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Les 7 vies de Sheila Risbud

Sheila Risbud est à la tête de la francophonie albertaine, depuis son élection comme présidente de l’Association Canadienne Française de l’Alberta (ACFA) en septembre. Cette femme de 48 ans est également directrice des relations gouvernementales pour l’entreprise minière canadienne Teck Resources. Désignée personnalité du mois de janvier par Radio-Cité, nous nous sommes entretenus avec elle pour dévoiler quelques anecdotes au coeur de la vie de cette lobbyiste née.

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Carol Offi

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

 

SON ENFANCE

En 1980, elle quitte Montréal, sa ville natale, alors qu’elle n’a que 8 ans pour s’établir à Edmonton avec ses parents : Lise Archambault, franco-canadienne de Montréal et Shripad Risbud, d’origine indienne. C’était une époque où il n’y avait pas d’écoles francophones. Les discriminations qu’elle a vécues alors ont fait naître son activisme en faveur de la francophonie.  « Je ne trouvais pas correct que les francophones n’aient pas les mêmes droits que les anglophones. C’était déjà une cause dans mon adolescence qui me tenait à cœur », se souvient-elle. Avec des parents absorbés par le travail, elle et son frère cadet ont dû se prendre en charge très tôt.  « Ça m’a beaucoup aidé plus tard de savoir-faire toutes sortes de choses », accepte-t-elle aujourd’hui avec du recul.

SES ÉTUDES

Elle avait pour ambition de faire un baccalauréat en sciences linguistiques puis d’étudier le droit. Mais son activisme a fini par la conduire à faire les sciences politiques. « La vie a un peu changé mon parcours », confie-t-elle. Sheila a étudié au Campus St Jean et à l’Université d’Ottawa. Elle se rappelle avoir vécu des changements bouleversants d’une université à l’autre, qu’elle a dû surmonter pour finir ses études en français. En effet, raconte-t-elle, on l’interrogeait sur son accent, sur ses origines.

SA VIE PROFESSIONNELLE

Sheila prend l’autobus pour se rendre au bureau où elle fait 45 minutes d’exercices avant de se préparer sur son lieu de travail pour la journée. Depuis deux ans en effet, cette trilingue (français, anglais, espagnol) est directrice des relations gouvernementales à Teck Resources Limited, une société minière canadienne spécialisée dans l'extraction, la transformation et la distribution du plomb, du zinc et du charbon. Ce qui l'amène à discuter avec les personnalités publiques du gouvernement albertain et du gouvernement fédéral pour faire avancer les dossiers de sa compagnie. En ce moment, elle mène les négociations pour obtenir une décision du gouvernement fédéral sur un projet de sable bitumineux en Alberta. Ledit projet avance mais il faudra, selon elle, réussir à convaincre le gouvernement fédéral qui a un agenda très ambitieux par rapport aux changements climatiques. D’un autre côté, elle affirme que l’un de ses plus gros succès professionnels réside dans les négociations abouties qu’elle a menées pour la création du parc Kitaskino Nuwenëné de Wood Buffalo en faveur de la biodiversité.

SA VIE FAMILIALE

Sheila avait 14 ans lorsqu’elle a rencontré son époux la première fois. Mais à ce moment-là, il n’était pas encore question d’amour, puisque ce dernier était son instructeur de kayak. Plusieurs années après, ils se sont rencontrés à nouveau. Le couple a désormais 3 enfants ; les deux plus grands sont à l’université à Edmonton. Entre son travail, ses voyages et ses engagements communautaires, son plus grand défi est de consacrer du temps à sa famille, surtout à son dernier fils de 13 ans. Chaque fois qu’elle le peut, avec son époux et le petit dernier, ils préparent un repas ensemble, sortent promener le chien, font des randonnées en montagnes à Calgary, où elle réside pour passer du temps ensemble.

SES LOISIRS

Sheila adore faire du shopping une fois par mois quand elle est moins occupée, elle privilégie surtout les marques canadiennes. Sa destination préférée pour les vacances, c’est l’Espagne, un pays où elle a vécu un an, et qui lui rappelle sa jeunesse, et le petit comté de Cocagne au Nouveau Brunswick.  Plutôt végétarienne, elle aime manger la soupe aux lentilles. Son meilleur ami, c’est son époux, qu’elle « admire pour son intégrité ».

 

SES ENGAGEMENTS

Sheila se définit comme pragmatique et rassembleuse. Pour elle, la francophonie albertaine a besoin de se rassembler, elle compte travailler dans ce sens. Au niveau national, elle se réjouit de l’actualité sur le bilinguisme et croit que cela  va amener les gens à faire bouger les choses au niveau de la francophonie.

A propos du journal Franco, Sheila Risbud concède qu’il y a eu un manque de communication. Elle souhaite toutefois tourner la page pour se consacrer au lancement des consultations devant fixer l’avenir du journal dans une atmosphère de dialogue plus saine. « Maintenant j’espère qu’on peut tourner la page et commencer les consultations publiques ». Notamment, sur ce que les gens veulent voir dans leur journal et quel modèle ils souhaitent en conséquence.  Elle fait remarquer d’ailleurs, que ces consultations pourraient aboutir à la vente du journal ou bien à établir une société indépendante. En revanche, « cela aurait le mérite d’être la décision de la communauté franco-albertaine et des lecteurs ».

Outre l’ACFA, elle est engagée au sein d’Hospice Calgary, qui offre des soins palliatifs pour les patients du cancer en fin de vie.

SON AVENIR

Au niveau de l’ACFA, elle espère une avancée sur certains grands dossiers, tels que le financement du campus St jean, et une nouvelle approche dans le recensement fédéral au profit des francophones. Ce qui aurait selon elle une grosse répercussion pour le financement des services en français. Elle mise aussi sur une meilleure communication, beaucoup plus ouverte et une cohésion dans la francophonie albertaine.

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  • Date de création 4 février, 2020
  • Dernière mise à jour 4 février, 2020
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