L'avenir de l'Institut Memramcook est toujours incertain

Propriété privée ou publique? Le sort de l'Institut de Memramcook, qui s'est refait une beauté extérieure au cours de la dernière année, divise les gens de cette communauté acadienne forgée par la présence de l'édifice historique.

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Normand A. Léger

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

L’institut, comme on la nomme, est vide depuis quelques années pour diverses raisons. Maintenant propriété de la province du Nouveau-Brunswick, le complexe a été le sujet de nombreuses études au fils des ans pour trouver de nouveaux locataires et assurer sa survie en tant que centre vibrant et économique de la vallée.

Les comités se sont succédé pour trouver une vocation et attirer des groupes ou des compagnies intéressés à s’y installer, sans trop de succès. Les gens ne se bousculent pas à la porte pour y aménager. Cependant, avec les rénovations entreprises afin de garantir sa survie, les gens de la localité attendent de savoir qui seraient les possibles locataires qui feraient en sorte que cette institution acadienne maintienne sa vocation première de moteur économique, social et éducatif pour la région.

En pleine campagne électorale, les rumeurs ont circulé que le gouvernement provincial aurait trouvé un acheteur potentiel. Les élus municipaux locaux affirment ne pas avoir été sondés. «Les gens du gouvernement avaient promis de nous consulter sur tout développement potentiel et cela ne s’est pas produit», souligne le maire de Memramcook, Michel Gaudet. «On était inquiet d’apprendre cela sans avoir obtenu des nouvelles au préalable. J’en ai discuté avec des gens du gouvernement et ils nous assurent qu’il y aura de la communication si jamais une offre surgit. On veut s’assurer que tout projet potentiel de développement soit bon pour l’édifice et la communauté. On attend des nouvelles.»

Lors d’une récente réunion du conseil du Village de Memramcook, les élus ont adopté une résolution s’opposant à la vente de l’édifice patrimonial au secteur privé, tout en proposant l’installation d’une école privée internationale bilingue.

Michel Gaudet, accompagné de Bernard Cormier et du Dr Aurel Schofield, des gens réputés ayant œuvré à la réalisation de plusieurs projets, ont présenté une proposition innovatrice pour l'ancien Collège Saint-Joseph, reliée à l'apprentissage, soit une école privée internationale.

Selon le maire Gaudet, ce projet jouit d’appuis au sein de la communauté. Il voudrait également voir l’établissement d’un centre communautaire qui permettrait aux gens ou à des groupes sans but lucratif, comme les scouts, de se réunir et de participer à des activités quotidiennes ou hebdomadaires.

«L’édifice est grand et peut accommoder bien des organisations et même la bibliothèque nationale proposée, a ajouté le maire Gaudet. Plusieurs projets pourraient aller de l’avant. Il suffira d’avoir des premiers locataires intéressants pour en attirer d’autres.»

L’idée d’une école privée internationale respecterait la vocation première et historique de l'édifice, soit l'éducation. Plusieurs études ont été réalisées jusqu’à présent sur le bienfait d’une telle école. Un modèle économique pour assurer sa survie à long terme a été développé. D’autres études sont en cours en Atlantique, au Québec, en France et ailleurs au Canada afin de mesurer l’intérêt des parents pour inscrire leurs enfants à une école privée avec un programme académique éprouvé et des activités parascolaires pour les jeunes.

Le Dr Schofield, qui réside à Dieppe, pense que le concept d’une école privée internationale bilingue à Memramcook est un projet idéal pour poursuivre la mission éducative de l’ancien Collège Saint-Joseph, lieu patrimonial où ont été formées plusieurs figures clés de l’histoire acadienne, à compter de la période dite de la «Renaissance». En chantier depuis plus d’un an, ce projet d’envergure a reçu l’appui de partenaires réputés, tels qu’IPSOS et Ernst & Young. Une décision finale pourrait être prise au cours des premiers mois de 2021.

Il n’y a aucune école privée secondaire dans la région du Grand Moncton. Les parents anglophones et francophones envoient, depuis plusieurs années, leurs enfants dans des écoles privées unilingues anglophones ailleurs au Nouveau-Brunswick et dans d’autres provinces, ou encore dans des écoles privés francophones au Québec. «Au cours des dernières années, plusieurs groupes de travail dans les deux communautés linguistiques se sont penchés sur cette question, mais ne sont pas passés à l’action», a souligné Aurel Schofield. «La question d’une école bilingue demande certaines réflexions, mais il y a plus de 400 000 écoliers inscrits à des programmes d'immersion française avec peu de débouchés éducatifs/bilingues secondaires de haut niveau.»

Il existe plusieurs écoles privées en Europe et ailleurs dans le monde comme celle proposée pour Memramcook. Les infrastructures sont en place dans la région pour faciliter la création d’une telle école. Elle vise à façonner des diplômés prêts pour l’université de leur choix, incluant les plus renommées au monde. Elle veut offrir des expériences de leadership et des activités sportives principalement en plein air et former des entrepreneurs communautaires.

L’école offrirait le baccalauréat international ou des cours avancés respectant les exigences de la province et l’accréditation CAIS 2 (Canadian Accreditation for Independent Schools). Une éducation bilingue supérieure, menant au développement complet de la personne, est proposée. Il y aurait des étudiants de jour et des pensionnaires. Des initiatives seront développées avec les communautés pour mettre en valeur le patrimoine de l'Acadie, des Premières Nations et de la province en général.

Une étude pour déterminer l’intérêt des parents pour inscrire leurs enfants dans une telle institution devrait être complétée d’ici deux mois.

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Photo Institut de Memramcook (Photo Normand A. Léger)

 

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  • Date de création 14 septembre, 2020
  • Dernière mise à jour 14 septembre, 2020
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