L’Inuktitut à l’honneur au Centre d’art inuit du Musée des beaux-arts de Winnipeg

Le 28 octobre dernier, le Musée des beaux-arts de Winnipeg annonçait que le Centre d’art inuit de leur Galerie d’art porterait dorénavant le nom inuktitut Qaumajuq. Ce Centre, dont l’ouverture officielle est prévue pour février 2021, sera le plus grand espace d’exposition du monde se consacrant à l’art, à la culture ainsi qu’à l’histoire des Inuits.
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Karine Lavoie
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

C’est en référence à la lumière qui pénètre dans le nouveau bâtiment du Centre d’art inuit du Musée des beaux-arts de Winnipeg (WAG) que le nom Qaumajuq signifiant « c’est brillant, c’est lumineux » a été sélectionné. En développement depuis une dizaine d’années, ce nouveau Musée se donne comme objectif de mettre en valeur de façon plus importante la plus grande collection d’art inuit au monde.

Suite à des rencontres de consultation, la direction du Centre a attribué des noms dans différentes langues autochtones aux salles, mettant ainsi en valeur les différents peuples et cultures autochtones.

Un travail de collaboration

En 2017, le WAG a formé un cercle consultatif autochtone composé de personnes inuites et de leaders des Premières Nations à travers le pays. « C’est un groupe de personnes qui fournissent des conseils qui orientent les actions sur les expositions et la programmation pour s’assurer de bien mettre en valeur les perspectives autochtones », explique Amber O’Reilly, agente d’engagement pour le Musée des beaux-arts de Winnipeg.

À l’été 2020, un groupe de gardiens des langues autochtones est venu se greffer au cercle consultatif autochtone afin de travailler sur le projet. « Ensemble, ils ont fait plusieurs rencontres virtuelles pour identifier cette série de nouveaux noms », ajoute Madame O’Reilly.

C’est ainsi que le nom de Qaumajuq a été proposé pour le nouveau Centre d’art inuit. Et bien que le Musée des beaux-arts de Winnipeg continue d’être connu sous cette appellation, il porte désormais le nom Biindigin Biwaasaeyaah, en langue ojibwée, qui signifie « entrez, l’aube de la lumière est là ».

D’autres langues autochtones telles que le cri, le michif, le dakota et le lakota sont aussi représentées puisque tous les espaces à l’intérieur du nouveau Centre se sont vu attribuer une nouvelle nomenclature.

INUA, l’exposition inaugurale de Qaumajuq

Le Musée des beaux-arts de Winnipeg travaille depuis plusieurs années en étroite collaboration avec le gouvernement du Nunavut pour mettre en valeur l’art inuit. « Le Nunavut avait toujours l’intention de faire entreposer sa collection dans une institution qui serait capable d’en prendre soin, affirme Madame O’Reilly. Alors, en 2014-2015, leur collection a fait le transfert jusqu’à Winnipeg et on travaille en collaboration avec eux pour monter des expositions qui circulent non seulement ici, au Manitoba, mais aussi des expositions d’œuvres qui vont faire des tournées dans le Nord. »

L’exposition inaugurale INUA qui sera présentée dans la galerie principale de 8000 pieds carrés dès février 2021 a été développée par quatre commissaires d’exposition qui ont voyagé dans le Nord pour faire la rencontre d’artistes. Elle sera composée d’une multitude d’œuvres d’artistes de partout dans les Territoires inuits ralliant l’ancien, le moderne et le contemporain : « C’est vraiment une première au pays pour la manière de créer des expositions », ajoute-t-elle.

Reconnaître l’importance de donner une plus grande place au peuple autochtone

Les participants au processus de nomenclature voient cette initiative comme un pas vers une plus grande présence des Premières Nations autochtones dans le monde artistique du Canada. « Le WAG a pris une décision très audacieuse et très appréciée en donnant au bâtiment des noms autochtones, c’est la première grande institution à le faire. J’espère que d’autres au Canada et dans le monde suivront l’initiative », indique Theresie Tungilik, aînée inuite membre du Cercle consultatif autochtone du Musée des beaux-arts de Winnipeg et gardienne de langue ayant participé au processus.

Une autre participante, Krista Zawadski, membre du Cercle consultatif autochtone abonde dans le même sens : « Je pense que les nouveaux noms rappelleront aux visiteurs qu’ils se trouvent dans un espace autochtone. Voir et utiliser des noms autochtones est une chose puissante et les noms aident à affirmer le pouvoir et l’autorité autochtones. Je crois également que les noms rappelleront aux visiteurs que nous sommes des invités sur les terres autochtones. »

Les commentaires positifs se sont également présentés au sein de la population : « Ça s’est surtout déployé dans nos réseaux sociaux. On a eu beaucoup de commentaires positifs autant de la part de personnes autochtones et inuites que du public en général. Les Inuits qui ont partagé leurs impressions sont très heureux de voir leur langue représentée de cette manière, de voir leur art et leur culture mis en valeur dans un nouveau Centre », conclut Amber O’Reilly.

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Photo 1
Crédit : Michael Maltzan Architecture
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Une maquette de l’entrée du nouveau Centre d’art inuit du WAG.

Photo 2
Crédit : Michael Maltzan Architecture
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Vue extérieure du nouveau Centre d’art inuit du WAG.

Photo 3
Crédit : Elisapee Ishulutaq (Pangnirtung, 1925-2018)
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L’œuvre intitulée Yesterday and Today, peint en 2014 par l’artiste inuite Elisapee Ishulutaq de Pangnirtung, fera partie de INUA, l’exposition inaugurale de Qaumajuq.

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  • Date de création 9 novembre, 2020
  • Dernière mise à jour 9 novembre, 2020
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