La réconciliation dans l’art ou l’art de la réconciliation

Les patients de la région de Baffin se reconnaissent maintenant à Ottawa à travers une œuvre d’art conçue en leur honneur.
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Gabrielle Poulin
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

À la fin janvier, une impressionnante installation d’art a été dévoilée au Campus général de l’Hôpital d’Ottawa. C’est l’organisme Tungasuvvingat Inuit, en partenariat avec le programme Art des quartiers d’Ottawa du Réseau des arts d’Ottawa qui a organisé le dévoilement.

L’installation en question est un kayak (Qajaq) de grandeur nature dont chaque panneau de verre coloré représente une histoire inuite unique. Sur un des panneaux figure le carnage à grande échelle de chiens de traineau dans les années 1950 et 1960, un événement qui a forcé de nombreux chasseurs inuits à abandonner les modes de vie traditionnels. Un autre panneau illustre la réinstallation forcée de certaines communautés inuites.

Si l’arrière du kayak illustre des scènes plus troublantes dans l’histoire inuite, le devant du kayak en illustre des plus heureuses, comme la chasse aux baleines et un voyage de pêche.

Baptisé « Sivuniksattinu », signifiant « pour notre avenir » en Inuktitut, le kayak est le fruit d’un projet stimulé par la passion de la culture et l’envie de la faire connaitre dans un esprit de réconciliation.

Pour l’avenir inuit

Sous la supervision de Jennifer Anne Kelly, une artiste d’Ottawa, l’œuvre a été créée en collaboration avec les artistes inuits Kaajuk Kablalik, Melissa Attagutsiak et Alexander Angnaluak. « […] La trame narrative se dessine progressivement dans chaque panneau de verre coloré en communiquant un message optimiste et enrichissant au sujet de notre histoire partagée », explique Kelly. L’aîné David Erkloo a aussi offert sa mémoire et son leadeurship à la conception de ce projet de réconciliation.

Les artistes ont utilisé une variété de techniques pour refléter la culture traditionnelle inuite. L’un des artistes, Kaajuk Kablalik, est aussi le président de Tungasuvvingat Inuit. Selon lui, « ce projet est la chance pour des artistes inuits de contribuer à la création d’une œuvre d’art sur la réconciliation pour les Inuits. » Très fier d’avoir participé au projet, il croit également qu’il faut un effort continu afin d’informer les gens sur certains volets de l’histoire inuite.

La coordonnatrice de projet et de sensibilisation communautaire au Réseau des arts d’Ottawa, Karine Lévesque, estime que « le kayak raconte une importante histoire de réconciliation. Il est le fruit d’un dialogue éclairé, d’échanges de connaissances et d’une collaboration créative. »

Pour la santé inuite

Katherine Cotton, présidente du Conseil des gouverneurs de l’Hôpital d’Ottawa, affirme que l’Hôpital s’appuie sur les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation. « Dans la tradition inuite, cette installation artistique […] représente le parcours de soins de santé que tant de personnes empruntent de près ou de loin », précise-t-elle.

L’Hôpital d’Ottawa traite des patients appartenant aux 12 collectivités de la région de Baffin au Nunavut, dont la capitale du territoire, Iqaluit. L’an dernier, plus de 1500 résidents du Nunavut ont été traités à Ottawa, bon nombre d’entre eux souffrant d’un cancer ou de maladies respiratoires.

La ville d’Ottawa abrite également plus de 4000 résidents inuits, ce qui représente la plus grande communauté inuite au sud de l’Arctique.

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Des photos sont disponibles sur demande : ijlterritoires@gmail.com

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  • Date de création 5 février, 2020
  • Dernière mise à jour 5 février, 2020
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