Les aînés bien pris en charge au Nouveau-Brunswick

Le vieillissement de la population s’accélère au Nouveau-Brunswick, encourageant la mise sur pied de centres d’études et de recherche sur cet enjeu. Retour sur leur naissance et leurs réalisations concrètes avec Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure-chercheuse à l’Université de Moncton.

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Jean-Marie Nadeau

Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

Suzanne Dupuis-Blanchard porte deux chapeaux. En plus d’être responsable de la Chaire de recherche en santé CNFS-Université de Moncton sur le vieillissement des populations, elle est directrice du Centre d’études du vieillissement à l’Université de Moncton.

D’entrée de jeu, elle rappelle que le Nouveau-Brunswick est la province avec la plus grande proportion de personnes âgées de 65 ans et plus au Canada. « Ça devient donc un terreau fertile pour faire des études et de la recherche sur le vieillissement », explique-t-elle.

Un regain depuis 2005

Le premier centre d’études francophone du vieillissement de la province a été créé en 1983 par Sœur Anne Robichaud, que l’on considère comme la mère de la gérontologie en Acadie.

Selon Mme Dupuis-Blanchard, « le gouvernement fédéral finançait bien ce genre de centre dans les années 1980, mais à partir des années 1990, on a plutôt privilégié le financement de chercheurs plus que de centres d’études ». Cette décision a entraîné l’effritement du premier centre d’études, d’où un ralentissement des activités de recherche à partir des années 1992-93.

C’est vers 2005 que Normand Gionet, alors doyen de la Faculté des sciences de la santé et des services communautaires, relance finalement l’établissement du Centre d’études sur le vieillissement. Suzanne Dupuis-Blanchard en a été la première directrice à partir de 2007.

Par le biais de fonds reçus de Santé Canada, le Consortium national de formation en santé (CNFS) – Volet Université de Moncton finance ensuite en 2014 la création de la Chaire de recherche en santé CNFS-Université de Moncton. Cette chaire a donc pu être créée grâce à des fonds fédéraux finançant spécifiquement la santé en français au Canada.

« Le Centre d’études fonctionne surtout par du financement de projets par différents organismes subventionnaires, dont les gouvernements provincial et fédéral », explique Mme Dupuis-Blanchard.

Le projet «foyers sans murs»

L’un des principaux projets en cours porte sur « les foyers de soins sans murs, un modèle qui encourage le va-et-vient entre les foyers et les communautés. Ainsi, un citoyen peut par exemple profiter du bain-tourbillon du foyer ou encore des soins de pieds, donne en exemple la directrice. En contrepartie, on essaye de livrer des services et des activités dans les communautés ».

Les recherches n’ont pas que des visées théoriques. « Les foyers sans murs sont des applications concrètes de recherches plus théoriques, et cela a des retombées positives », souligne Mme Dupuis-Blanchard.

« Peu importe les revenus, la maladie et la perte d’un conjoint sont les deux principaux facteurs de changement de logement chez les aînés. Mais 20 % des aînés qui vont dans des foyers y vont trop tôt. Il manque trop de ressources dans les communautés », déplore Mme Dupuis-Blanchard.

« Le budget fédéral de 2018 a débloqué des fonds spéciaux de 75 millions de dollars pour des projets pilotes sur trois ans pour faire de la recherche sur les aînés. Une partie de ce montant a été reçue par la Chaire et le Centre pour le projet de foyers de soins sans murs », ajoute-t-elle.

En naviguant sur le site web du Centre, on apprend que sa mission est de « promouvoir la recherche, l’éducation et le service à la collectivité par la collaboration interdisciplinaire et le partenariat ». Signe qu’il remplit bien sa mission, le Centre a reçu en 2018 un prix de la Fondation de l’innovation du Nouveau-Brunswick.

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  • Date de création 7 février, 2020
  • Dernière mise à jour 7 février, 2020
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