Les aînés contribuent bien plus qu’ils ne coûtent

Article 2/2 de la série

On s’imagine souvent que les aînés de plus de 65 ans sont un poids économique pour la société. Mais une importante étude initiée par l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (AFANB) en 2016 apporte un éclairage plus nuancé sur l’apport social et économique des aînés au Nouveau-Brunswick.

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Jean-Marie Nadeau

Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

L’étude a été réalisée par les économistes Pierre-Marcel Desjardins et Maurice Beaudin, en collaboration avec Suzanne Dupuis-Blanchard, titulaire de la Chaire de recherche en santé CNFS-Université de Moncton sur le vieillissement des populations, et Jean-Luc Bélanger de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (AFANB). Ses résultats ont été présentés le 2 décembre 2016 à l’Université de Moncton.

Une entrevue avec le professeur Desjardins permet de confirmer qu’en 2020, «le groupe d’âge des aînés est celui avec la plus grande croissance, donc les données de cette étude de 2016 ne peuvent qu’être majorées à la hausse».

Les aînés sont de plus en plus nombreux à accepter de prolonger leur temps de travail, et même de faire un retour sur le marché de l’emploi. Les responsables de l’étude disaient déjà à l’époque de sa publication que la contribution des aînés à la société «ne peut que s’accroître avec le vieillissement de la population, étant donné le poids démographique grandissant des aînés et en raison de leur plus forte participation au marché du travail».

Généreux donateurs et bénévoles

Mais les plus grandes contributions des aînés à l’avancement de la société néo-brunswickoise se situent au niveau du travail bénévole. L’étude évaluait à plus de 20 millions d’heures le bénévolat des aînés en 2016. Si on appliquait le salaire minimum, ce serait l’équivalent de plus de 218 millions de dollars par année.

Par exemple, même si plusieurs aînés sont eux-mêmes en situation de vulnérabilité physique et mentale, plein d’autres ont encore la forme et deviennent des proches aidants pour leur entourage. Les chercheurs évaluent qu’environ 73 000 aînés néo-brunswickois ont joué ce rôle en 2016, l’équivalent de 28,5 millions d’heures ou de 300 millions de dollars si on appliquait le salaire minimum.

Par ailleurs, le gouvernement fédéral vient de débloquer dans son dernier budget plus de 100 millions de dollars sur cinq ans pour aider les proches aidants.

L’impact économique des aînés à titre de consommateurs n’est pas non plus négligeable. Au Nouveau-Brunswick, les personnes de 65 ans et plus «ont généré des ventes de plus de 2,56 milliards de dollars en 2016», contribuant «au maintien ou la création de 14 161 emplois dans la province».

À eux seuls, «les aînés francophones de la province ont généré des ventes de près de 850 millions de dollars et généré, de par leurs dépenses, près de 4 700 emplois», rapportent encore les chercheurs.

Ce qui est d’autant plus remarquable, c’est que les aînés soient également très généreux. «Au N-B, les aînés ont contribué 85 millions de dollars en dons de toute nature durant l’année 2013, soit 46 % de tous les dons octroyés par les adultes de 15 ans et plus», peut-on lire dans le sommaire de l’étude.

Tout cela permet de conclure que les aînés ne sont pas qu’une colonne de dépenses, mais qu’ils sont surtout d’évidents contributeurs à la société. Tout cela fait sauver de l’argent aux gouvernements, en plus d’enrichir la vie commune au Nouveau-Brunswick.

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  • Date de création 14 février, 2020
  • Dernière mise à jour 14 février, 2020
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