L’Université d’Ottawa compte remédier à l’absence de doctorat francophone en pharmacie

Selon le Consortium national de formation en santé (CNFS), la situation est on ne peut plus claire : à l’heure actuelle, aucune université francophone en milieu minoritaire au Canada n’offre le programme de doctorat pour devenir pharmacien. Après trois tentatives en 1990, 2000 et 2010, qu’attend l’Université d’Ottawa pour y remédier?

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André Magny — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

Gestionnaire des Affaires francophones au sein de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, Daniel Hubert assure que cette fois-ci, c’est la bonne : «L’université est vraiment derrière le projet! Les travaux avancent bien.» Au point que l’information circule sur le site Web de l’institution depuis le mois de mai.

Selon Daniel Hubert, une fois que le développement des cours sera terminé, l’embauche de professeurs débutée et le processus d’approbation interne réalisé, ce doctorat de quatre ans pourrait démarrer en 2023. Il s’agira d’un doctorat de premier cycle, comme en médecine, et non pas d’un doctorat de type recherche (PhD) de troisième cycle.

Un sondage circule depuis le mois de juillet afin de «mieux comprendre les besoins de la population francophone ainsi que ceux des professionnels de la santé.» M. Hubert précise que les résultats du sondage serviront à l’élaboration du programme de pharmacie.

Il serait temps

Si on se fie aux chiffres de l’Université d’Ottawa, les communautés francophones du Canada auraient besoin de quelque 750 pharmaciens francophones d’ici 2026.

Une statistique renforcée par un sondage de la firme Léger, qui s’est déroulé en février et mars dernier pour le compte de Santé Canada et dont les résultats sont rapportés dans le rapport Perceptions des communautés de langue officielle en situation minoritaire : accès aux services de santé dans la langue officielle de son choix.

Deux chiffres en particulier jettent un éclairage sur la situation : au Québec, 53 % des pharmaciens et pharmaciennes consultés par des anglophones leur ont prodigué des services complètement en anglais. Dans le reste du Canada, 28 % des pharmaciens et pharmaciennes consultés par des francophones leur ont prodigué des services complètement en français.

Des besoins criants dans d’autres spécialités

Sous l’égide de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), le CNFS est un regroupement d’établissements postsecondaires franco-canadiens offrant des programmes en français dans différentes disciplines de la santé.

L’Université d’Ottawa est l’un des 11 partenaires qui constituent le CNFS. Lorsqu’on veut savoir si des cours se donnent en français dans une discipline liée à la santé, c’est le CNSF que l’on consulte. Dans certaines branches du domaine de la santé, les écueils sont considérables.

Annie Bédard, directrice générale de Santé en français au Manitoba, mentionne de grandes lacunes dans la formation en français en optométrie au Canada. «Seule l’Université de Montréal offre cette formation en français et la priorité est donnée aux résidentes et résidents du Québec, donc il y a peu de chances pour les francophones hors Québec d’y accéder. De plus, seule l’Université de Waterloo offre cette formation en anglais.»

Quand on demande assistance aux services de santé, on est souvent dans un état de vulnérabilité ou de douleur. C’est la raison pour laquelle certains participants à l’étude de Santé Canada «ont souligné que les questions de santé ne représentent pas une question de communication anodine», même si on est à l’aise dans l’autre langue officielle.

C’est le cas avec les Franco-Ontariens, puisque quatre francophones sur dix «pensent qu’il est très important ou assez important de recevoir leurs soins de santé dans leur première langue officielle».

Par contre, comme l’indique Albert Frealle, agent des communications et de mobilisation des connaissances à la Société santé en français (SSF) : «La formation en français de professionnels de la santé est un facteur important qui augmente l’accès à des services en français.»

L’élaboration d’un doctorat en pharmacie à l’Université d’Ottawa irait en ce sens. Pour le moment, le gestionnaire des Affaires francophones Daniel Hubert est convaincu de voir prochainement la construction de laboratoires en prévision de ce doctorat. «On l’espère… pour la francophonie.»

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BP :

  • IJLO_Doctorat pharmacie UOttawa_Daniel Hubert_Cr. Courtoisie : Daniel Hubert, gestionnaire aux Affaires francophones à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, estime que le doctorat de premier cycle en pharmacie pourrait démarrer en 2023. (Crédit : Courtoisie)
  • IJLO_Doctorat pharmacie UOttawa_Logo CNFS 1, 2_Cr. Courtoisie CNFS : Le CNFS est un regroupement d’établissements postsecondaires franco-canadiens offrant des programmes en français dans différentes disciplines de la santé. (Crédit : Courtoisie CNFS)
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  • Date de création 30 octobre, 2020
  • Dernière mise à jour 30 octobre, 2020
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