«Les nouveaux arrivants sont nécessaires à notre future prospérité»

L’Association pour les nouveaux arrivants au Canada a lancé une campagne de communication sur les réseaux sociaux la semaine dernière. Elle vise à lutter contre certains préjugés racistes qui peuvent exister au sein d'une partie de la population de la province.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

«Ce n’est pas vraiment une campagne», prévient d’emblée Craig Mackie. Le directeur général de l’Association pour les nouveaux arrivants au Canada de l’I-P-É. (ANACIPÉ) (PEIANC) préfère parler de «pédagogie» pour que le public «comprenne» l’importance des travailleurs saisonniers temporaires.

Les messages pédagogiques seront diffusés sur Facebook et sur Twitter pendant plusieurs semaines. Ils déboulonneront certains mythes envers les travailleurs étrangers en présentant de façon «positive» les contributions de ces nouveaux arrivants au bien-être de l’Île.

Plusieurs cas ont récemment égratigné la réputation accueillante de la province : des gens de l’extérieur du pays, notamment des travailleurs temporaires, auraient été menacés, priés de sortir de certains commerces. Le premier ministre Dennis King s’était dit choqué de ces comportements lors de sa conférence de presse du 13 mai : «C’est offensant en tant qu’Insulaire, c'est offensant pour moi en tant que Canadien et c'est décevant pour moi en tant que premier ministre.»

«On a vu des commentaires sur les réseaux sociaux, raconte Craig Mackie. Certains disent que les travailleurs étrangers ne devraient pas être autorisés à venir à l’Île.» Pour le responsable associatif, le racisme «n’est pas un gros problème dans la province, mais il peut se faire entendre, notamment vis-à-vis des travailleurs étrangers.» Avant d’ajouter : «Certains Insulaires ne comprennent pas combien ils sont importants pour notre production alimentaire.»

Chaque année, des milliers de personnes venant d’autres pays travaillent dans les usines de transformation de produits de la mer, les secteurs agricoles, de la santé ou des transports. «Ils ne remplacent pas» les Canadiens sur le marché du travail», souligne Craig Mackie. Le responsable rappelle que les employeurs doivent effectuer  une étude d’impact sur le marché du travail, payer des frais non remboursables pour pouvoir embaucher un étranger et démontrer qu’ils ont mis en place des mesures sanitaires dans le cadre de la pandémie.

Le premier message, diffusé le 20 mai sur les réseaux sociaux, affirme que les travailleurs étrangers sont «un moyen d'atténuer les pénuries de main-d’œuvre». Ces pénuries  existent dans des secteurs spécifiques de l’économie et dans certaines régions du Canada «où la croissance économique est rapide, les taux de chômage plus faibles, la main-d'œuvre plus petite et les taux d'immigration permanente plus bas», comme l’Île-du-Prince-Édouard. «Au cours de la dernière décennie, les travailleurs étrangers temporaires ont représenté environ de 2,5 à 4 % de tout le marché du travail canadien total», complète le message.

Le directeur général de la ANACIPÉ insiste pour dire que l’immigration est un besoin à l’Île, compte tenu du vieillissement et de la diminution de la population active : «Les nouveaux arrivants sont nécessaires à notre future prospérité, ils paient des taxes et consomment ici. Ils font des dons.» Surtout, Craig Mackie tient à ce que les Insulaires comprennent que «ce sont des êtres humains, qui ont les mêmes désirs que n’importe qui.» 

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

Le premier message «pédagogique», selon le terme employé par Craig Mackie, directeur général de l’Association pour les nouveaux arrivants au Canada de l’I.-P.-É., revient sur la part prise par les travailleurs étrangers temporaires dans le marché du travail du pays.

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  • Date de création 22 mai, 2020
  • Dernière mise à jour 22 mai, 2020
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