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Pandémie et sports de glisse : recherche or blanc désespérément

En Colombie-Britannique comme en Alberta, la météo a été très généreuse en neige le mois dernier. En effet, des stations comme Lake Louise, Mount Norquay et Sunshine en Alberta ou Cypress en Colombie-Britannique sont déjà ouvertes depuis la mi-novembre et ne se dépeuplent pas malgré la pandémie.

Salima Bouyelli

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

« Je fais du hockey sur glace et du ski quand la saison me le permet », explique Natacha Ledent, enseignante à Vancouver. L'année dernière, elle a profité des stations de ski jusqu'à leur fermeture prématurée en mars 2020 à cause de la COVID-19. Originaire de Bruxelles en Belgique, cette habituée des sports de glisse a déjà réservé pas mal de dates sur plusieurs domaines skiables pour être certaine de profiter pleinement de l’or blanc. Un sport comme le hockey n’est pas à très haut risque vis-à-vis de la pandémie, affirme-t-elle, car « on porte un casque avec une cage et nous sommes six sur la patinoire ».

En revanche pour le ski, la petite station de Cypress près de Vancouver a pris des mesures draconiennes cette année pour « parvenir à vendre ses billets avant un risque de fermeture précoce », pense Natacha Ledent. Pour réduire au minimum le risque de contamination par le virus, les billets s'achètent obligatoirement en ligne et à ce sujet, les politiques de remboursement diffèrent d’une station à une autre : le domaine de Whistler a une bonne politique d’annulation comparativement à Sasquatch qui ne rembourse presque rien.

À Calgary, lorsqu’elle n’utilise pas la patinoire de l’Olympic Plaza, Chloé Joubert, étudiante de 21 ans, fait du ski au Mount Norquay. Ce dernier a fermé tôt en mars 2020 à cause de la COVID-19 et ouvert tôt à la mi-novembre. « Ils ont ouvert tôt avec des canons à neige », affirme-t-elle. À Banff Sunshine la semaine dernière, il y avait plus de monde que ce que j’avais vu l'année passée », a-t-elle constaté.

La pandémie a eu beaucoup de répercussions sur l'organisation des installations d’hiver. Par exemple, les télésièges n’acceptent pas plus de deux personnes, une à chaque extrémité, sauf s’il s’agit d’un même groupe de skieurs et les masques sont obligatoires dans tout le domaine.

« Autant je suis parano dans les centres commerciaux, autant sur les stations de ski le risque approche de zéro quand même », estime-t-elle. Les cafétérias sont strictement surveillées avec interdiction totale de s’y installer, sauf pour consommer, et les tables sont bien séparées. Les personnes ayant apporté leur repas sont invitées à utiliser une tente à l'extérieur prévue à cet effet.

Les forfaits se vendent en ligne comme des petits pains chauds

Laureline Balzan, de la région grenobloise, habite à Vancouver avec sa petite famille. C’est une assidue de la station Cypress. Elle se rappelle que l'impact a été ressenti au début de la pandémie surtout, car les stations ont fermé de façon inopinée. « Cette année, on a pris la passe saisonnière familiale pour éviter d'acheter nos forfaits en ligne qui souvent sont tous vendus ».

Malgré une nette augmentation des tarifs, Laureline souligne un impact rare, mais positif, de la pandémie sur l'activité : le laisser-passer et le forfait journaliers sont reportables sur l'année suivante en cas de non utilisation. Au niveau de la restauration, il est interdit de consommer ou de s’asseoir dans la cafétéria, le masque est obligatoire y compris dans les toilettes. Pour garder une traçabilité des personnes, le restaurant enregistre les coordonnées de tous les clients afin de les retrouver si un cas de COVID-19 venait à se déclarer dans l'établissement.

La population veut respirer

Loïc Freynet, originaire de Haute-Savoie, travaille chez West Coast Sports à Vancouver en tant que technicien de ski et de planche à neige. Son patron n’avait jamais vu autant de monde pour affûter les carres (la partie métallique située de part et d'autre de la semelle des skis permettant une accroche de ceux-ci dans la neige) alors qu’il n’y a qu'une station d’ouverte. En effet, la COVID-19 interdit de dépasser la station locale de Cypress.

Après le confinement, les gens éprouvent un besoin cruel de respirer de l’air frais, de se retrouver dans la nature, de pratiquer des activités de glisse selon leurs moyens. « Les clients viennent juste farter leurs skis plutôt que de les affûter car ça coûte moins cher et leur priorité est de sortir respirer le grand air pour oublier qu’ils sont au chômage », explique Loïc.

Une des contraintes majeures de la pandémie, c’est la difficulté de rester en groupe. La station a dû embaucher six personnes, selon Loïc, pour surveiller les files d’attente et vérifier le port du masque. La distanciation est toujours de rigueur et les voitures doivent rester en groupe si elles font partie du même convoi. Le magasin exige de ses clients d'apporter leurs propres paires de chaussettes inutilisées pour essayer les chaussures afin de limiter la propagation du virus. Sur le plan financier, West Coast Sports tente de faire le plus d’argent possible avant de fermer complètement. « Par exemple, on a augmenté nos prix pour le service ski de 35 $ à 50 $ », confie le Haut-Savoyard.

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Bas de vignettes

Patinoire Olympic Plaza à Calgary, Alberta. Crédit Salima Bouyelli

Natacha Ledent dans sa tenue de hockey. Courtoisie

Laureline Balzan et sa tribu. Courtoisie

Chloé Joubert à Norquay, début novembre 2020. Courtoisie

Loïc Freynet à la station de ski Cypress, Vancouver. Courtoisie

Le fils de Laureline Balzan accompagné de son papa. Courtoisie

Loïc Freynet qui est également acteur. Courtoisie

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  • Date de création 10 décembre, 2020
  • Dernière mise à jour 10 décembre, 2020
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