Le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard panse lentement ses plaies

Six mois après le passage de la tempête post-tropicale Dorian, ses impacts sont encore bien visibles au parc national de l’Île-du-Prince-Édouard.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

De passage à la bibliothèque de Charlottetown dans le cadre d’une conférence sur les impacts de la tempête, l’agent d’éducation publique pour Parcs Canada, Bob Harding, a rappelé les faits et dresse le portrait de la situation. « Ce n’était pas vraiment un méchant ouragan, mais il nous a touché à un mauvais moment », reconnaît-il en préambule.

Ce dernier rappelle que le parc national de l’ Î.-P.-É. est situé sur la côte nord de l’île, sans cesse changeante. À l’aide des photographies et des vues aériennes, le public présent à la conférence a pu constater la forme constamment renouvelée des plages, dunes et forêts à l’est de North Rustico, autour de l’île Robinsons. Là, sur des décennies, un chenal s’est fermé pendant qu’un autre apparaissait, des zones boisées rétrécissaient et d’autres s’étendaient, la côte reculait ou gagnait du terrain sous l’effet de l’érosion. « Il n’y a aucun moyen d’arrêter Mère nature, prévient Bob Harding. Elle a certainement vu passer beaucoup de Dorian, et elle va s’en remettre. »

En revanche, les dégâts sur le Parc et ses installations sont considérables. Le plus gros des dommages est dans la partie la plus à l’ouest du parc, à Cavendish. Là, autour du camping qui attire des milliers de touristes chaque année, 80% des arbres sont tombés ou ont été abattus à cause de la tempête. « Une partie va servir pour les feux de camps, l’autre a été enterrée », indique Bob Harding à la question d’un homme du public se demandant ce qu’il était advenu de tout ce bois.

La côte y a aussi reculé de plusieurs mètres. Pour preuve, le conférencier a présenté l’image d’un publicité visible sur le site de Parcs Canada : De jeunes gens assis autour d’un feu de camp, à côté de leur tente, à quelques mètres du rivage. Une scène idyllique vantant la douceur de vivre en été au nord de l’Î.-P.-É. impossible à reproduire aujourd’hui. Ce qu’il en reste ? Le foyer presque dans l’eau, l’emplacement n’existe plus.

Les réservations pour le camping en vue de la prochaine saison ont beau être ouvertes, plus d’une centaine d’emplacements ne sont plus disponibles en raison des dégâts et des travaux devant être menés sur place. La carte risque encore d’évoluer pour s’adapter à la nouvelle réalité géographique de l’endroit.

L’agent d’éducation publique pour Parcs Canada raconte que certaines personnes téléphonent pour réserver « leur » emplacement et pas un autre. « On leur propose d’aller ailleurs, à Brackley Beach ou à Greenwich, qui sont des zones moins fréquentées », explique le conférencier.

Les impacts de la tempête sur une partie de la faune sont encore inconnus, notamment sur l’hirondelle de rivage. L’espèce en voie de disparition vient nicher chaque année sur les falaises du Parc. « On l’aime bien, parce qu’elle mange les moustiques », sourit Bob Harding. À la suite de Dorian, ces falaises sont devenues « des murs » dans lesquels il sera difficile pour les oiseaux de creuser. « On verra comme ils s’en sortent », ajoute-t-il.

En attendant, il rappelle que l’essentiel des dégâts sur les dunes est provoqué par les humains. Malgré les nombreux panneaux, certains continuent de prendre des raccourcis à travers le sable, endommageant du même coup la protection naturelle de l’île contre les ouragans comme Dorian. « Ces dunes nous protègent jusqu’à Charlottetown », insiste-il. Bob Harding encourageant le public à être des acteurs de la préservation pour la faune et de la flore, en « partageant ses observations » sur le site inaturalist.ca de la Fédération canadienne de la Faune.

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LÉGENDES PHOTOS :

  1. Une quinzaine de personnes ont assisté à la conférence sur les conséquences de la tempête Dorian sur le parc national de l’Î.-P.-É. donné par Bob Harding. Crédit. Laurent Rigaux
  2. Bob Harding est agent d’éducation publique pour Parcs Canada. Crédit : Laurent Rigaux

 

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  • Date de création 13 mars, 2020
  • Dernière mise à jour 13 mars, 2020
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