IJL - Ouest

Les réalités du retour en classe en temps de COVID-19

Le premier semestre scolaire a pris fin le 29 janvier dans les écoles francophones du Conseil scolaire Centre nord (CSCN) et Francosud de l’Alberta. En dépit des éclosions dans certaines écoles et des restrictions en vigueur, l’apprentissage en classe est allé jusqu’à son terme.   

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Carol Offi

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

L’école en présentiel a commencé en septembre 2020 avec quelques craintes et appréhensions légitimes de la part des parents ainsi que du personnel enseignant et administratif. Au fil des mois, les diverses restrictions sanitaires se sont inscrites dans la normalité. Pour bien des parents, comme Alphonse Orso, père de deux enfants à l’école Père Lacombe, le retour en classe était un soulagement. «L’école en ligne était difficile à gérer.»  Avant la rentrée scolaire, le gouvernement provincial avait établi un plan de relance avec 3 scénarios. Finalement, l’école a commencé avec le scénario 1 en faveur des cours en présentiel, et le premier semestre s’est terminé dans le même schéma.

Pour ce faire, les écoles et les salles de classe avaient dû être totalement réaménagées pour répondre aux exigences sanitaires. «Nous avons beaucoup misé sur l’affichage, notamment avec l’ajout de signalisation pour la circulation dans les corridors et différentes affiches dans l’école pour rappeler la distanciation, le lavage des mains, le port du masque, etc.», a rappelé Erwan Goasdoué, président du Conseil scolaire FrancoSud.

Selon Luc Dostie, enseignant de 6e année à l’école Sainte-Jeanne-d’Arc d’Edmonton, la reprise scolaire a requis beaucoup d’adaptation et de responsabilités supplémentaires pour les enseignants. «  Avant, les élèves arrivaient par eux-mêmes en classe, là il fallait aller les chercher et ensuite les faire ressortir pour ne pas que les cohortes se mélangent», explique-t-il. Dans sa classe, certains élèves ont dû arrêter l’école parce qu’ils ont été exposés à la maladie dans l’autobus. Il lui a fallu alors préparer des travaux pour ces derniers et quelques fois se connecter pour les appuyer en ligne. Tout cela, en plus des cours qu’il donnait déjà en classe.

Nancy Bélanger, directrice de la même école, ajoute que lorsqu’un enseignant ou un membre du personnel devait s’isoler, il fallait réorganiser les suppléances. «Mais, on a réussi à passer à travers», préfère-t-elle retenir.

Des lacunes dans l’apprentissage   

Au-delà des exigences complexes dues à la pandémie, Isabelle Larose, enseignante à l’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys de Calgary, du ressort du conseil scolaire FrancoSud, relève un écart prononcé entre les élèves qui ont des défis d’apprentissage et ceux dits favorisés qui bénéficient du support parental et de tuteurs pour les assister.

Elle confie toutefois que les enseignants font de leur mieux pour aider ces élèves quoiqu’il n’y ait pas de budget dédié à cela, contrairement aux années précédentes. Élève en 7e année à l’école de la Rose Sauvage de Calgary, Joséphine Trigg dit qu’il peut être parfois difficile de comprendre les cours lorsque les enseignants portent leurs masques. Mais comme pour tous les enfants, le plaisir de revoir ses amis était plus fort que ses craintes et les divers changements intervenus dans les apprentissages et l’environnement scolaires.

En ligne ou en présentiel, Joséphine confie avoir tiré avantage des deux méthodes. Du 30 novembre au 11 janvier, les élèves de la 7e à la 12e  année de la province ont basculé pour les cours en ligne afin de limiter la propagation du virus dans les écoles lors de la 2e vague.

Des éclosions COVID-19 maîtrisées

Dans les écoles du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) et du Conseil scolaire FrancoSud, il y a eu des éclosions de coronavirus. Parfois des classes entières, quelques fois certains élèves ainsi que des enseignants ou personnel administratif étaient en confinement. Cependant, les proportions n’étaient pas alarmantes, selon Robert Lessard, directeur général du CSCN, moins de 1 % des 3700 élèves de sa zone ont été atteints par la pandémie, soit environ une trentaine de cas pour l’ensemble des 19 écoles.

Scénario similaire du côté de Francosud qui a enregistré 33 cas de COVID-19 sur 3560 élèves répartis dans les 14 écoles francophones du sud de la province, a soutenu M. Goasdoué. Il a par ailleurs souligné que plusieurs familles ont fait le choix du retour en classe pour le 2e semestre, ce qui démontre selon lui que les parents font confiance aux mesures sanitaires en vigueur dans les écoles.

Daniel Jupiter, résidant à Edmonton, avait opté pour l’école en ligne pour ses deux enfants le semestre dernier. Il voulait voir comment évoluerait la situation de la pandémie. Il a finalement opté pour un retour en classe au début février.

À l’échelle provinciale, en date du 17 février, au total 260 écoles, soit 11 % sont en état d’alerte ou connaissent des flambées avec 862 cas positifs de COVID-19. L’augmentation des variants du coronavirus, en hausse dans la province, pèse malheureusement sur le second semestre.

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 La classe de Mme Isabelle Larose_crédit : courtoisie

 

Nancy Bélanger, directrice à l’école Sainte-Jeanne-d’Arc

 

Affichage au sol dans une école du Conseil FrancoSud. Crédit : Courtoisie

 

Affiche rappelant les mesures sanitaires dans une école du Conseil FrancoSud.

 

  • Nombre de fichiers 5
  • Date de création 22 février, 2021
  • Dernière mise à jour 22 février, 2021
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