Les cours de musique gardent le rythme

Après le confinement de mars 2020, les cours de musique ont timidement repris le devant de la scène jusqu’à finalement s’adapter à la situation pandémique.
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Marie Mounier
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

Alors que la distanciation physique est devenue la nouvelle norme sécuritaire, que deviennent les cours de musique, lieux de partage et d’apprentissage convivial? Face à la pandémie, les enseignants ont dû se réinventer, explorer de nouvelles perspectives, réapprendre à enseigner pour ne pas perdre le rythme et garder leurs élèves dans le ton.

Des débuts en fausse note

« Juste avant que tout ferme, j’avais déménagé dans un nouveau domicile avec studio, je voulais donner les cours à la maison, mais mes projets ont été interrompus », explique Brigitte Jardin qui propose des leçons de batterie à Whitehorse depuis quelques années. Les cours de musique plus que d’autres posent des problèmes bien particuliers dans un contexte pandémique : les instruments partagés entre les élèves, mais surtout le chant ou les instruments à vent qui projettent plus fortement dans l’air des postillons sont sources de potentielle contamination.

Pourtant, la musique ne s’est pas mise sur pause pour autant et bien vite, les cours ont repris par Internet, grâce à la plateforme Zoom en particulier. Malgré tout, il n’était pas évident de retrouver le lien social que peut apporter la musique. Tout comme témoigne Lorène Charmetant, qui est devenue professeure de chant et d’ensemble vocal durant la pandémie : « J’ai voulu donner des cours par Zoom, mais il a été difficile de commencer de cette façon-là. Il me semblait impossible au début de pouvoir enseigner le chant sans être en face de la personne, la voix est un instrument qui ne se voit pas ».

Apprendre la musique n’est pas seulement théorique, mais demande de la pratique et parfois un partage rapproché entre élève, professeur et instrument. Une difficulté rencontrée aussi par Brigitte Jardin : « les micros des ordinateurs ne supportaient tout simplement pas le son, parfois très fort, de la batterie ».

Une adaptation musicale en accord avec la nouvelle norme

La musique est un art qui, comme les autres, se diversifie et se module au rythme de la partition. « Il y a des hauts et des bas, mais le milieu artistique est toujours une question d’adaptation », selon Brigitte Jardin. Ne pouvant pas toujours retrouver ses élèves en cours particulier, elle propose alors en ligne un coffret d’apprentissage en quatre leçons préenregistrées en format vidéo, auxquelles elle ajoute une leçon en direct sur Zoom. « C’est disponible depuis peu, mais c’est une réussite », s’enthousiasme-t-elle.

Il en fut de même dans les écoles. Les professeurs de musique ont dû, eux aussi, s’adapter à la situation. « Je me déplace de classe en classe avec mes chariots, tout est prévu en début de journée », décrit Manon Aubert, professeure de musique à l’école Emilie-Tremblay.

Comme la plupart des instruments sont rangés depuis un certain temps, les désinfecter nuirait à leur état, mais il reste encore les xylophones ou les boomwhackers, taper des mains ou même danser au rythme de la mélodie.

« Notre curriculum fait partie de celui des arts qui inclut théâtre, danse, art plastique et musique. Il m’est donc vraiment possible de faire beaucoup de choses avec les élèves », souligne quant à elle Marie-Maude Allard, qui enseigne la musique à l’école élémentaire de Whitehorse. Elle multiplie les idées depuis le début de la pandémie et accompagne chacune de ses activités de différentes musiques. « Les élèves s’adaptent vraiment bien, ils sont motivés et enthousiastes », ajoute-t-elle.

Des perspectives qui gardent le tempo

Depuis le début de l’année scolaire, Manon Aubert partage avec ses élèves des capsules vidéo proposées par la fondation Jeunesse Musique Canada. Un échange avec des artistes professionnels se fait parfois aussi en direct sur Internet. « D’une certaine façon, la pandémie nous a permis d’avoir accès à de nouvelles choses vraiment enrichissantes pour les enfants », ajoute-t-elle.

Pour sa part, Marie-Maude Allard a installé une boule disco dans sa classe et se réjouit de pouvoir consacrer du temps à l’art visuel et à une écoute active de la musique.

Quant aux cours particuliers, Brigitte Jardin prévoit déjà la sortie d’un deuxième coffret d’apprentissage de la batterie au début mars, signe manifeste de la faisabilité de ce projet innovant.

De son côté, Lorène Charmetant a organisé ses cours particuliers en présentiel afin de permettre aux élèves de se sentir à l’aise et en toute sécurité : « On garde des distances, on se tourne, on porte des masques et maintenant je me sens assez à l’aise pour les retrouver sur Zoom si nécessaire. ».

S’il n’est pas encore possible de chanter en chorale, les élèves pourront malgré tout continuer d’apprendre la musique en attendant l’arrivée du printemps.

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Photo 1
Crédit : Marie-Maude Allard
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Afin de continuer à rendre les cours de musique divertissants pour ses élèves, Marie-Maude Allard a développé de nombreuses activités d'art manuel tout en gardant la touche musicale.

Photo 2
Crédit : Marie-Maude Allard
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Contrairement à Manon Aubert, Marie-Maude Allard a pu réinvestir sa salle de classe et a réorganisé l'espace pour la rendre sanitaire d'un cours à l'autre.

Photo 3
Crédit : Sarah Ott
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Brigitte Jardin a décidé de s'adapter aux nouvelles conditions d'apprentissage et a mis en ligne un coffret de cinq cours de batterie.

  • Nombre de fichiers 4
  • Date de création 5 février, 2021
  • Dernière mise à jour 5 février, 2021
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