IJL - Ouest

Le coyote, ce citadin des temps moderne

À l'heure d'un confinement quasi mondial, des vidéos d'animaux sauvages se réappropriant les territoires urbains circulent sur les réseaux sociaux. À Edmonton, certains d’entre eux n'ont pas attendu une pandémie pour vivre à quelques pas des grands bâtiments. C'est le cas du coyote.

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Stéphanie Meynard

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

Ici, c’est un animal mythique! Le coyote est présent dans de nombreux mythes autochtones d’Amérique du Nord. Dans ces légendes, il apparaît majoritairement personnifié. Par exemple, chez les Blackfoot, il peut prendre le nom d’A-p’si, sorte de déité à double face, jonglant aisément du rôle d’ami à celui d’ennemi. Dans l’imaginaire collectif, il a également une image de piégeur. Un rôle hérité de ces légendes, mais amplifié plus tard par le célèbre dessin animé Bip Bip et Coyote.

Il ne fait aucun doute que sa présence dans la mythologie d’Amérique du Nord est liée à sa proximité géographique avec l’humain. En effet, des études révèlent que le coyote, mammifère de la famille des canidés, prospère au contact des sociétés humaines, et ce, même dans des métropoles densément peuplées.

Entre 500 et 1500 individus à Edmonton

Ils seraient entre 500 et 1500 coyotes à vivre dans les limites de la ville d’Edmonton. Pour promouvoir la coexistence entre les hommes et ces animaux sauvages, Colleen St. Clair, professeure en biologie à l’Université de l’Alberta a créé en 2009 le Edmonton Urban Coyote Project.

Jusqu’au début du XXe siècle, le coyote était essentiellement repéré sur les deux tiers ouest de l'Amérique du Nord. Puis, au cours du siècle dernier, son aire de répartition s’est étendue à toute l’Amérique du Nord, descendant même jusqu’en Amérique Centrale. Mais comment expliquer ce phénomène ? «C’est grâce à son incroyable capacité naturelle d’adaptation», explique Cassondra Stevenson, étudiante à la maîtrise dans l’unité de Colleen St. Clair.

Cassondra nous explique que le coyote est une espèce dite généraliste, ce qui signifie qu’il n’est pas particulièrement pointilleux sur l’endroit où il vit. Il est capable d’ajuster facilement son régime alimentaire afin de tirer parti de la grande disponibilité des sources alimentaires anthropiques des zones urbaines (poubelles, arbres fruitiers, mangeoires pour oiseaux, etc).

Trois saisons d’activités distinctes ont été identifiées par les scientifiques chez le coyote : une période de reproduction qui s’étend de janvier à avril, puis une période de mise bas allant de mai à août, et enfin, une période dite de dispersion de septembre à décembre.

Où pourriez-vous voir un coyote dans Edmonton ? En se basant sur les comptes rendus rapportés par les résidents sur le site web www.edmontonurbancoyotes.ca, Cassondra révèle que les aires où les gens disent apercevoir le plus de coyotes sont les alentours de River Valley, Hawrelak Park et Mill Creek Ravine.

Opportuniste de la pandémie?

Un cougar en pleine rue de Santiago du Chili, des canards à Paris, des phacochères à Barcelone, des paons à Madrid. Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, des internautes ont signalé voir plus d’animaux sauvages revenir dans les villes du monde entier. Cette observation inclut les coyotes pour les villes d’Amériques du Nord.

À Edmonton, Cassondra Stevenson pense qu’elle va avoir l’occasion d’évaluer cette observation quand son équipe récupèrera les images des appareils photo à détecteur de mouvement qui servent à son projet d’étude. «Je suspecte que les espèces urbaines pourraient être plus nombreuses, plus actives durant le jour et plus répandues dans les zones résidentielles surtout parce qu’elles trouveront qu’il leur est plus facile de traverser les routes avec moins de circulation», avance-t-elle.

Mais elle ajoute que ceci pourrait être contrebalancé par le fait qu’il y ait plus de gens se promenant dans leur voisinage. Gardez l’oeil ouvert, un farceur pourrait vous montrer le bout de son nez lors de vos balades quotidiennes.

Quel comportement adopter si vous croisez un coyote ?

Cassondra Stevenson est catégorique : «Il ne faut pas s’enfuir en courant, car cela a pour effet de les inciter à vous poursuivre». Selon elle, il est également important ne pas les nourrir: ni directement, ni indirectement en laissant par exemple traîner des déchets alimentaires. Ces actes reconditionnent leurs habitudes alimentaires et peuvent augmenter leur témérité déjà grandissante envers les humains.

Si vous rencontrez un coyote, la meilleure façon de se protéger est d’adopter un comportement paraissant agressif : criez, agitez les bras. Vous pouvez même jeter des objets non comestibles vers le coyote, le tout en gardant un contact visuel avec lui.

Enfin, il est important de toujours garder les animaux domestiques en laisse pour éviter les interactions directes avec les coyotes.

 

Encadré

Participer au projet d’observation

Tout ceci vous passionne? Le bénévolat est la meilleure façon de soutenir le projet qui offre d’ailleurs des opportunités variées à ce niveau.

Si vous êtes intéressé par du bénévolat pour l’étude avec les appareils photo, vous pouvez contacter Cassondra sur sa boîte courriel, cjsteven@ualberta.ca.

Si vous préférez participer à l’étude parasitaire du projet, vous pouvez contacter de la même façon Deanna Steckler, dsteckle@ualberta.ca.

 

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Photos de coyotes : coyotes à Edmonton, photosprises par les appareils photos du Edmonton Urban Coyote Project

Photo Cassie fieldwork : Cassondra relève les données des appareils photos a capteur de mouvements

 

 

 

 

  • Nombre de fichiers 5
  • Date de création 27 avril, 2020
  • Dernière mise à jour 28 avril, 2020
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