Les hauts et les bas du travail à domicile

Voilà maintenant plus d’un an que la pandémie prescrit les actions du quotidien. Dans le but de limiter la propagation du virus, nombreux sont ceux qui s’adonnent désormais au télétravail, et ce, jusqu’à nouvel ordre. Aujourd’hui, cette adaptation à la crise sanitaire s'est instaurée dans la routine. Pour certains, c’est un défi à surmonter, pour d’autres, c’est un mode de vie qui enchante.

Rebecca Kwan — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

C’est d’ailleurs le cas de Nadia Champagne, conseillère en programme à la fonction publique.     « Simplement dit, le télétravail plaît à la paresseuse en moi », confie-t-elle en disant raffoler des matins calmes et des habits confortables.

« Mais voir tout le monde me manque beaucoup plus que j’aurais pensé », constate Mme Champagne.

Pour Manon Courcelle, gestionnaire à la fonction publique, c’est la période d’adaptation qui s’est avérée la plus difficile. « J’avais perdu mes repères, mes communications constantes avec mes employés et mes collègues, se souvient-elle. Le côté humain et social du travail me manquait ».

À titre de gestionnaire, Mme Courcelle a dû relever des défis supplémentaires. « En plus de m’ajuster à ce nouveau mode de travail, je devais aussi supporter mes employés dans ce processus. Pour certains, c’était plus facile alors que pour d’autres, l’adaptation était plus difficile ».

Équilibre entre vie personnelle et professionnelle

Par contre, avec l’équipement nécessaire et une routine saine, Mme Courcelle dit avoir rapidement changé d’avis. « Un an plus tard, je peux affirmer que j’adore le télétravail, confie-t-elle. Ce qui a été le plus important, c’était de me créer un espace de travail à la maison et d’avoir l’équipement adéquat dont j’avais besoin. »

« Il faut cependant être vigilant et prendre soin de soi en mangeant bien, en bougeant et en mettant nos limites à la fin de la journée, renchérit-elle en observant qu’il est très facile de se laisser prendre par le travail et de faire de nombreuses heures. Le temps que je prenais pour mes déplacements, j’essaie de l’utiliser pour faire la coupure [entre ma vie professionnelle et personnelle] et pour retrouver mon rôle de mère, de conjointe et non de gestionnaire. »

À son avis, un équilibre s’impose pour les années à venir. Il faut « trouver une formule hybride où les membres d’une même équipe pourraient être présents au bureau, une fois ou deux par semaine, et ce, pour des rencontres, des réunions de planification, anticipe la fonctionnaire. Nous sommes des êtres sociaux et je crois sincèrement que nous avons besoin des autres, pas seulement derrière un écran, mais en personne ».

Virage virtuel

Pour sa part, l’équipe du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) a également migré vers le télétravail depuis le mois de mars dernier.

Néanmoins, comme le centre communautaire sert habituellement de lieu de rassemblement pour la communauté, la crise sanitaire a drastiquement chamboulé leur façon d’opérer. « Le télétravail ne faisait pas vraiment partie de nos pratiques avant la pandémie », raconte la directrice générale du centre, Marie-Claude Doucet.

«Nous sommes là pour entretenir un contact direct et chaleureux avec nos membres, explique-t-elle. Malgré les avancées de la technologie, c’est quelque chose qui se traduit moins bien en ligne. »

La directrice générale dit toutefois s’être adaptée au virage virtuel. « Bien entendu, le télétravail a plusieurs avantages et nous allons poursuivre cette pratique, de manière ponctuelle et selon les besoins, affirme-t-elle. Avec la situation actuelle, nous sommes bien loin d’un retour à la normale ».

Retombées positives sur le marché local

Comme près de 80 % de la population orléanaise se déplaçait auparavant vers l’ouest pour travailler, la sédentarité soudaine plaît aux commerçants locaux. C’est ce qu’explique la directrice générale de la Zone d’amélioration commerciale du Cœur d’Orléans, Tannis Vine. « Au lieu de faire des courses ou de manger au centre-ville, Orléans a maintenant sa propre clientèle », constate-t-elle.

« Bien que l'impact de la COVID-19 sur notre communauté ait été dévastateur, le Cœur d’Orléans a pu rester à flot grâce aux fonctionnaires qui travaillent désormais à domicile », note la directrice générale, optimiste quant à la pérennité des entreprises locales d’Orléans.

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Bas de vignettes :

Les entreprises locales du Cœur d’Orléans bénéficient du virage virtuel depuis le mois de mars dernier. (Crédit : Rebecca Kwan)

Le télétravail se prête moins bien aux activités du Mouvement d’implication francophone d’Orléans comme le centre sert habituellement de lieu de rassemblement. (Crédit : Rebecca Kwan)

Depuis le début de la pandémie, nombreux sont ceux qui s’adonnent au télétravail. (Crédit : Rebecca Kwan)

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  • Date de création 5 mars, 2021
  • Dernière mise à jour 5 mars, 2021
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