Les autres sujets de la session législative de l'Î.-P.-É

L’examen du rapport sur la réponse du gouvernement a monopolisé les quatre journées de la session exceptionnelle de l’Assemblée législative. Seuls deux projets de loi sur neuf de l’opposition ont passés à l’étape de la deuxième lecture. Les  périodes de questions ont permis de mettre en lumière le problème des surdoses, ainsi qu’une affaire de gros sous.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local − APF – Atlantique

Surdoses dans la province

Cory Deagle, whip du Parti progressiste-conservateur, a interrogé le ministre de la Santé au sujet des surdoses enregistrées dans la province depuis le début de l’année. James Aylward a indiqué qu’il y en a eu quatre, dont trois liées à la présence de fentanyl; l’autre serait liée à l’usage de naloxone. Personne n’a confirmé s’il l’une de ces surdoses a entraîné un décès, mais Cory Deagle a affirmé avoir été en contact avec une famille dont l’un des membres serait mort suite à un abus de drogues.

Empêcher les expulsions

Les verts ont déposé un projet de loi concernant les droits des locataires et des propriétaires. Le texte, présenté par Hannah Bell, vise à empêcher les expulsions pendant un état d’urgence sanitaire, mais également à permettre aux propriétaires de limiter l’accès aux parties communes dans les immeubles, si nécessaire. Les libéraux et la majorité gouvernementale ont mis en doute la pertinence du projet de loi, le jugeant redondant avec d’autres et avec les pratiques actuelles. Ils se sont également inquiétés de l’impossibilité d’expulser certains locataires.

«Je comprends le principe du texte, Si on dit aux gens de rester chez eux, il faut qu'ils aient un chez-soi, mais toutes les expulsions ne se valent pas», a déclaré le premier ministre Dennis King. Hannah Bell a rappelé que toute expulsion relevait de la Commission de régulation et d’appels; la proposition lui donnerait simplement plus de pouvoir pour suspendre les expulsions pendant un état d’urgence sanitaire, «sans réduire les droits des propriétaires». La discussion a été ajournée.

Plus de pouvoir pour le vérificateur général

A l’initiative du Parti vert, le projet de loi 113 vise à donner au vérificateur général la capacité de contrôler les organisations non gouvernementales qui ont reçu de l’argent du gouvernement. A l’heure actuelle, seuls les organismes gouvernementaux peuvent faire l’objet d’audits.

La ministre des Finances, Darlene Compton, s’est étonnée de cette proposition pendant une session d’urgence. «Je dirais que quand un gouvernement dépense 75 millions de dollars en deux mois, ce serait maintenant le moment de donner ce pouvoir au vérificateur général», a répondu Michele Beaton, en défense du projet de loi. Darlene Compton a estimé en retour que «cette session d’urgence est faite pour discuter des 75 millions de dollars, pas pour insinuer que toutes ces organisations ne les ont pas utilisés correctement, ce qui est, je dirais, une insulte.»

Sonny Gallant, des libéraux, a lui aussi questionné l'intérêt du texte: «C'est une session d'urgence, pourquoi ce texte maintenant?» Le ministre des Pêches et des Communautés, Jamie Fox, a jugé quant à lui que cette loi aurait trop d'impact sur  les organismes en question et a demandé de repousser son examen.

Michele Beaton nous a expliqué qu’elle remettra le sujet sur la table. Elle comprend les questions des députés, mais rappelle que ce pouvoir étendu sera utilisé par le vérificateur général, s’il le souhaite.

Les 4,7 millions pour le Potato Board ont du mal à passer

Avec sa proposition d’amender la loi sur les audits, Michele Beaton a dans le viseur les 4,7 millions de dollars accordés au Potato Board, le 23 avril, et qui ont atterri dans les poches de Cavendish Farms, propriété de l’empire Irving. Pour le gouvernement, il s’agissait d’aider le secteur à gérer un surplus de 40 000 tonnes de pommes de terre, en finançant les coûts de transport et de stockage hors de la province. La députée verte a questionné à ce sujet la ministre des Finances, Darlene Compton :

- Serait-il raisonnable d’affirmer que ces 4,7 millions de dollars vont à des filiales d’Irving?

- Il serait raisonnable d’affirmer que nous avons dépensé 4,7 millions pour aider notre industrie de la pomme de terre, a répondu la ministre.

«À mon avis, c’est toujours pour les gros producteurs et fermiers en premier, je pense que beaucoup d’autres auraient pu recevoir cet argent, nous a expliqué Michele Beaton. Est-ce que je pense que c’est injuste? Je pense que les Irving n’ont pas besoin d’un financement du gouvernement.»

Bloyce Thompon a réagi vendredi quand la députée verte a relancé le sujet : «L'opposition est-elle contre les fermiers et l'industrie de la pomme de terre?» Pour le ministre de l’Agriculture, cet argent a aidé les fermiers : «Je n’ai entendu aucun se plaindre. Ils avaient mis leur récolte en terre cette année et ils sont payés pour leurs pommes de terre. Toutes vont être transformées et si le marché reprend, peut-être que ces 4,7 millions de dollars ne seront même pas utilisés.»

D’autres projets de loi  restent à être examinés, concernant des thèmes aussi variés que la Loi sur les mesures d’urgence, la protection des terres ou les normes du travail.

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

La verte Michele Beaton ne digère pas les 4,7 millions de dollars versés au Potato Board, puis à Cavendish, pour gérer le surplus de pommes de terre provoqué par la crise sanitaire.

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  • Date de création 31 mai, 2020
  • Dernière mise à jour 31 mai, 2020
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