Masque ou pas de masque? Et si oui, lequel?

Disons-le tout de suite : un masque artisanal ne vous protège pas contre un virus, mais il peut protéger les autres autour de vous. Dans la foulée de la COVID-19, on assiste ces temps-ci à un véritable déluge d’informations sur les masques faciaux et leur utilité, réelle ou supposée. Faisons le point.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local - APF – Atlantique

Il existe deux principaux types de masques médicaux : les masques chirurgicaux et les masques de protection individuelle, les fameux N95.

Les masques chirurgicaux servent principalement à retenir les sécrétions de celui ou celle qui les porte. Ces masques évitent que votre salive et que vos postillons ne se répandent dans l’air. Ils ne sont pas très serrés sur le visage et ils ne vous protègent pas contre un virus. Par contre, ils peuvent vous protéger contre les projections de liquide; c’est pour cela que les chirurgiens en portent, pour éviter que des giclées de sang touchent leur bouche ou leur nez.

L’importance de l’hygiène

Les masques de protection individuels, eux, sont plus rigides et sont équipés d’un filtre spécial. Ils sont serrés sur le visage et beaucoup plus inconfortables que les autres. Ils vous protègent contre les virus et bactéries, mais ne protègent pas les autres si vous êtes vous-mêmes malades. On les appelle N95 car leur capacité de filtration minimale est de 95 % lorsqu'ils sont portés correctement. C’est le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) des États-Unis qui les certifie. Ces masques sont aujourd’hui réservés au personnel médical.

L’un comme l’autre ne sont utiles que s’ils sont employés adéquatement. Il faut se laver les mains avant de les mettre et avant de les enlever, il ne faut pas se frotter les yeux, etc. D’où la prudence des autorités sanitaires canadiennes, qui rechignent à recommander le port du masque. Dre Theresa Tam, l’administratrice en chef de l'Agence de la santé publique du Canada, le rappelle sur les réseaux sociaux : «Afin d’éviter d’être infecté ou de propager la #COVID19, lorsque vous portez un masque facial, il doit être bien ajusté (aucun trou) & vous devez avoir une #BonneHygiène avant, pendant & après l’avoir porté», écrit-elle sur Twitter.

Comme tousser dans son coude

Certains commencent aussi à fabriquer leurs propres masques à l’aide de simples morceaux de tissu. Ces masques-là n’ont pas les mêmes caractéristiques que les deux types de masques médicaux cités plus haut. Il n’y a aucune preuve scientifique de leur efficacité pour se protéger d’une contamination. Ils peuvent à la rigueur être utiles pour protéger les autres, si on est soi-même malade. «Il n’y a pas de différence entre porter un masque artisanal et tousser dans son coude», assure Heather Morrison, la médecin-hygiéniste en chef de l’Île-du-Prince-Édouard. «Le masque non médical peut réduire la propagation du virus à partir de personnes infectées, complète Theresa Tam sur Twitter. Ces masques doivent être utilisés comme ajout, pas pour remplacer les pratiques de santé publique comme l’éloignement physique ou le lavage des mains».

Cependant, certains pays commencent à voir dans les masques non médicaux un outil  permettant de déconfiner la population plus sereinement. Ainsi, la France vient d’annoncer qu’elle produira désormais 17 millions de masques «grand public» chaque semaine, pour «équiper les Français qui le souhaiteront», et permettre de déconfiner la population dès le 11 mai.

Au Canada, le Conseil des médecins-hygiénistes en chef a un peu assoupli sa position le 7 avril, en notant que le masque peut «protéger les personnes qui vous entourent» là où il n’est «pas possible de pratiquer l’éloignement physique», comme dans les transports en commun par exemple. Les voyageurs aériens, eux, doivent, depuis le 20 avril, porter un masque à bord des avions et dans les aérogares, s’il leur est impossible de se tenir à au moins deux mètres d’autrui, selon un communiqué de Transports Canada.

Quant à elle, Heather Morrison ne se prononce pas sur le port du masque à l’Île au moment du déconfinement et préfère miser sur l’éloignement physique : «On l’aura pour un bon bout de temps.»

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  • Date de création 20 avril, 2020
  • Dernière mise à jour 21 avril, 2020
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