Ontario: des familles complètes admises aux soins intensifs

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

La COVID-19 menace maintenant la capacité du système de santé ontarien à traiter les admissions régulières aux soins intensifs, selon les experts en santé publique de la province, et les variants préoccupants forcent l’hospitalisation de patients plus jeunes. 

Le Groupe pour le consensus en matière de modélisation et de conseils scientifiques a présenté, jeudi matin, ses plus récentes constatations face à la situation actuelle de la COVID-19.

Selon les spécialistes membres de ce groupe, «les décrets ordonnant de rester à domicile permettront de contrôler la flambée, de protéger l’accès aux soins et d’augmenter les chances d’avoir l’été que les Ontariens souhaitent».

Le risque d’admission aux soins intensifs est deux fois plus élevé et le risque de décès est 1,5 fois plus élevé pour le variant britannique de la COVID-19, indiquent les scientifiques. 

Les hospitalisations ont augmenté de près de 42% au cours des deux dernières semaines.

Du 15 au 21 mars, les personnes de 0 à 59 ans représentaient 46% des hospitalisations aux soins intensifs, alors que ce nombre s’élevait à 30% en décembre. 

Si la province n’intervient pas, jusqu’à 1000 patients pourraient être admis aux soins intensifs d’ici la fin du mois d’avril, préviennent les scientifiques. 

Même avec l’imposition d’un confinement de quatre semaines et la campagne de vaccination, ces admissions devraient dépasser les 800 durant le mois d’avril. 

Protocole de triage ?

Le coordinateur de la réponse de la province contre la COVID-19, le Dr Adalsteinn Steini Brown, a prévenu qu’il est possible que des médecins aient à mettre en place un protocole de triage, les forçant à choisir de soigner le patient ayant les meilleures chances de survie plutôt qu’un autre. 

Par ailleurs, aux dires de cet expert, les perturbations scolaires ont une incidence importante et très inéquitable sur les étudiants, les parents et la société.

 

« Les écoles reflètent vraiment le niveau d’infections dans la communauté, ce qui représente un échange très très difficile, et si les écoles restent ouvertes, nous verrons davantage d’infections. »

Dr Adalsteinn Steini Brown

Les écoles devraient être les dernières à fermer et les premières à ouvrir, a toutefois noté le Dr Steini Brown, qui a affirmé que des familles complètes sont maintenant admises aux soins intensifs pour soigner des symptômes du virus.

Nouveaux cas

Jeudi, la santé publique de l’Ontario a fait état de 2557 nouveaux cas de COVID-19 enregistrés la veille. 

On compte 1953 cas confirmés du variant britannique de la COVID-19, 67 cas du variant sud-africain et 96 cas du variant brésilien. 

La province déplore 23 nouveaux décès causés par le virus survenus mercredi. 

En tout, 7389 Ontariens ont perdu la vie en raison de la COVID-19. 

Mercredi, 1116 personnes étaient hospitalisées en raison de la COVID-19, dont 433 aux soins intensifs. 

Parmi ces patients, 259 étaient sous respirateur à cause du virus.

Par ailleurs, la vaccination ne parvient pas aux communautés les plus à risque, jugent les experts, «ce qui retarde son effet en tant que stratégie efficace». 

Mercredi, 84 060 personnes ont été vaccinées en province. 

Le gouvernement ontarien a annoncé, jeudi avant-midi, que les Ontariens de 55 et plus pourront dorénavant recevoir le vaccin d’AstraZeneca dans les pharmacies participantes.

À compter du 3 avril, 350 pharmacies supplémentaires pourront administrer ce vaccin, dont des succursales à Ottawa. 

Près de 87% de la population n’a encore reçu aucune dose du vaccin contre la COVID-19.

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  • Date de création 1 avril, 2021
  • Dernière mise à jour 1 avril, 2021
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