Le marché public de Whitehorse forcé de s’adapter à la pandémie

Les marchés publics canadiens, incluant celui de la capitale yukonnaise, s’affairent à revoir leur fonctionnement. Ces lieux qui misent habituellement sur la présence des foules doivent se réinventer en ces temps de distanciation sociale.
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Marie-Hélène Comeau
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

L’incertitude aura marqué les préparations liées à l’ouverture du marché public Fireweed qui installe ses étals chaque été au centre-ville de Whitehorse. Ces dernières semaines, les organisateurs ont ainsi suivi attentivement le déroulement des événements au territoire ainsi que les recommandations du médecin hygiéniste en chef du Yukon pour décider d’ouvrir ou non le marché pour une quinzième saison. Le défi au Yukon, comme ailleurs au pays, demeure le même : arriver à limiter la densité de consommateurs sur le site afin d’assurer une distanciation physique de deux mètres

Ainsi, il est important que la configuration des lieux permette de maintenir une circulation fluide des gens sans avoir d’effet d’entonnoir. Des postes pour se laver les mains seront également présents ainsi que des panneaux signalétiques. L’ajout de barrières de plexiglas pour les marchands est aussi prévu.

Malgré ces mesures de précaution prises, les organisateurs du marché promettent de s’ajuster si des problématiques se pointent. « On continue de regarder attentivement ce qui se fait ailleurs au pays, car on doit être prêt à s’adapter à tout moment », indique Darren Holcombe, gestionnaire du marché public Fireweed qui travaille de concert avec les membres du conseil d’administration pour que tout soit conforme aux exigences de la santé publique.

« Nous aurions pu décider de tout simplement fermer pour l’été, mais on a plutôt pris la décision d’essayer d’ouvrir grâce à l’aide de la ville de Whitehorse et de la Direction de l’agriculture du Yukon. Même si, au final, ça nous demande beaucoup plus de travail, on a décidé tout de même de se lancer », ajoute M. Holcombe.

Un marché comme service essentiel

Le gouvernement du Yukon, en consultation avec ses homologues fédéraux et provinciaux, a établi une liste non exhaustive des services essentiels, classés en différentes catégories. Ainsi, les restaurants offrant des repas à emporter et des services de livraison tout comme les épiceries font partie de cette liste. C’est sur cet aspect qu’a misé le marché public pour son ouverture.

Une demande d’ouverture du marché a donc été acheminée il y a quelques jours auprès de la Direction des services de santé du Yukon sous le volet des services essentiels. Cependant, en raison de l’obligation de se conformer à la définition des services essentiels, seuls les marchands qui vendent des produits destinés à la consommation pourront être présents pour le moment sur les lieux. On parle ici des maraîchers et des vendeurs de plats prêts à emporter. Pour l’instant, les artisans et les organismes sont exclus du lot jusqu’à ce que les consignes pour le Yukon changent.

« Nous ne pourrons pas promouvoir le marché comme étant un lieu social cette année, mais plutôt comme une épicerie à ciel ouvert. Les gens viendront sur les lieux pour prendre leurs achats et quitter le marché. Il y aura donc une entrée d’aménagée et une sortie », explique Darren Holcombe. « Il n’y aura pas non plus de tables de pique-nique dans les paramètres du marché afin de ne pas encourager les gens à y demeurer plus longtemps que nécessaire », précise-t-il.

Un nouveau service en ligne

Les organisateurs du marché public de Whitehorse ont également créé une nouvelle plateforme en ligne unissant cette fois-ci maraîchers et artisans. Ainsi, par la mise en ligne d’une version virtuelle du marché public Fireweed, les clients peuvent depuis le 21 mai naviguer à la fois à travers l’offre des maraîchers et passer leur commande qu’ils iront chercher les jeudis au marché. « Pour certains maraîchers, ce sera plus facile de se préparer en sachant à l’avance les produits qui sont déjà vendus », souligne Darren Holcombe, qui souhaite, en procédant ainsi, disperser l’achalandage du marché qui peut attirer jusqu’à 1000 passants lors d’une journée ensoleillée.

Il faut préciser toutefois que ce nouvel outil ne reproduit pas avec exactitude l’offre du marché physique. L’inscription à cette version virtuelle du marché repose pour le moment sur l’initiative des artisans et les maraîchers dont certains ont un savoir limité envers les nouvelles technologies ou ont un accès restreint à une connexion Internet.

Une saison prolongée

À la veille de son ouverture, nul ne peut prévoir l’intérêt qu’auront les gens du Yukon envers leur marché public. Les organisateurs espèrent que le public sera au rendez-vous cet été.

Pour l’instant, il est prévu que le marché Fireweed, qui s’installe chaque jeudi au parc Shipyard de 15 h à 19 h, soit opérationnel pendant les 18 semaines traditionnelles. Il devrait ainsi rester exceptionnellement ouvert cette année jusqu’au 24 septembre.

« Puisqu’on ouvre deux semaines plus tard, on a décidé de reporter la fermeture de deux semaines, c’est-à-dire à la fin de septembre. J’espère seulement qu’il ne fera pas trop froid à ce moment-là. L’an dernier on avait fait un feu au centre de la place du marché et ça fonctionnait très bien », confie M. Holcombe, qui continue de suivre de près les recommandations gouvernementales en espérant que des changements éventuels permettront aux artisans de se joindre à leur tour au marché.

Le marché public Fireweed de Whitehorse ouvrira le 28 mai à 15h au parc Shipyard. Les commandes en ligne peuvent quant à elles se faire dès maintenant à l’adresse suivante : localline.ca/fireweed-community-market.

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Des photos sont disponibles sur demande : ijlterritoires@apf.ca

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  • Date de création 26 mai, 2020
  • Dernière mise à jour 22 mai, 2020
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