L’Ontario fait volte-face en moins de 4 heures

Émilie Pelletier - Initiative de journalisme local - Le Droit

TORONTO - En l’espace de deux conférences de presse, lundi, le médecin en chef de l’Ontario a créé une certaine confusion en faisant volte-face sur la fermeture des bars et des restaurants ainsi que sur la propagation du coronavirus au sein de la population. 

Lors d’une conférence de presse tenue lundi à 11h, le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams, affirmait qu’il était encore trop tôt pour imposer des mesures plus drastiques, telles que la fermeture des bars et des cinémas, comme l’a fait le gouvernement du Québec au cours de la fin de semaine.

Il déclarait aussi que rien n’indiquait pour l’instant que le virus se propage au sein de la population. «La plupart des cas sont reliés à des voyages récents», notait-il.

Pourtant, Santé publique Ottawa avait pour sa part déclaré dimanche que la COVID-19 circulait désormais parmi la population et qu’elle n’était plus entièrement limitée aux personnes qui avaient récemment voyagé.

Or, le Dr Williams répondait lundi matin que pour faire une telle affirmation, il faut des preuves, et que pour l’instant, les enquêtes des différents cas de Santé publique Ottawa ne démontraient pas une propagation communautaire où il est impossible de repérer l’endroit où le patient a pu contracter le virus.

Mais quatre heures plus tard, lors d’une conférence de presse tenue à 15h, il a changé son fusil d’épaule en recommandant fortement la fermeture des bars et des restaurants, sauf ceux qui peuvent faire la livraison.

Il a aussi souligné qu’il ne pouvait maintenant plus exclure la possibilité que le virus se propage au sein de la population.

Il a recommandé de réduire de 250 à 50 le nombre maximal de personnes présentes à un rassemblement. Cela signifie qu’il propose aussi la fermeture des cinémas, des théâtres, des écoles privées et des garderies.

C’est l’augmentation «très rapide» du nombre de cas qui a fait changer les recommandations du médecin hygiéniste, souligne-t-il.

Rappelons que toutes les déclarations du Dr Williams ne sont que des recommandations, puisqu’il n’a pas le pouvoir de forcer la mise en place de mesures plus imposantes. Pour ce faire, il faudrait que le gouvernement Ford déclare l’état d’urgence sanitaire dans la province.

Il n’a pas été mention de ce type de décret lors des différentes conférences de presse tenues lundi.

La ministre de la Santé Christine Elliott n’a pas offert de réponse claire à savoir pourquoi elle ne met pas en place ces mesures.

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  • Date de création 16 mars, 2020
  • Dernière mise à jour 16 mars, 2020
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