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Nouveaux arrivants, attention aux arnaques !

Les nouveaux arrivants qui ne maîtrisent pas encore l’anglais courent plus de risques d’être victimes d’abus financiers, de vol d’identité, ou de fraudes. C’est ce qu’estime, Jean-Philippe Couture, avocat spécialiste dans le droit fiscal qui tenait une conférence ce mercredi 5 février à Calgary.

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Geoffrey Gaye - Initiative de journalisme local – APF – Ouest

«Si vous venez d’arriver, il est important que vous ne signiez pas un document dont vous ne comprenez pas tous les termes, même s’il s’agit d’une grande banque», conseille Jean-Philippe Couture face à quelques nouveaux arrivants venus assister à sa conférence. «Il y a des gens qui signent des contrats alors qu’ils ne comprennent pas les termes et conditions. Ils se retrouvent par exemple à payer 15% d’intérêts supplémentaires pour rembourser un prêt», ajoute-t-il.

Les abus perpétrés par les banques sont «rares» pour cet avocat spécialisé dans le droit des sociétés et le droit fiscal. «Les banques ne veulent pas se retrouver au coeur d’une polémique médiatique». Mais les risques existent, explique-t-il. «Dans une grosse entreprise, 99,9% des gens sont corrects. Mais il y a toujours des cow-boys malhonnêtes». En cas de doute, il conseille de contacter des personnes spécialisées en droit.

L’abus financier naît d’un contexte «force-faiblesse»

En Alberta, les nouveaux arrivants francophones peuvent demander de l’aide à l’Association des juristes francophones d’expression française (AJEFA). Ce centre d’aide juridique était d’ailleurs coorganisateur de l’événement du 5 février, avec le Centre d'accueil des nouveaux arrivants (CANAF).

Huit personnes étaient présentes physiquement. Une quinzaine d’autres l’étaient virtuellement. «Nous avons reçu un petit financement du gouvernement pour faire parvenir ces informations dans les zones rurales. Alors cette conférence est retransmise en direct», a annoncé Erwan Oger, coanimateur pour le CANAF, au début de l’événement.

Le message principal de cette conférence était finalement basique : «Il faut toujours faire attention». D’autant plus pour un nouvel immigrant qui, souvent, ne connaît pas les lois et maîtrise mal l’anglais. Une position de vulnérabilité propice à subir une arnaque. «Les cas d’abus financiers entrent toujours dans le contexte d’une relation ‘’force - faiblesse’’. Au début, il peut paraître une bonne volonté pour aider une personne en difficulté financière ou en position d’handicap, puis ça peut mal se passer par la suite», prévient Jean-Philippe Couture.

Le monde virtuel, un nid à arnaques

Les arnaques sur internet remplissent régulièrement les rubriques faits-divers des journaux. Les utilisateurs doivent se méfier des publicités trompeuses, des sites non sécurisés, mais aussi des courriels miraculeux. «Vous avez gagné au Super Loto une somme de 100 000 dollars, envoyez-nous 1000 dollars pour débloquer la somme, cite comme exemple Jean-Philippe Couture. Les personnes tentées par le gain ne voient jamais la couleur de leur super cagnotte une fois les 1000 dollars envoyés».

Il y a quelques années, l’humanité entrait dans l’ère du numérique. Depuis, les Canadiens utilisent leur ordinateur pour tout : accéder à leurs services bancaires, d’assurances, faire des achats, accéder à des services sociaux, et bien d’autres. Chaque fois, ils créent des comptes en lignes avec un identifiant et un mot de passe. Ces comptes sont des nids de données personnelles. Adresse postale, coordonnées bancaires ou contacts personnels se retrouvent sur ces plateformes. Veiller à bien protéger l’accès à ces comptes en ligne est primordial.

Une session mal fermée, des mots de passe enregistrés automatiquement mènent vite à l’usurpation d’identité. «Une fois, j’avais laissé ma session ouverte sur mon ordinateur de travail, quelqu’un s’est amusé à envoyer des messages obscènes à des amis proches», explique Jean-Philippe Couture. Une blague, un mauvais tour, sans grande conséquence pour l’avocat. Mais une personne malintentionnée peut voler des milliers, voire des centaines de milliers, de dollars à la victime insouciante.

Big data, bide d’État ?

Maître Couture souhaite aussi rassurer. «Aujourd’hui, la plupart des banques incluent une assurance en cas d’arnaques en ligne». Mais efficace jusqu’à quel point ? La meilleure façon de ne pas s’en soucier est « de changer régulièrement ses identifiants et ses mots de passe, de les noter et de les cacher dans un endroit où personne n’a accès ».

Y a-t-il une police luttant pour la protection des données? Oui, un service de la Gendarmerie Royale du Canada est assigné à la sécurité sur internet. Mais l’avocat pense que les enquêtes menées à terme sont encore trop rares. «Souvent les États sont vraiment en retard dans ce domaine. Enquêter sur un vol de données ou une usurpation d’identité en ligne, ce n’est pas très ‘’sexy’’».

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  • Date de création 11 février, 2020
  • Dernière mise à jour 11 février, 2020
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