L’Île-du-Prince-Édouard reste sur le qui-vive

Un an après la tempête post-tropicale Dorian, l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.) est à nouveau au cœur d’une saison des ouragans particulièrement active. La coordonnatrice provinciale de la gestion des urgences, Tanya Mullally, nous explique comment elle et son équipe se préparent.

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Propos recueillis par Marine Ernoult

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Dorian et la COVID-19 ont bouleversé l’organisation des mesures d’urgence à l’Î.-P.-É. Tanya Mullally, en charge du sujet à la province, nous en dit plus.

Quelles leçons avez-vous tirées de Dorian?

On s’est rendu compte que le principal défi, c’est la communication. On est là pour procurer aux Prince-Édouardiens toutes les ressources dont ils ont besoin, encore faut-il qu’ils soient informés qu’elles sont à leur disposition. Le point-clé, c’est comment rester en contact avec les nombreux insulaires privés d’électricité, de téléphone, de télévision, sans accès à Internet dans des zones reculées. Dans un monde où notre quotidien est sur les réseaux sociaux, c’est crucial. On se doit d’être innovant et créatif pour les joindre. Pendant Dorian, nous avons travaillé avec les municipalités pour afficher une feuille d’informations papier dans les centres d’accueil, mise à jour chaque jour à la même heure. Les habitants pouvaient ainsi venir lire la note pour se tenir au courant de l’évolution de la situation. Il faut reconnaître que ça n’a pas marché pour tout le monde, ni dans toutes les régions de l'Île.

Aujourd’hui, on conseille aux gens d’écouter quotidiennement les bulletins météo, de suivre les recommandations, de prendre des mesures de précaution bien en avance en vue d’éventuelles coupures de courant. Je parle de choses simples comme s’assurer que les batteries de téléphones soient pleines, prévoir des batteries de rechange, faire le plein de sa voiture, et bien sûr, avoir de la nourriture et de l’eau en stock.

Est-ce que la COVID-19 a changé quelque chose dans l’organisation des mesures d’urgence?

Il y a une part de notre travail qui reste inchangée. Les préparatifs débutent toujours vers mai, juin, en lien étroit avec le Centre canadien de prévision des ouragans (CCPO). À l’approche d’une tempête tropicale ou d’un ouragan susceptible de s’abattre sur le Canada atlantique, le CCPO nous envoie un briefing quotidien. Chaque matin, la première chose que l’on regarde en arrivant au travail, ce sont les prévisions du CCPO avec un œil sur la prochaine semaine, sur ce qui pourrait se produire. On sensibilise aussi nos partenaires, les municipalités en particulier, pour s’assurer qu’elles ont les bonnes informations.

Avec le coronavirus, la préparation a été plus complexe, on a dû intégrer les mesures de santé publique. Par exemple, pour prendre en considération les consignes d’éloignement physique, les places en centres d’accueil sont désormais limitées à 50 au lieu de 100 personnes en temps normal. En cas de besoin, les municipalités pourraient être obligées d’ouvrir deux fois plus de centres alors qu’elles n’ont pas nécessairement l’espace nécessaire. On a donc réfléchi avec d’autres services provinciaux aux endroits où des familles pourraient être hébergées. Les chambres d’hôtel semblent être une meilleure option que les refuges collectifs. Dans les faits, cette option concernerait une poignée de personnes. Après Dorian, peut-être une douzaine d’individus ont passé la nuit dans un abri. Ces refuges sont surtout là pour procurer de la nourriture, de l’eau, un peu d’électricité pour recharger les téléphones.

Qu’est-ce qui se passe une fois qu’un ouragan s’abat sur l’Île?

On sait au moins quatre à cinq jours à l’avance qu’une tempête va toucher nos côtes. On active notre cellule et notre réseau à ce moment-là. On envoie immédiatement des courriels à un groupe de personnes membres de l’équipe du centre des opérations d'urgence. Il s’agit d’une sélection de gens issus de différentes organisations avec qui on reste en contact permanent, via des conférences téléphoniques, des briefings journaliers. Il y a des représentants du gouvernement, des municipalités, des secours, des forces de police, de Parcs Canada, etc. Nous sommes quatre à l’Organisation des mesures d'urgence, mais en cas d’événement majeur, nous disposons d’une liste d’employés de la province que nous pouvons mobiliser. Au fil des jours, on fait appel à des dizaines de services pour qu’ils interviennent en fonction des besoins.

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  • Date de création 14 septembre, 2020
  • Dernière mise à jour 14 septembre, 2020
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