L’AFO discute santé, éducation et plaintes en français à Mississauga

Devant un peu plus d’une quarantaine de personnes sur place et en ligne, l’Assemblée de la francophonie ontarienne (AFO) a donné rendez-vous le 10 mars aux francophones de la région de Mississauga dans le cadre des Rendez-vous de la Francophonie 2020. Une occasion de souligner les 110 ans de l’AFO, mais surtout de répondre à de nombreuses préoccupations.

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André Magny — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

La rencontre citoyenne, qui a duré un peu plus d’une heure, s’est déroulée en deux temps avec une première partie plus historique. La deuxième partie, la principale, a permis aux participants réunis au Holiday Inn de Mississauga ainsi qu’à ceux assis devant leur ordinateur de questionner le président de l’AFO, Carol Jolin, et le directeur général de l’organisme, Peter Hominuk, sur des sujets touchant notamment la francophonie locale.

La santé des Franco-Ontariens

La diversité des questions survenues, qu’elles soient d’ordre administratif ou politique, est une preuve que l’exercice est loin d’être anodin. Messieurs Hominuk et Jolin se sont prêtés au jeu pendant plus de 45 minutes.

D’entrée de jeu, une militante a soulevé le sujet de la réforme du système de santé en Ontario. Les transformations doivent comprendre notamment la création de l’Agence Santé Ontario et la dissolution des 14 Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS).

Plusieurs Franco-Ontariens craignent que l’accès aux services de santé en français ne devienne encore plus difficile. Carol Jolin a répondu que l’AFO exigerait de la part du gouvernement ontarien la présence d’au moins deux francophones sur douze au sein du conseil d’administration de l’Agence Santé Ontario.

Carol Jolin invite à porter plainte

Toujours au chapitre des services en français, une autre participante s’est plainte qu’ils étaient souvent déficients dans des villes comme Brampton ou Mississauga. «C’est sporadique. La plupart du temps, il n’y en a pas.»

Carol Jolin a vivement insisté pour que les francophones portent plainte à l’Ombudsman de l’Ontario. Il a rappelé que la modernisation de la Loi sur les langues officielles doit avoir lieu cette année et que des consultations sur cette modernisation ont été faites depuis un an, notamment auprès de l’AFO et de la FCFA.

Le premier ministre Trudeau a promis au moment de son élection, en octobre 2019, que cette modernisation verrait le jour six mois après son élection, soit d’ici fin avril.

Via une question en ligne, Carol Jolin s’est fait reprocher d’avoir récemment assisté au congrès du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, alors que les enseignants ontariens sont à couteaux tirés avec le gouvernement. Le président a tenu à spécifier qu’il y était allé à titre d’observateur. «C’était une occasion en or» de parler avec de nombreux ministres qui étaient présents, a-t-il assuré.

D’autre part, M. Jolin a spécifié que l’AFO ne prendrait pas position dans le conflit des enseignants avec le gouvernement, car «on a de nos gens qui sont des deux côtés de la table de négociation.»

Des tentatives de rapprochement

Les participants ont aussi parlé d’inclusion au sein de l’AFO, que ce soit avec les jeunes, les immigrants ou d’autres communautés. Une question en ligne a soulevé que personne au sein du conseil d’administration de l’AFO ne représente actuellement la communauté LGBTQ+ francophone.

Messieurs Hominuk et Jolin ont assuré que l’AFO était à l’écoute de cette communauté. Le directeur général a indiqué qu’un guide sur l’inclusion est disponible sur le site web de l’AFO, auquel peuvent se référer les organismes francophones.

Enfin, il a aussi été question des relations avec le Québec. Selon Carol Jolin, à la suite de la résistance de 2018 pour le projet d’Université francophone de l’Ontario, une nouvelle solidarité s’est formée. À preuve : la présence de nombreux Franco-Ontariens invités à la Fête nationale du Québec en juin 2019.

M. Jolin a également fait mention du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, qui aura lieu les 16 et 17 juin prochains à Québec. La moitié des participants seront issus du Québec, et l’autre moitié de l’ensemble du Canada français. «On veut sortir de là avec un plan, on veut s’assurer qu’il y ait un après, pas dans dix ans», a assuré le président de l’AFO.

Un plan sur cinq ans

L’un des plus gros projets actuels de l’AFO consiste à établir un plan stratégique communautaire pour les cinq prochaines années, intitulé «Vision 2025». La firme ottavienne PGF consultants a été embauchée à cet effet.

Un sondage est présentement en ligne sur le site web de l’AFO afin de connaître les priorités des Franco-Ontariens pour l’horizon 2030. L’AFO indiquait le 11 mars avoir récolté 350 réponses, mais en viser 3000.

La mise à jour du plan stratégique en est désormais à la deuxième étape, avec la consultation d’organismes francophones à travers la province.

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ENCADRÉ

En 1910, plus de 1 200 délégués se sont réunis à Ottawa pour fonder l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (ACFEO) pour lutter contre le fameux Règlement 17. En 1969, avec un changement de nom, l’ACFO intervient dorénavant non seulement en éducation, mais aussi dans d’autres domaines comme la politique, le culturel, l’économie et la santé. Depuis 2006, l’AFO s’assure «que nos droits soient respectés et que les Franco-Ontariens prennent leur place. Nous sommes, nous serons!».

BP :

1) En personne ou en ligne, les participants ont pu poser leurs questions aux représentants de l’AFO.

2) Carol Jolin et Peter Hominuk dégustant un gâteau qui souligne le 110e anniversaire de l’AFO. (Crédits : Courtoisie AFO)

Des photos sont disponibles sur demande : ijlontario@gmail.com.

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  • Date de création 12 mars, 2020
  • Dernière mise à jour 12 mars, 2020
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