Les organismes de l’Est jonglent avec les solutions

Continuer de donner des services, s’adapter, ne pas désespérer, être créatif. Ce sont en quelque sorte les leitmotivs qui ressortent le plus quand on fait le tour de quelques organismes communautaires franco-ontariens dans l’est de la province.

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André Magny — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

Le président de l’Assemblée des communautés francophones de l’Ontario Durham-Peterborough (ACFO-DP), Achille Fossi, estime qu’en ce moment, le rôle principal de l’organisme est de relayer le plus d’informations possible sur la situation actuelle. Il espère aussi encourager certaines initiatives issues de sa communauté pour tenter d’alléger le confinement.

C’est notamment le cas avec Rosine Ngansop, animatrice culturelle au sein du Conseil scolaire Viamonde et chorégraphe. Dès le début du confinement, elle a cherché un moyen de regrouper les gens et de les faire bouger. La Zumba s’est imposée comme solution, via des cours gratuits sur le Web.

Dès le 19 mars, ses premiers déhanchements étaient en ligne. Elle est maintenant passée à trois séances par semaine, les mercredi et vendredi à 18 h et le samedi à 13 h. Elle estime attirer en moyenne 75 familles par semaine.

Ayant reçu des demandes dans ce sens, Rosine Ngansop réservera désormais son heure du mercredi pour des mouvements plus adaptés aux aînés. À ses yeux, se brancher à son activité, c’est plus que de la danse : «c’est chercher l’esprit communautaire».

LOL-Mort de rire continue, mais perd des jeunes

Du côté de l'Association canadienne-française de Stormont, Dundas et Glengarry (ACFO-SDG), certains projets ont perdu des plumes en raison de la COVID-19. Ce fut le cas pour le concours LOL-Mort de rire. Toutefois, les inscriptions de cette année avaient presque triplé comparativement à l'an dernier – 265 à plus de 700 en 2020 – en dépit de la grève du zèle des enseignants. La COVID-19 s'est plutôt fait sentir au niveau de la phase finale avec plusieurs désistements.

La directrice générale de l’organisme, Céline Baillargeon-Tardif, ne baisse pas les bras pour autant : le concours continue. «On est dans la phase de coaching. Les finales auront lieu en mai», assure-t-elle. Par le biais de l’humour, le concours vise à favoriser l’usage du français auprès des jeunes.

Si l’ACFO-SDG a dû mettre de côté certains événements comme un projet franco-autochtone à cause des rassemblements qu’ils exigeaient, Céline Baillargeon-Tardif est d’avis que les circonstances nécessitent «qu’on reste calme. Il faut regarder la réalité et savoir relever les défis.»

Parmi celles-ci, l’ACFO-SDG élabore actuellement un plan pour aider les aînés à faire leur épicerie. «On veut aussi leur apprendre à utiliser Zoom pour qu’ils soient moins isolés.»

Si les journées se passent à la maison, à travers de multiples rencontres virtuelles et des webinaires, la directrice de l’ACFO-SDG est d’avis que tout le monde est encore plus organisé qu’avant la pandémie. L’organisme travaille même à conclure de nouveaux partenariats, notamment avec La Passerelle-I.D.É. de Toronto, pour aider les immigrants francophones à s’installer dans la région.

Du côté de Kingston

Le Centre culturel Frontenac (CCF) est à la fois un diffuseur de spectacles et un locateur qui abrite quelques organismes francophones de Kingston, comme le bureau de Radio-Canada, le centre de formation pour adultes La Route du Savoir et le Réseau de services de santé en français de l’Est de l’Ontario.

La directrice générale du CCF, Marie-Noël St-Cyr, doit jongler avec les solutions pour passer au travers de la tempête, tant comme locateur que diffuseur. Il y aura sans doute des pertes financières pour l’organisme. «Heureusement, il n’y aura pas de remboursements des subventions déjà données», affirme-t-elle.

Si les quatre spectacles prévus à la programmation ont été annulés, d’autres ont déjà pu être reportés, comme Mon petit prince du Théâtre du Gros Mécano de Québec et Jack du Théâtre du Nouvel-Ontario. La directrice générale constate heureusement que le coronavirus amène «une atmosphère de compréhension. Et en plus, il y a de l’efficacité dans le télétravail!»

Pour sa part, l’agente de projet au Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario (RSIFEO) Chantale Blanchette est d’avis que la situation actuelle permet de resserrer les liens entre francophones et anglophones à Kingston. Selon la Québécoise d’origine, «depuis deux ans, il y une plus grande ouverture envers les francophones dans la région».

En ce qui concerne le quotidien au RSIFEO, «on continue d’offrir nos services, on utilise les réseaux sociaux. La communauté fait preuve de créativité, c’est formidable!» lance Chantale Blanchette en donnant l’exemple du Centre ON y va : habituellement, les parents s’y rendent avec leurs enfants âgés de 0 à 5 ans. Dans les circonstances, ils peuvent désormais y entrer via Facebook.

Quand la science et le respect des consignes auront eu raison du coronavirus, tous s’entendent pour dire que des choses auront changé. Pour Céline Baillargeon-Tardif, «on ne reviendra plus dans nos pantoufles! Pourquoi? Parce qu’on se souviendra qu’on est capables d’aller plus loin.»

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BP :

  • Publication Facebook de l’ACFO-DP annonçant les cours gratuits de Zumba donnés sur le Web par Rosine Ngansop. (Crédit : Facebook ACFO-DP)
  • Marie-Noël St-Cyr, directrice générale du Centre culturel Frontenac à Kingston, en télétravail. (Crédit : Courtoisie Marie-Noël St-Cyr)
  • Le salle de spectacle du Centre culturel Frontenac. (Crédit : Courtoisie Centre culturel Frontenac)
  • Chantale Blanchette, agente de projet au RSIFEO de Kingston. (Crédit : Courtoisie RSIFEO)

Des photos sont disponibles sur demande : ijlontario@apf.ca  

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  • Date de création 7 avril, 2020
  • Dernière mise à jour 9 avril, 2020
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