Les entreprises devront changer leur façon d’offrir leurs produits et services

La pandémie de la COVID-19 a causé tout un choc à la communauté d’affaires, spécialement aux petites et moyennes entreprises non-essentielles qui ont dû fermer leurs portes à la mi-mars.

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Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

Pour le chocolatier Frédéric Desclos, d’Adorable Chocolat à Shédiac, cette crise a été tout un coup de massue alors qu’il se préparait pour une de ses périodes les plus occupées de l’année. En plus de fermer son magasin, il perdait l’opportunité de vendre ses produits au Marché de Dieppe où il se rend chaque samedi. « Tout de suite j’ai réfléchi à comment j’allais faire et la solution a été de tout vendre en ligne », dit-il.

La publicité a été faite ainsi que des vidéos promotionnelles, qui ont été vues plus de 4 000 fois, pour encourager l’achat local. Il a aussi décidé de faire des produits plus simples. C’était plus vite à faire et, même si c’était moins varié que les années précédentes, il a tout écoulé.

Frédéric est heureux de l’appui qu’il a reçu, car il ne s’attendait pas à une telle solidarité. « C’est deux fois plus que je pensais, dit-il, et 95 % des ventes ont été faites en ligne par des gens de la grande région du Sud-Est. C’est juste incroyable. » Peu de gens sont allés au magasin qui était ouvert la semaine précédant Pâques. Le Marché de Dieppe a ensuite ajouté une plateforme virtuelle pour ses marchands en offrant la livraison le vendredi. Il fallait réagir vite ! Les commandes arrivaient sans interruption et, le mercredi, il a dû fermer le magasin en ligne et enlever la promotion, car les stocks diminuaient dangereusement.

Ses lapins COVID-19 ont connu un succès fou à la suite d’une mention du produit sur les ondes de Radio-Canada Acadie le vendredi. Il a dû en produire une quarantaine tôt le samedi matin afin de répondre à la demande. « Mais je suis très satisfait, car tous les gens ont eu leur chocolat, ils n’étaient pas difficiles et comprenaient que le choix était plus limité. »

S’adapter dans toutes les sphères d’activités

 Pour sa part, la physiothérapeute Denise Léger a dû fermer ses cliniques de Shédiac et Cap-Pelé, le 17 mars dernier. Elle comprenait l’importance de la sécurité des gens et les défis à relever, en plus de prendre la difficile décision de mettre à pied temporairement des employées très appréciées.  Elle devait donc trouver une solution rapidement.

« Cette fermeture force les entreprises à être créatives et nous nous sommes demandé comment aider à servir nos clients, comment leur être utile », dit-elle. Après avoir analysé le fonctionnement de la plateforme Télé-Soins, elle a conclu qu’elle pouvait continuer à offrir ses services en ligne. Depuis, elle a accueilli des nouveaux clients qui, pour éviter de visiter l’hôpital à la suite de blessures, on fait appel à ses services.

Selon Frédéric Desclos, les entrepreneurs sont habitués à s’adapter vite et facilement aux changements, sinon ils en souffriraient. Chose certaine, la situation actuelle va ouvrir d’autres portes. « Le monde va changer, poursuit-il, nous étions au bout d’un cycle, au bout de tout. On mangeait et on achetait n’importe quoi, on consommait sans penser.» Il ajoute qu’en plus de l’angoisse de cette période que nous vivons, les gens vont faire de meilleur choix et vont arrêter cette surconsommation. Ils vont certainement favoriser beaucoup plus l’achat local. Ça va apporter d’autres choses qu’on ne connaît pas encore.

Voir l’avenir autrement

Frédéric réfléchit à sa façon d’évoluer dans les années à venir et il se dit motivé et optimiste. « Je veux recentrer ma stratégie sur le local, nous avons un bassin de population de 200 000 personnes dans le Sud-Est et il faut leur communiquer ce que nous avons à offrir. » Et il ajoute qu’il faudra être créatif pour continuer à servir la clientèle quand la pandémie prendra fin.

Un bouleversement qui permet de planifier l’avenir selon Denise Léger. « Nous sommes en train de voir la valeur de ce service offert à partir de chez nous, c’est une innovation et il faut travailler ensemble si on veut que les gens restent en santé », conclut-elle.

 

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Photo :

Le chocolatier Frédéric Desclos. (Gracieuseté)

Denise Léger a dû fermer ses cliniques de physiothérapie de Shédiac et Cap-Pelé. (Gracieuseté)

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  • Date de création 13 avril, 2020
  • Dernière mise à jour 13 avril, 2020
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