers dans les magasins ou les stations-service, ainsi que les serveurs, vont pouvoir prendre rendez-vous et se faire vacciner avec le modèle AstraZeneca. 2000 doses ont été réparties dans six pharmacies de l’Île.

«Il nous faut vacciner autant que possible, aussi vite que possible. Et le meilleur vaccin est celui qui vous est proposé en premier», insiste Heather Morrison face aux doutes sur les effets secondaires. En France, la vaccination avec AstraZeneca a repris après quelques jours, suite au feu vert des autorités de santé nationale et européenne.

*Les effets secondaires rapportés au niveau du pays ont été mis à jour le 5 mars. Ils ne concernent pour le moment que les vaccins  Pfizer/BioNTech et Moderna.

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

  1.     Une infirmière prépare une dose de vaccin contre la COVID-19 du fabricant Moderna  au centre médical de Lennox Island, le 26 février. (Laurent Rigaux)
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  • Date de création 21 mars, 2021
  • Dernière mise à jour 25 mars, 2021
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