L’Île-du-Prince-Édouard lance son propre chemin de Compostelle

À l’initiative de l’organisme Island Trails et avec l’appui de Tourisme Î.-P.-É., un nouveau sentier prend forme à l’Île-du-Prince-Édouard. Le «chemin de l’Île» propose de faire le tour de la province et de reprendre son souffle dans les hôtels et restaurants. De quoi dynamiser un secteur touristique qui en a bien besoin.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Qui a dit qu’il fallait traverser l’Atlantique pour marcher des centaines de kilomètres sur le même chemin ? Que Saint-Jacques-de-Compostelle était le seul, l’unique sentier de randonnée capable de vous occuper pendant des semaines ? À l’Île-du-Prince-Édouard, le «chemin de l’Île» concurrence directement le célèbre pèlerinage. Sept cents kilomètres, 32 jours. Voilà pour les chiffres. Le long de l’océan, sur le sentier de la Confédération, sur des routes de terre, sur les plages ou en forêt. Voilà pour les paysages.

Trouver les hébergements, «un défi»

À l’origine, il s’agit de l’initiative d’une poignée de marcheurs, partis autour de l’Île pendant un peu plus d’un mois. Leur objectif : marcher, et cartographier un itinéraire permettant de faire le tour de la province. L’un de ces aventuriers, Bryson Guptill, a raconté son expérience sur les réseaux sociaux, puis dans un livre. Est venue l’idée de présenter l’itinéraire sur un site internet, avec l’appui de la province. Cette dernière a immédiatement vu le potentiel «et voulu aller plus loin», explique Linda Lowther, consultante engagée par l’organisme Island Trails pour mener à bien le projet.

Une première phase a été entamée début 2020. Il s’agissait de construire le site, mais aussi de démarcher hébergements et restaurateurs le long du parcours pour les faire adhérer au projet. En échange d’une contribution financière, ils sont placés sur la carte de l’itinéraire. «C’était un grand défi, explique Linda Lowther. C’était en mars-avril, les gens ne savaient même pas à l’époque s’ils seraient ouverts ou non.» Le succès du projet dépend en grande partie des options pour dormir et manger le long du chemin : «C’est la question que les touristes posent : où peut-on rester?», insiste-t-elle.

Un produit touristique qui a «du potentiel»

Le critère essentiel à respecter pour ceux voulant faire partie de l’aventure : l’obligation de fournir le déjeuner aux marcheurs. Des paniers-repas pour le dîner sont aussi en option chez certains, ainsi que des services de transport, permettant de passer plusieurs nuits au même endroit tout en continuant sa progression le long du sentier. Pour le moment, seuls 21 hébergements et 6 restaurants sont mentionnés. «On en veut plus, on veut un assortiment, à tous les prix», insiste Linda Lowther. Car les touristes partant 32 jours en vacances ne paient pas forcément le même prix que ceux s’offrant une fin de semaine prolongée.

Le site internet theislandwalk.ca a été lancé mi-juillet, et une campagne de publicité est en cours sur les réseaux sociaux jusqu’à fin octobre. Le succès semble déjà aux rendez-vous, en témoignent les demandes de renseignement en provenance du Canada, notamment du Québec, de l’Ontario et de l’Ouest, mais aussi d’Europe, selon Linda Lowther. «Les gens vont vouloir être dehors, marcher, prendre l’air, explique-t-elle. C’est un produit qui a énormément de potentiel. Et contrairement à Compostelle, qui peut être difficile, avec des montagnes, le chemin de l’Île est très simple, on n’a pas besoin d’équipement.»

En attendant que la «bulle atlantique» s’ouvre au reste du pays, le chemin de l’Île sera équipé de panneaux de signalisation pour guider les marcheurs. L’itinéraire emprunte pour un tiers le sentier de la Confédération, pour un tiers des routes et pour le dernier tiers des chemins de terre ou des sentiers qui existent déjà.

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

  1. Le chemin Ferguson, sur la côte sud de l’Île près de Victoria, est présenté comme l’un des plus beaux tronçons du parcours. Le chemin de l’Île peut s’explorer sans équipement de randonnée. (Laurent Rigaux)
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  • Date de création 2 octobre, 2020
  • Dernière mise à jour 2 octobre, 2020
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