«L’interaction avec les gens, je connais ça et ça me manque»

La COVID-19 a changé le travail de tout le monde, les députés et députées compris. Leurs bureaux étant fermés, ils travaillent principalement de la maison depuis le début de la pandémie. Robert Gauvin, Jacques LeBlanc, Roger Melanson, et Megan Mitton sont unanimes : c’est le contact humain qui leur manque le plus.

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Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

«J’adore voir les gens et leur parler, les rencontres dans les cafés ou au marché, l’interaction avec les gens je connais ça et ça me manque», note Robert Gauvin, député de Baie-de-Shédiac-Dieppe. Échanger avec les gens, c’est ce que Robert Gauvin a fait pendant plusieurs années au Pays de la Sagouine comme comédien et comme responsable du développement économique, alors qu’il accueillait des délégations de partout.

Pour lui, l’esprit communautaire est très important et il est préoccupé par la situation que vivent des centres communautaires et des organismes de bénévoles qui se dévouent sans compter.

«Je suis un gars de terrain avec un cœur chaleureux et je participais beaucoup aux activités organisées dans ma circonscription», explique le député de Shédiac, Jacques LeBlanc. Il dit aimer être près des gens afin qu’ils ne se sentent pas négligés. «Les gens savent que je faisais ma tournée régulière des cafés, des commerces et des activités dans les différentes régions et c’est ce qui me manque : les écouter et discuter avec eux.» 

Pour Roger Melanson, député de Dieppe et chef intérimaire du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, c’est un changement énorme de ne plus avoir le contact humain. «C’est dans notre nature humaine de démontrer notre affection, d’être près des gens, mais il faut respecter les consignes et se dire que c’est temporaire», ajoute-t-il.

«C’est vraiment différent en période de pandémie», raconte Megan Mitton, députée de Memramcook-Tantramar pour le Parti vert. «Ça me manque d’aller aux événements dans ma belle grande circonscription, de rencontrer et de parler aux gens.»

Les quatre députés et députée sont également d’accord que les technologies les aident beaucoup à communiquer avec leurs citoyens et citoyennes. Internet s’avère de plus en plus nécessaire comme outil de travail et ils n’ont jamais autant utilisé les médias sociaux, le courriel, Messenger ou Zoom.

«Dans un contexte de COVID, la technologie est l’outil de communication et je n’ai jamais autant utilisé Zoom pour les rencontres de caucus, comités parlementaires, etc.», ajoute le député Melanson. «Avec deux étudiants universitaires à la maison et parfois son épouse en télétravail, il a fallu faire augmenter la vitesse de l’Internet.

«Je suis comme un «Seven-11», mentionne le député Gauvin. Je réponds à mes concitoyens et concitoyennes de 7 h à 23 h tous les jours», ce que confirme son épouse Émilie. «Tant que le monde m’appelle, je réponds; c’est la nature de l’emploi. Pour la personne qui te téléphone avec un problème, son problème est la question la plus importante.»

«J’essaie de répondre à tout le monde à l’intérieur de six heures», dit-il.

«J’étais actif et à jour sur les médias sociaux et à l’aise avec les nouvelles technologies et l’adaptation a été facile pour moi», affirme le député LeBlanc. Il est donc important pour lui d’avoir Internet haute vitesse même dans les petites régions et d’investir pour que ce soit accessible partout.

La députée Mitton dit avoir beaucoup de travail depuis le début et ses journées se terminent souvent à minuit. Elle fait partie de plusieurs comités qui reprennent leurs rencontres ce mois-ci, dont celui des comptes publics. La prochaine rencontre sera sur le système virtuel hybride, une première pour elle.

Elle pense qu’il serait important que les députés puissent siéger en Chambre car la pandémie n’est pas finie. Pour ce faire, il faut selon elle moderniser leur lieu de travail, soit l’Assemblée législative. «Nous n’avons pas siégé souvent, alors il y moins de chance pour les députés de poser des questions sur des choses importantes. Il faut qu’on ait ces opportunités», dit-elle.

Les demandes des gens qui communiquent avec leurs députés sont semblables; le besoin de logements abordables et l’augmentation des loyers sont des enjeux constants. «En confinement au printemps dernier, beaucoup de gens étaient sans emploi et manquaient d’argent pour de la nourriture et les besoins essentiels», ajoute la députée Mitton.

Comme ses collègues, elle les a aidés ces gens en difficulté à naviguer dans les programmes provincial et fédéral qui sont parfois compliqués à comprendre. Elle a également donné un coup de main aux organismes à but non lucratif pour les aider.

Elle souligne aussi que les questions sur la pandémie ont pris beaucoup, beaucoup de son temps. «J’ai grandi ici (Sackville) et il n’y avait pas de frontière avec la Nouvelle-Écosse, mais beaucoup de liens entre les deux provinces», dit-elle. «Tout d’un coup il y en avait une et en plus de clarifier les consignes et les annonces de notre gouvernement, il fallait expliquer les changements qui survenaient dans l’autre province, ce qui n’est pas encore facile.»

Dans les quatre circonscriptions, c’est le même secteur qui subit le pire impact économique, soit le tourisme, dont l’hôtellerie, les restaurants et les bars. Certains de ceux-ci ont pu s’adapter et changer leurs manières de servir la clientèle quand c’était possible. L’achat local a été fortement encouragé.

La situation des petites entreprises est aussi très difficile. Elles auront de sérieux défis à relever, tout en ne sachant pas si elles pourront survivre à la crise. Certains commerces de Sackville, entre autres, ont déjà mis la clé sous la porte. Il y a de l’incertitude à savoir si les gens vont retourner à leurs habitudes pré-pandémie et si l’appui du gouvernement sera au rendez-vous ou non. À Shédiac, le retour de tous les 800 employés du Centre de pensions dans les trois édifices fédéraux est incertain.

Les quatre politiciens s’entendent pour dire qu’il faudra un très bon plan de relance du gouvernement Higgs, surtout pour le secteur touristique. On note toutefois qu’il y a une belle croissance dans le secteur de l’immobilier dans plusieurs municipalités du Sud-Est.

Temps en famille

Les députés sont aussi d’avis qu’il faut bien gérer leur temps, car c’est important pour la santé physique, mentale et familiale. Ils soulignent s’adonner surtout à des activités extérieures comme le ski de fond, la marche, la raquette dans les sentiers de la région et des jeux de société à l’intérieur. «C’est important de bien gérer ses émotions, sinon tu peux te mettre dans un entonnoir et tu n’arrêterais jamais», fait valoir le député LeBlanc.

Finalement les députés et députée soulignent le magnifique travail titanesque de la Dre Jennifer Russell et son équipe qui ne peuvent pas beaucoup se reposer, car le virus, lui, ne prend pas de vacances.

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Photos

Photo 1 - Famille Gauvin : Alice, Robert, Charles et Émilie lors d’une sortie extérieure. (Courtoisie)

Photo 2 - Megan et Quinn : Lorsque les garderies ont fermé en mars, le mari de Megan a quitté son travail pour s’occuper de leur fille. Ils ont appris à cuisiner et ont fait un jardin comme le montre fièrement la fillette. (Courtoisie)

Photo 3 - Roger Melanson aime vivre en santé et s’adonne à la marche régulièrement. (Courtoisie)

Photo 4 - Famille LeBlanc-Jacques LeBlanc et Denise sont devenus grands-parents pendant la pandémie et ils ont bien hâte de revoir le petit Olivier. (Courtoisie)

  • Nombre de fichiers 5
  • Date de création 1 février, 2021
  • Dernière mise à jour 1 février, 2021
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