IJL - Ouest

Normalisation nécessaire dans les soins de longue durée

La volonté du fédéral d’imposer des normes nationales aux provinces dans la gestion des établissements de soins de longue durée trouve un écho favorable dans les milieux de la santé de l’Ouest du pays. Même si les provinces y voient une ingérence du fédéral dans leur juridiction, le secteur de la santé est ouvert à une normalisation du secteur.

Marie-Paule Berthiaume

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

Isobel Mackenzie, du Bureau de défense des aînés de la Colombie-Britannique, recommande la création d’un système de contrôle fédéral pour dépenser les fonds public destinés aux soins.

Dans son rapport Enabling the Future Provision of Long-Term Care in Canada, publié en septembre 2019, le National Institute of Ageing (NIA) déplore l’absence d’un développement durable des soins de longue durée au Canada, tant au public qu’au privé. Le NIA prévient que même si un financement plus important s’avérait disponible, les pratiques actuelles ne favorisent pas l’offre des meilleurs soins possibles.

Il est à rappeler que les provinces, en particulier le Québec et l’Ontario, talonnent actuellement le gouvernement fédéral au sujet d’une hausse du transfert canadien en matière de santé (TCS). La dernière entente sur le TCS, prévue sur dix ans et limitant à 3% l’augmentation annuelle du transfert, avait été signée en 2017 à reculons par les provinces.

Secteur précaire mis en lumière

Isobel Mackenzie soutient que les défis actuels en soins de longue durée au Canada étaient connus bien avant l’arrivée de la pandémie. Selon elle, le Canada accuse principalement un manque de personnel et une gestion des fonds publics inefficace. « Une normalisation serait souhaitable, comme c'est déjà le cas dans d'autres secteurs du système de soins de santé. Les provinces, rappelle-t-elle, sont responsables de la gestion des hôpitaux et des pharmacies même si on y retrouve une supervision réglementaire du fédéral. Nous n'avons pas encore cela en soins de longue durée. »

Il était prévu que le cadre fédéral s’appuierait sur les lignes directrices provisoires émises par la médecin hygiéniste en chef du Canada, Theresa Tam, et ses homologues des provinces au printemps dernier. Les acteurs canadiens en santé avaient alors travaillé à minimiser les risques dans les établissements de santé alors que la pandémie ravageait le secteur des soins de longue durée au Québec et en Ontario, deux provinces toujours très vulnérables.

Les provinces de l’Ouest en faveur de normes nationales

Pour le directeur général du Réseau santé albertain, Paul Denis, « La province va défendre jalousement sa juridiction provinciale dans le domaine de la santé et il est possible qu’elle ne veuille pas participer à un tel projet. Le fédéral, prédit-il, sera obligé de rendre cette pilule plus acceptable en collaborant avec les provinces. »

Selon M. Denis et ses homologues de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan, l’implantation de normes nationales serait avantageuse pour les francophones, à qui un service en français plus encadré devrait plaire.

Les ministères de la Santé des provinces de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan, en période électorale au moment de la rédaction de cet article, n’étaient pas en mesure de commenter et celui de l’Alberta n’a pas donné suite à notre demande.

Mieux gérer les budgets

« Le secteur des soins en longue durée émerge depuis une vingtaine d’années et on commence tout juste à y porter attention », observe Isobel Mackenzie qui y voit là un défi présent à travers le monde. Dans un contexte démographique où les personnes âgées seront toujours plus nombreuses, explique-t-elle, de plus en plus de nos proches intégreront ces structures et nous ne trouverons plus acceptable d’y « entreposer » nos aînés.

Paul Denis souhaite que la situation extraordinaire causée par la COVID-19 serve de catalyseur pour rectifier le tir au pays comme les taux élevés d'aînés atteints du virus et les taux de mortalités dans certains centres en disent long sur le traitement insatisfaisant des plus vulnérables de notre société. Il ajoute que « les cas les plus frappants parlent à haute voix au sujet des résidents maltraités, mal nourris, laissés au dépourvu et enfin rejetés pour mourir seuls ».

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Bas de vignettes

Bien des personnes âgées ont été contraintes à l’isolement social à cause de la pandémie. (photo : personne âgée seule dans une chambre blanche ; photo d’Alex Boyd, Unsplash)

Les employés du secteur de la santé sont perçus comme des héros pour leur rendement pendant la pandémie (photo : employé du secteur de la santé ; photo de Bermix Studio, Unsplash)

Les experts s’interrogent sur l’impact de la pandémie sur la santé mentale des aînés. (photo : personne âgée assise mains croisées ; photo de Cristian Newman, Unsplash)

Autres choix de photos :

Personne âgée recevant de la visite (photo de Georg Arthur, Unsplash)

Personne âgée songeuse (photo de JD Mason, Unsplash)

Personne âgée souriante (photo de Todd Cravens, Unsplash)

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  • Nombre de fichiers 7
  • Date de création 23 octobre, 2020
  • Dernière mise à jour 23 octobre, 2020
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