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La saison des vins s’annonce savoureuse en Colombie-Britannique

La récolte des raisins est enclenchée, jusqu’en novembre, dans la vallée de l’Okanagan et l’on pourrait bien avoir une saison des vins beaucoup plus riche en saveurs que celle de 2019. Malgré une année difficile à cause de la COVID-19, la météo a été clémente, la fumée passagère et les vignobles se réjouissent à la vue d’une récolte qui se dit prometteuse.

Alyson Roussel

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

Un début de saison difficile

Un mois de juin pluvieux, froid et venteux, le début de la saison commençait du pied gauche, cette année. Heureusement pour les vignerons, l’été a su montrer ses couleurs après ce premier mois. Des températures chaudes et sèches, « ce qui est idéal pour les grappes de raisin », affirme la conseillère en développement des entreprises au BC Beverage Technology Access Centre et enseignante en viticulture et études du vin au Collège de l’Okanagan, Mireille Sauvé. La récolte ne sera peut-être pas importante, mais elle sera savoureuse.

« Les températures basses de juin ont eu un impact sur la floraison, les fleurs ne se sont pas toutes transformées en raisins », rapporte l’œnologue, chef de production et chef de culture aux caves Le Vieux Pin Winery à Oliver et à La Stella Winery à Osoyoos, Severine Pinte.

Malgré une plus petite récolte, les arômes et les textures des raisins sont extraordinaires, se réjouit Mme Pinte. « L’année 2020 sera une plus petite récolte avec une qualité exceptionnelle! », affirme-t-elle.

De son côté, Mireille Sauvé s’enthousiasme d’une récolte qui s’annonce « idéale » comparativement à l’année dernière.

« Tout ce qui aurait pu mal se passer s’est passé l’année dernière. C’était probablement la pire saison de toute ma carrière », lance celle qui a été nommée la plus jeune sommelière au pays en 1997.

L’impact des feux de forêt sur la récolte

La fin de l’été aurait pu être synonyme de catastrophe pour les producteurs de vins lorsqu’en septembre dernier, la fumée des feux de forêts en provenance de nos voisins du sud est venue balayer la région. La fumée peut changer du tout au tout le goût d’une récolte et lui donner une saveur de « tabac froid », nous explique Severine Pinte. A priori, les viticulteurs sont confiants.

« Pour affecter le raisin, la fumée doit se tenir assez bas sur le vignoble pour au moins deux semaines », nous enseigne la professeure en viticulture et études du vin au Collège de l’Okanagan, Mireille Sauvé.

La fumée des États-Unis n’aura duré que six jours dans la vallée des raisins, dont trois jours intenses. Est-ce que cela aura un impact vraiment négatif? « C’est encore difficile à dire, dit Mme Pinte. Il faut faire la récolte et faire fermenter les raisins avant de le savoir.» Les expertes se font rassurantes. « C’est quand même moins grave que lorsqu’il y a eu les feux dans la vallée de l’Okanagan », affirme l’œnologue à La Stella Winery. La professeure est du même avis. « Je serais surprise si le vin avait un goût de fumé cette année, dit Mme Sauvé. On touche du bois».

Symptômes de la COVID-19 dans les vignobles

Le secteur viticole n’a pas été épargné par les effets de la pandémie mondiale. Pour le vignoble d’Oliver, c’est la vente directe aux hôtels et aux restaurants qui en a souffert. Une baisse d’environ 35% nous explique la chef de production de l’établissement. « C’est là que ça va faire mal », souligne Mme Pinte.

Malgré cette baisse, certains changements d’habitudes ont été profitables. « On a fait des dégustations avec moins de personnes, mais ç’a beaucoup mieux marché », s’exprime-t-elle. Au final, le bilan sera tout de même difficile.

« Même si on a bien travaillé d’un côté, à la fin de l’année, on sera en dessous du chiffre d’affaires de l’année dernière », pense la chef de production du vignoble.

Des travailleurs essentiels

Plusieurs entreprises viticoles de la vallée de l’Okanagan ont éprouvé du retard dans l’arrivée de leur main-d’œuvre étrangère, cette année.

Malgré tout, Le Vieux Pin Winery n’a pas à se plaindre. Coïncidence heureuse : le vignoble avait accéléré les procédures auprès du consulat. La main-d’œuvre est arrivée avant le 12 mars en Colombie-Britannique, nous dit Séverine Pinte.

« Ce n’était pas du tout en lien avec la COVID-19 ou ce qui se passait dans le monde », précise-t-elle.

Pour la viticultrice pour la fondation Dames Wine, Mireille Sauvé, le fait que le gouvernement ait déclaré l’alcool comme un service essentiel était un avantage.

« On pouvait poursuivre nos activités pendant que le monde était en quarantaine », souligne-t-elle.

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Bas de vignette :

La conseillère en développement des entreprises au BC Beverage Technology Access Centre et enseignante en viticulture et études du vin au Collège de l’Okanagan, Mireille Sauvé.

Une grappe de Syrah. Photo prise à Osoyoos. (photo de Mireille Sauvé)

Naramata Bench, C-B. (photos de Mireille Sauvé)

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  • Date de création 5 octobre, 2020
  • Dernière mise à jour 5 octobre, 2020
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