Le français, «une chance pour le futur»

Etienne Foulkes et Luke Gillis sont les deux gagnants originaires de l’Île-du-Prince-Édouard du concours national de rédaction organisé par le Français pour l’avenir. Le thème de cette année était les fausses nouvelles et le rapport à l’information. Les deux adolescents, qui ont remporté des bourses universitaires, nous parlent de leur vie en français dans la province.

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Marine Ernoult

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

«Le français, c’est ma culture, c’est une partie du sang qui coule dans mes veines», confie Etienne Foulkes. Depuis sa tendre enfance, l’adolescent de 16 ans parle deux langues à la maison : français avec sa mère québécoise et anglais avec son père originaire de l’Î.-P.-É. L’élève en 11e année à l’école François-Buote à Charlottetown vient de remporter une bourse de 1000 dollars pour étudier à l’Université d’Ottawa, un établissement bilingue.

Il est l’un des 96 gagnants du concours national de rédaction, organisé par le Français pour l’avenir. Pour cette édition 2020/2021, les participants devaient écrire 750 mots sur la désinformation. «Les fausses nouvelles modifient notre façon de penser, affectent notre rapport au monde, les médias sociaux renforcent ce qu’on croit déjà, explique Etienne Foulkes. Et les jeunes sont très influencés.»

Le jeune insulaire a fait toute sa scolarité à François-Buote. S’il a déjà eu quelques doutes, il n’a jamais voulu quitter l’école pour intégrer un établissement anglophone. «Être bilingue me permet de rejoindre plus de personnes, m’ouvre plus de portes, c’est une plus-value pour trouver un emploi, y compris si je veux travailler pour le gouvernement», apprécie Etienne. «Rien que dans mon job étudiant l’été dernier, j’ai dû utiliser mon français», complète-t-il.

«C’est plate qu’on n’ait pas une université francophone»

Un avis partagé par Luke Gillis, qui a  décroché une bourse de 2000 dollars pour poursuivre ses études au Collège de l’Île. «C’est une chance pour notre futur, pour avoir les jobs qu’on veut n’importe où au Canada et pour communiquer avec des gens partout dans le monde», témoigne-t-il. Dans sa famille, personne ne parle pas le français, sauf une tante qu’il voit l’été. C’est en classe d’immersion qu’il apprend le français, depuis l’âge de six ans. Aujourd’hui en 11e année à l’école Three Oaks Senior High à Summerside, il n’abandonnerait cette langue pour rien au monde : «C’est parfois dur mais j’aime ça».

Les deux élèves reconnaissent qu’il est «difficile» de vivre en français à l’Île. «Ce serait bien qu’il y ait plus d’activités. Avec mes amis, je parle français uniquement pour mes projets de classe», dit Luke. « Il y a des services communautaires mais, chez les jeunes, c’est moins cool de parler français qu’anglais car on est dans un environnement anglophone, les médias sociaux sont en anglais», ajoute Etienne. Et de poursuivre : «C’est plate qu’on n’ait pas une université francophone dans la province, mais ça reflète la taille de la communauté qui est petite».

«Ma mère ne me laissera jamais perdre ma langue maternelle» 

Pour le moment, Etienne et Luke n’ont pas encore trouvé leur voie. Seule certitude, ils veulent continuer à parler français, à l’Île ou ailleurs. «Plus tard, j’aimerais bien vivre en français, mais ça dépendra aussi de là où mon travail me mène, partage Etienne. De toute façon, quoi qu’il arrive, ma mère ne me laissera jamais perdre ma langue maternelle.» De son côté, Luke assure qu’il essaiera «toujours de pratiquer pour ne pas le perdre».

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

Etienne Foulkes : «Chez les jeunes, c’est moins cool de parler français qu’anglais», reconnaît Etienne Foulkes, élève à l’école François-Buote. Il est l’un des deux gagnants de l’Î.-P.-É. du concours national de rédaction, organisé par le Français pour l’avenir. (Courtoisie)

Luke Gillis : Luke Gillis assure qu’il essaiera «toujours de pratiquer son français pour ne pas le perdre». En 11e année en immersion à l’école Three Oaks Senior High, il a gagné une bourse de 2000 dollars pour étudier au Collège de l’Île. (Courtoisie)

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  • Date de création 12 mars, 2021
  • Dernière mise à jour 12 mars, 2021
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