IJL - Ouest

Le sexisme et la politique dans l’Ouest canadien

Les élues de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique sont victimes de sexisme dans leurs vies de tous les jours, autant en ligne qu’à la Chambre des communes ou à l’assemblée législative. La semaine dernière, un article publié par CBC affirmait que les élues albertaines étaient victimes de harcèlement sur les réseaux sociaux. Quelle situation prévaut au sein des enceintes politiques des autres provinces de l’Ouest?

Alyson Roussel

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

«En personne, en ligne sur les réseaux sociaux, je reçois définitivement des commentaires sexistes et même du harcèlement sexuel», explique la députée fédérale de Victoria, Laurel Collins.

Les mots blessants ne s’arrêtent pas aux plateformes web. Les élues sont même attaquées pendant l’exercice de leurs fonctions.

La députée néo-démocrate avoue être victime de propos discriminatoires à la Chambre des communes à Ottawa.

«Quand je me suis levée pour parler à la Chambre des violences faites aux femmes et de l’impact de celles-ci sur les travailleuses du sexe, un député conservateur m’a demandé si j’avais considéré être une travailleuse du sexe, raconte-t-elle. Il n’aurait jamais posé cette question à un de mes collègues masculins». La façon dont la question a été posée témoigne des perceptions associées à ce métier et, selon la députée, démontre que le sexisme est bien présent dans le monde politique.

Des attaques  personnelles

Autant au fédéral qu’au provincial, nos représentantes de l’Ouest sont obligées de se battre tous les jours contre les rôles de genre traditionnels et contre une attitude patriarcale.

«Je ne suis pas une victime du genre de sexisme, de harcèlement graphique ou verbal qui est typiquement inapproprié. C’est plus subtil que ça», affirme la députée provinciale de la circonscription de Prince Rupert en Colombie-Britannique, Jennifer Rice.

Mme Rice a défrayé les manchettes au début de l’année lorsqu’elle a partagé le fait qu’elle et sa femme allaitaient en alternance leur nouveau-né, Lua. Une nouvelle qui, pour plusieurs était étonnante, mais qui l’était moins pour d’autres.

«J’ai reçu une lettre écrite à la main d’une électrice, dit-elle. Elle a pris le temps de l’écrire pour me dire que ce n’était pas approprié pour moi de publiciser ma sexualité, ce qui n’était pas le cas. Ces articles étaient sur l’allaitement, pas sur le fait d’être gaie.»

En Saskatchewan, une autre femme a été accusée de briser les rôles de genres traditionnels en tentant de faire deux métiers à la fois, ceux de maman et de députée. En novembre 2019, la députée provinciale de Regina Douglas Park, Nicole Sarauer, a été la première femme députée de l’histoire de la Saskatchewan à apporter son bébé à la législature.

«Ma fille avait 14 mois lorsque je l’ai apportée pour la première fois à l’assemblée législative et je l’allaitais toujours, explique-t-elle. Être éloignée de ma fille pour une partie de la journée n’était pas une option.»

Nicole Sarauer était la deuxième députée en  fonction à donner naissance en Saskatchewan.

«Je pense que la plupart des gens ont vu une députée qui représente la réalité des parents de nos jours, mais il y avait toujours la rare personne qui avait une opinion négative de la situation», affirme-t-elle.

Les effets des critiques au quotidien

Les critiques sur leurs modes de vie, leurs façons de se présenter peuvent être difficiles pour ces politiciennes.

«En tant que femmes dans le milieu, nous recevons beaucoup de critiques, parfois constructives, parfois moins constructives. Dire que ça ne m’affecte pas serait un mensonge», admet Jennifer Rice.

«La politique peut être très difficile pour soi et pour ceux qui nous entourent», selon Nicole Sarauer.

Chacune d’entre elles a sa propre façon de gérer cette vague de négativité, soit en se dotant d’une carapace, en sortant à l’extérieur, en faisant de l’exercice ou en se souvenant de ce qui est important à la fin de la journée.

Les solutions au sexisme existent-elles?

La question demeure : comment faire pour enrayer le sexisme en politique, mais aussi dans les autres domaines ?

À cette question, les trois femmes ont une réponse similaire : plus de femmes en politique.

«On a besoin d’assez de femmes pour changer la pratique de la politique et faire en sorte que ce soit inacceptable d’exprimer du sexisme ou de l’homophobie», indique la députée de Prince Rupert.

La députée néo-démocrate de Victoria fait le point : «Il est important d’adopter des politiques pour réduire les barrières auxquelles les femmes sont confrontées, afin de faciliter la vie des femmes.»

-30-

  • Nombre de fichiers 1
  • Date de création 1 septembre, 2020
  • Dernière mise à jour 1 septembre, 2020
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article