Les soins de longue durée suscitent de vives discussions à Penetanguishene

«La langue compte dans les soins de longue durée.» Cette affirmation est mise de l’avant par tous les groupes de discussion animés par l’organisme Entité 4, qui était de passage à Penetanguishene le jeudi 5 mars dernier. Au niveau des services de santé en français, notamment pour les soins de longue durée, quelles sont les priorités pour les Franco-Ontariens? Un petit groupe s’est rassemblé à la maison de retraite Georgian Village pour y réfléchir.

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Joëlle Roy — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

Entité 4 travaille de près avec les employés de divers centres de santé afin qu’ils améliorent graduellement leurs soins prodigués en français. L’organisme rencontre également les citoyens concernés afin de nourrir les recommandations qu’il soumet au ministère de la Santé.

À peine deux membres de la communauté se sont présentés au groupe de discussion, piloté par trois employés d’Entité 4 et quelques intervenants des services de santé communautaires.

Le gouvernement provincial s’est engagé à créer 15 000 nouveaux lits de soins de longue durée et à réaménager 15 000 lits existants. Les organismes ont jusqu’au 31 mars 2020 pour présenter une demande.

Les coûts, principale préoccupation

Quelles seraient les priorités pour les clients de services de soins de longue durée en français? Voici les opinions partagées autour de la table.

Indépendamment de la langue, les coûts élevés rattachés à ces services préoccupent une clientèle vieillissante. Plusieurs n’ont pas les moyens de financer une longue vieillesse onéreuse. Les intervenants du milieu reconnaissent l’importance d’offrir des soins et des services dans la langue maternelle des aînés, souvent diminués physiquement, mais aussi par des maladies cognitives.

Le vieillissement naturel peut entraîner des maladies telles que la démence ou encore l’Alzheimer, qui font que les gens perdent souvent leur capacité de communiquer dans une deuxième langue.

Un participant septuagénaire venu s’informer et participer à la discussion en a profité pour partager son expérience personnelle, qui illustre le point de vue de sa génération. «Ceux de Penetanguishene devaient aller à l’école anglaise pour le secondaire. Quand j’ai gradué, j’étais pas mal assimilé. J’ai mis quatorze ans à m’en remettre. Mais la plupart en sont restés là», raconte-t-il.

Il affirme ainsi que plusieurs personnes âgées ne feront jamais la demande pour des services en français, et à la limite, ne les veulent pas du tout.

«Il est important et nécessaire de faire une offre de services active», affirme néanmoins Lisa Gotell, directrice de la planification chez Entité 4. Les représentantes de l’Association canadienne pour la santé mentale et du Centre de santé communautaire Chigamik sont du même avis et travaillent dans le même sens. Un certain consensus supporte les efforts de promotion des services en français dans le milieu de la santé.

Aucune proposition concrète n’est ressortie de la discussion, peut-être en raison du manque d’engouement dans la communauté. Seul le temps dira si l’intention d’Entité 4, prendre le pouls de la communauté, se concrétisera en mesures bénéfiques pour les aînés franco-ontariens.

Le devoir de l’organisme est de faire des recommandations aux Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS), qui disparaitront dans les prochains moins au profit d’une nouvelle Agence Santé Ontario, un projet du gouvernement Ford.

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BP :

  • Sylvie Boulet, Christine Morrison et Lisa Gotell, employées dévouées pour Entité 4 dont le siège social est à Aurora.
  • Céleste Lalonde, navigatrice pour le Centre de santé communautaire Chigamik, démontre avec passion les liens entre les services et les clients. (Crédits : Joëlle Roy)
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  • Date de création 13 mars, 2020
  • Dernière mise à jour 13 mars, 2020
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