Les Mi’kmaq lancent une campagne de sensibilisation concernant leurs droits

Les habitants de l’Île-du-Prince-Édouard voient, depuis le 15 janvier, de nouvelles vidéos de sensibilisation aux droits ancestraux et issus des traités qu’ont les Mi’kmaq. La campagne, qui contient également des supports imprimés, est un prélude à la mise en place par les Autochtones d’une pêche de subsistance et vise à améliorer la compréhension du public en amont.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Droits ancestraux ou issus des traités, autonomie gouvernementale, section 35 (de la Constitution), décisions Marshall et Sparrow, Loi sur les Indiens, autant de termes difficiles ou compliqués à saisir pour les non-Autochtones. Autant de termes qui donnent pourtant des droits spécifiques aux communautés autochtones, et notamment celles de l’Île-du-Prince-Édouard.

Pour combler les lacunes, L’Nuey a lancé à la mi-janvier une campagne de sensibilisation sur ces termes. L’organisation, créée en septembre 2019, a pour mandat de protéger, préserver et mettre en oeuvre les droits constitutionnels des Mi’kmaq d’Epekwitk (l’Î.-P.-É.).

Une pêche de subsistance «paisible»

«Ces termes sont essentiels pour comprendre les questions passées, présentes et futures concernant les peuples autochtones», explique Junior Gould, chef de la Première nation Abegweit. Cette campagne donnera aux Insulaires une chance de s'impliquer et d'en apprendre davantage.»

«Nous allons de l’avant pour mettre en oeuvre nos droits issus des Traités, ajoute Darlene Bernard, cheffe de la Première nation de Lennox Island. Nous avons une responsabilité d’aider tous les Insulaires à comprendre ces traités.»

Le premier de ces droits que les Mi’kmaq souhaitent pouvoir exercer, c’est la pêche de subsistance. Afin d’éviter de reproduire ce qui s’est passé en Nouvelle-Écosse, où des affrontements ont eu lieu entre pêcheurs autochtones et non-autochtones, les Nations de la province préparent le terrain en amont en misant sur l’éducation et la sensibilisation.

«Le contexte juridique et historique entourant les droits ancestraux et issus de traités est complexe, explique L’Nuey. S'assurer que les individus, tant autochtones que non autochtones, disposent des informations nécessaires pour avoir un point de vue éclairé est essentiel pour le succès à court et à long terme de toutes les relations, ainsi qu'une étape importante du processus de réconciliation.» «Nous ne voulons pas nous battre avec les autres, nous pouvons mettre en place une pêche paisible», ajoute la cheffe.

Avancer «pas à pas»

Pour le moment, Darlene Bernard se concentre sur la consultation des différents acteurs, et en premier lieu les Mi’kmaq de Lennox Island. «Une pêche de subsistance peut prendre différentes formes. Je veux entendre de la part de mon peuple ce qu’il souhaite», note-t-elle. La cheffe a également des discussions avec l’Association des pêcheurs de l’Î.-P.-É. «Je veux faire ça correctement, explique-t-elle. Nous devons penser à tout le monde». Les Mi’kmaq sont d’ores et déjà impliqués dans la pêche commerciale et continueront de l’être, selon elle.

La pêche de subsistance n’est pas l’unique droit que les Autochtones de la province souhaitent pouvoir exercer. Que ce soit la question des terres, de l’autonomie gouvernementale ou d’autres avantages. «C’est très large», souilgne Darlene Bernard, qui veut cependant avancer «pas à pas».

La campagne de L’Nuey contient des supports imprimés, mais aussi des vidéos diffusées sur les médias sociaux. Elles prennent la forme de dessins illustrant des scènes du passé, oeuvres de l’artiste Loretta Gould. Rebecca Thomas se charge de la narration, pour expliquer de façon simple les termes de la relation entre les Mi’kmaq, la province et le Canada. Pour Darlene Bernard, l’objectif de cette initiative se résume en une phrase : «Que tout le monde soit un peu plus informé qu’aujourd’hui».

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

1-Darlene Bernard, cheffe de la Première nation de Lennox Island, lors du Jour du Traité à l’automne 2020. Elle souhaite avancer «pas à pas» pour mettre en oeuvre les différents droits ancestraux et issus des traités. (Laurent Rigaux)

2-Extrait de la vidéo «Termes fondamentaux - Droits ancestraux et issus de traités», illustrant l’Entente-cadre entre les Mi’kmaq, l’Île-du-Prince-Édouard et le Canada, signée en 2019. Cette entente réaffirme l’engagement des parties pris en faveur de la réconciliation et du respect des droits ancestraux et issus des traités. (L’Nuey / YouTube)

Autre illustration pour le web - https://youtu.be/K8EHNmt6vRI Bas : La première vidéo de cette nouvelle campagne a été diffusée sur les médias sociaux de L’Nuey.

  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 7 février, 2021
  • Dernière mise à jour 7 février, 2021
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