Pas de procès en français pour agression sexuelle: « C’est une histoire terrible », dit Mulroney

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

La ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney a réagi, jeudi, à l’histoire de cette Franco-Ontarienne dont le procès qu’elle intentait pour agression sexuelle a dû être annulé parce que personne à la Cour de justice de Sault-Ste-Marie n’était disponible dans les temps requis pour entendre son témoignage en français.

« C’est terrible. C’est une histoire terrible. » 

L’ex procureure générale et actuelle ministre des Affaires francophones de l’Ontario Caroline Mulroney s’est dite navrée du récit de cette Ontarienne d’expression française du nord de la province.

À la suite de nombreux délais en raison de l’absence d’interprètes, cette femme, dont le procès a été annulé en novembre 2019 après l’invocation de l’arrêt Jordan, n’aura jamais eu l’occasion de témoigner contre celui qu’elle accuse de l’avoir agressée sexuellement.

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« Je garde espoir qu’on pourra régler ces problèmes, surtout dans les régions éloignées de la province. »

Caroline Mulroney

« On est en retard de ce côté-là, et on a du travail à faire », a noté la ministre, lors d’une entrevue avec Le Droit. 

Le Procureur général Doug Downey avait annoncé, à la mi-décembre, un projet pilote dans la région de North Bay pour assurer les services de justice en français. 

Cette annonce avait été faite après que le député de la Mushkegowul—Baie James Guy Bourgouin ait déploré, à Queen’s Park, le sort qui a été réservé à cette femme et à un autre de ses concitoyens en instance de divorce qui n’avait pas pu être servi dans sa langue maternelle à la même Cour de justice. 

Lorsque Mme Mulroney était Procureure générale, elle a mené un tel projet pilote pour améliorer l’accès aux services en français aux palais de justice à Ottawa et à Sudbury. 

La ministre des Affaires francophones soulève avoir été impressionnée « par la rapidité des parties prenantes pour adapter leurs pratiques à la technologie pour répondre à la nécessité imposée par la pandémie ». 

Elle souligne que cette rapidité du système judiciaire à s’adapter aux besoins des communautés, et affirme même que ça lui a donné « espoir ». 

« Je garde espoir qu’on pourra régler ces problèmes, surtout dans les régions éloignées de la province », ajoute-t-elle.

 

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  • Date de création 20 décembre, 2020
  • Dernière mise à jour 20 décembre, 2020
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