Les résidents de Charlottetown retrouvent leur marché

Après trois mois d’absence, le marché des fermiers de Charlottetown rouvre en extérieur avec des règles sanitaires strictes. Les agriculteurs présents témoignent d’un engouement pour les produits locaux mais aussi pour la vente en ligne.

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Marine Ernoult

Initiative de journalisme local − APF – Atlantique

Samedi 4 juillet : dans le stationnement de l’avenue Belvedere, la quarantaine de vendeurs du marché des fermiers de Charlottetown ont le sourire. «C’est merveilleux d’être à nouveau là, de retrouver mes clients», lance Brett Bunston, propriétaire de Caledonia House, qui vend du café depuis 35 ans au marché. «Je suis vraiment contente de retrouver l’atmosphère, la convivialité», abonde Judy Loo de la ferme Springwillow.

Pour rouvrir en extérieur, l’évènement hebdomadaire a dû se réinventer. Désormais, il y a une seule entrée et une seule sortie où des bouteilles de gel hydroalcoolique attendent les clients. Entre les étals, la circulation se fait à sens unique. Des panneaux explicatifs sur les consignes sanitaires et l’éloignement physique à respecter ont également été installés à des points stratégiques.

Les kiosques sont espacés de deux mètres et seulement cent personnes sont autorisées en même temps sur le site. Cinq vendeurs de plats cuisinés sont présents, mais il est interdit de manger sur place. «Ça fonctionne sur papier, on va voir comment ça se passe dans les semaines à venir, comment on peut s’améliorer», commente Bernie Plourde, le gérant du marché, qui espèrait 600 visiteurs pour ce premier samedi.

Habitudes alimentaires bousculées

À 10 h, une heure après l’ouverture, 300 personnes sont déjà venues faire leurs courses. «Je ne m’attendais pas à autant de monde», raconte Angel McKann de True Loaf. La boulangère avait pourtant fabriqué assez de pains pour remplir six énormes caisses. À 11 h, elles sont quasiment vides, seules quelques miches sont encore à vendre sur son étal. «C’est dur d’évaluer les quantités. Avec la COVID-19, on ne sait pas si les gens ont encore peur des grands rassemblements», ajoute-t-elle. 

Depuis le début de la crise, les habitudes d’achat alimentaire des Insulaires ont été bousculées. Les producteurs ont dû trouver de nouveaux modes de commercialisation. La vente en ligne est devenue incontournable. «La demande sur internet augmente, ça attire une nouvelle clientèle. On ne peut plus s’en passer, il faut s’adapter», reconnaît Angel McKann.

La vente en ligne continue

Le marché des fermiers de Charlottetown a d’ailleurs décidé de continuer la vente en ligne, avec des livraisons chaque jeudi, au lieu du samedi après-midi jusqu’alors. «On ne voulait pas arrêter, ça marche pas si mal depuis qu’on l’a mise en place, en avril», explique Bernie Plourde. Il évoque entre 130 et 200 commandes hebdomadaires sur le site, pour des montants allant de 150 à 175 dollars.

Avec la crise, les Prince-Édouardiens semblent plébisciter de plus en plus l’alimentation en vente directe. «Ils ont pris conscience de l’importance de soutenir les fermes locales», assure Bernie Plourde. Brett Bunston et Angel McKann, eux, espèrent que ces habitudes perdureront au-delà de la COVID-19. En attendant, les responsables du marché fermier réfléchissent à la possibilité d’ouvrir également le marché en extérieur les mercredis.

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

marché-1: «Les Insulaires ont pris conscience de l’importance de soutenir les fermes locales», assure Bernie Plourde, le gérant du marché des fermiers de Charlottetown. Marine Ernoult

marché-2: Les clients font la queue devant le stand d'Angel McKann. «Je ne m’attendais pas à autant de monde», raconte la boulangère de True Loaf. Marine Ernoult

Marché-3 et Marché-7: Des flèches indiquent le sens de circulation à l’intérieur du marché fermier. Marine Ernoult

Marché-4 et Marché-9: Le marché des fermiers de Charlottetown a rouvert en extérieur samedi 4 juillet. Marine Ernoult

Marché-5: «La demande sur internet augmente, ça attire une nouvelle clientèle. On ne peut plus s’en passer», explique la boulangère Angel McKann. Marine Ernoult

Marché-6: Judy Loo de la ferme Springwillow est heureuse de retrouver le marché des fermiers. Marine Ernoult

Marché-8: «C’est merveilleux d’être à nouveau là, de retrouver mes clients», partage Brett Bunston, propriétaire de Caledonia House, qui vend du café depuis 35 ans au le marché.

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  • Date de création 6 juillet, 2020
  • Dernière mise à jour 6 juillet, 2020
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