IJL - Ouest

Le secondaire homogène francophone en Colombie-Britannique: des parents en profond questionnement

Les parents de huit communautés-école rurales du Conseil scolaire francophone en Colombie-Britannique ont été secoués à la suite de l’annonce de la transition de leur école secondaire bilingue vers une structure francophone. Trois mères de la communauté-école de Nelson, la seule des communautés visées par la mesure, à ne pas profiter du récent statu quo avec le CSF, expliquent leurs états d’âmes.

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Marie-Paule Berthiaume

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

La présidente de l’Association des parents de l’école (APÉ) des Sentiers-alpins de Nelson, Émilie Leblanc Kromberg, positive face au jugement de la Cour suprême en juin dernier, ne se doutait pas qu’une résolution annonçant la fin du programme scolaire secondaire bilingue allait la mettre au défi lors de la rentrée scolaire.

Pour Anne-Marie Prudhomme, dont les enfants fréquentent le CSF depuis plus de dix ans, la résolution a suscité une grande incrédulité alors que le goût de se battre s’est plutôt installé chez Chantal Guillemette qui a aussitôt formé un groupe de réflexion.

Depuis, les trois mères partagent une liste de questions qu’elles considèrent toujours sans réponse. IJL Ouest les a rencontrées pour en discuter.

Quelles sont vos préoccupations du moment?

Émilie Leblanc Kromberg : J’ai été blessée par la tournure des événements. Ils m’ont envoyé un courriel puis tout était fini. Ça faisait des années que ma fille attendait d’aller à l’hétérogène. Les parents qui sont là depuis le début comme moi se sont impliqués de tout cœur pour développer le programme hétérogène. [...] Comment le CSF va-t-il élargir et garder les enfants dans son nouveau programme? Saute-t-on à l’homogène tout de suite ou fait-on plutôt une transition pour amener les enfants et leurs parents à rester? Quelles sont les solutions pour les petites communautés qui n’ont vraiment pas les mêmes réalités que les grandes villes?

Chantal Guillemette : Il y a tellement de questions sur le fondement des agissements du CSF cette année et il n’y a aucune explication sur toute la ligne. Pourquoi notre représentant au CA du CSF n’a pas eu le temps de venir consulter ses écoles et pourquoi la décision s’est prise l’été sans consulter les parents et les enfants? Doit-on vraiment adopter cette structure-là? Et qu’en est-il de franciser les plus jeunes pour élargir l’espace francophone?

Anne-Marie Prudhomme : L’APÉ ne s’est pas immédiatement associée avec Chantal et son groupe de réflexion sur la transition vers l’homogène. Mais le temps passait et le CSF ne nous proposait toujours rien, rien. Ils nous ont communiqué la façon dont ils allaient consulter les parents, c’était absolument ridicule. On vous enlève les plans que vous avez pour votre enfant l’année prochaine mais on ne vous dit strictement rien de ce que vous allez avoir à la place. Assez rapidement, j’ai aussi réalisé que la majorité des parents des communautés affectées n'étaient pas d’accord avec la décision du CSF. L’APÉ s’est donc alliée au groupe de Chantal.

Quelle est la prochaine étape?

Émilie Leblanc Kromberg : En tant que présidente de l’APÉ, je fais maintenant partie de ce que le CSF appelle, un comité ad hoc, pour préparer à la transition vers l’homogène. [...] Ma fille me dit depuis le début qu’elle veut aller à l’école en français donc elle fera sa 9e année au CSF.

Chantal Guillemette : J’attends le son de cloche du CSF sur le plan soumis par notre direction la semaine passée pour la 9e année homogène. J'espère pouvoir prendre une décision au retour des vacances de mars. Ma fille fera son propre parcours en organisant un échange scolaire avec le Québec puis, advienne que pourra pour le reste.

Anne-Marie Prudhomme : Maintenant que ma fille quitte le programme homogène pour faire sa 9e année en immersion, pourra-t-elle retourner à l’hétérogène après et profiter du statu quo avec le CSF? J’espère qu'ils vont ralentir la machine pour développer un plan de cinq ans qui prépare à la transition.

Les propos ont été édités pour faciliter la lecture.

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Photos :

Anne-Marie Prudhomme et sa fille Anouk.

 

Chantal Guillemette et sa fille Maïté.

 

Émilie Leblanc et sa fille.

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  • Date de création 29 mars, 2021
  • Dernière mise à jour 1 avril, 2021
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