Le financement des organismes arrivera-t-il à temps?

Les organismes francophones en situation minoritaire fonctionnent pour la plupart grâce à un financement de base, accordé sur une base annuelle.  Normalement, à cette période de l’année, c’est-à-dire vers la fin de l’année financière et le début de la suivante, les organismes sont informés des montants accordés et commencent leur planification, mais cette année, les organismes n’ont reçu aucune confirmation, ce qui les inquiète.

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Jacinthe Laforest

Initiative de journalisme local - APF – Atlantique

Isabelle Dasylva-Gill, directrice générale de la Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA), l’organisme porte-parole de la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard, confirme que les organismes sont inquiets.

«Certains d’entre eux ont contacté la SSTA pour avoir des informations sur le statut du traitement des demandes de financement soumises à Patrimoine canadien (PCH) à l’automne dernier par les organismes communautaires.  La SSTA n’a pas de contrôle sur le traitement de ces demandes, cependant j’ai assuré un suivi auprès du bureau local de PCH», a informé Isabelle Dasylva-Gill, qui travaille de la maison depuis que tout a commencé.

Ses démarches auprès du bureau local (Charlottetown) de Patrimoine canadien lui ont permis d’apprendre que les employés de ce bureau n’ont pas de nouvelles sur le statut des demandes.  Cela s’explique : «Un grand nombre d’employés du gouvernement fédéral sont en télétravail et requièrent un accès à distance (VPN) pour la gestion de leurs dossiers, cependant il n’y a pas assez d’espace sur les réseaux pour tous les employés, ce qui peut causer des délais. C’est du moins ce qu’on m’a expliqué», dit la directrice générale.

Pour les demandes de fonds en programmation, les dossiers soumis en octobre dernier ont depuis été envoyés par le bureau local au bureau central à Ottawa où ils sont encore en évaluation – avec la crise, le processus a été ralenti.

Même s’ils comprennent les raisons du retard, les quelque 25 organismes provinciaux et régionaux organismes membres du Réseau des développeurs n’en sont pas moins au bout de leur financement et sont incapables d’entreprendre leur planification pour l’année 2020-2021.  Cette incertitude financière s’ajoute à l’incertitude causée par la pandémie.  «Plusieurs employés sont soit mis à pied, soit réaffectés dans d’autres tâches ou travaillent des heures réduites.

Isabelle Dasylva-Gill recommande aussi aux organismes de prendre contact avec leurs propres agents de programmes, car certains ont d’autres bailleurs de fonds que Patrimoine canadien.

Maintien de l’usage du français

Comme organisme porte-parole, la SSTA est à réfléchir aux meilleures façons de continuer à promouvoir la francophonie et d’entretenir l’usage de la langue française dans les communautés. Une bonne partie de nos jeunes ne parle le français qu’à l’école ou aux activités communautaires. Nous savons qu’il y a des ressources pédagogiques, des suggestions d’activités auxquelles on accède par Internet.  Nous savons aussi que la connexion à Internet n’est pas égale partout.  C’est un problème.  Nous cherchons donc des manières de centraliser les informations sur les ressources et les diverses initiatives en cours qui permettent aux membres de la communauté de vivre des expériences en français autrement», dit Isabelle Dasylva-Gill.

L’organisme porte-parole a confiance que la communauté dans son ensemble va innover pour s’adapter et passer au travers des prochaines semaines.

 

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Photo 2447 : Isabelle Dasylva-Gill, directrice générale de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, en télétravail.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • Date de création 30 mars, 2020
  • Dernière mise à jour 30 mars, 2020
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