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La présidente de l’ACFA raconte ses rencontres avec deux ministres

La présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Sheila Risbud, a rencontré en début février Mélanie Joly, ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, et Leela Aheer, ministre responsable du Secrétariat francophone en Alberta. Des «premiers contacts» positifs, selon elle.

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Geoffrey Gaye

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

Dans quel contexte avez-vous rencontré Mélanie Joly?
J’avais fait une demande de rencontre avant Noël et j’avais fait une demande de suivi après Noël. Je suis souvent à Ottawa dans le cadre de mon travail, alors j’en ai profité pour rencontrer la ministre. Le but de la rencontre était d’établir une relation avec elle. C’était rapide, car la ministre était entre deux réunions. Je lui ai présenté un survol des gros dossiers, puis je l’ai invitée à venir en Alberta pour parler de ces dossiers plus en profondeur.

Quels dossiers avez-vous évoqués avec elle?
J’ai parlé du recensement actuel qui fait en sorte que le nombre d’ayants droit (NDLR : À une scolarité en français) ne reflète pas le vrai nombre. Nous avons parlé du Campus Saint-Jean, j’ai dit qu’il se trouvait dans une situation critique et que ça serait vraiment bon qu’on puisse en parler davantage. Ensuite on a parlé de la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Pour le recensement, quel est le problème selon vous?
Toutes sortes de décisions découlent du recensement. On construit des écoles en fonction de ce qu’on pense être le nombre d’ayants droit. Aujourd’hui, ça donne des écoles avec une capacité trop petite, car le recensement est mal fait. Deux ou trois ans après leur construction, les écoles ne répondent plus à la demande.

Souvent, on se dit que c’est parce qu’il y a beaucoup de gens qui sont arrivés, qu’on a mal calculé les nouveaux arrivants ou qu’on a mal calculé les coûts, mais ce n’est pas ça. C’est parce qu’on n’a non seulement pas calculé les nouveaux arrivants, mais qu’on a aussi mal calculé le nombre de gens sur place qui ont le droit de scolariser leurs enfants dans les écoles francophones.

« La ministre a compris l’enjeu »

Mélanie Joly vous a-t-elle semblé engagée sur ce point?
La ministre a compris l’enjeu. Le gouvernement libéral avait déclaré qu’il serait prêt à apporter des changements aux procédures de recensement. Elle a d’ailleurs mentionné que sa lettre de mandat stipule cela. Elle m’a paru engagée là-dessus. On va vraiment pousser pour que ces changements arrivent avant le recensement de 2021.

Concernant la modernisation de la Loi sur les langues officielles, que lui avez-vous dit?
Je lui ai dit qu’en Alberta, il y a certains aspects de la Loi qui nous touchent peut-être plus que d’autres provinces. C’est parce qu’on est la province, outre le Québec, où il y a la plus forte immigration francophone. Ce serait bien qu’il y ait une lentille linguistique sur cette immigration.

En d’autres mots, nous souhaitons que la Loi sur les langues officielles permette aux immigrants francophones de vivre leur vie en français. Mme Joly a reconnu cela. Mais elle a dit que ça va être important que les francophones soient assidus dans leurs demandes sur ce dossier. Si tout le monde veut des choses différentes et qu’on n’est pas capable de se mettre d’accord, ça risque de nuire à la possibilité de faire de vrais changements à la Loi. J’étais d’accord avec elle.

Pour le Campus Saint-Jean, quel a été votre propos auprès de la ministre?
Je l’ai invitée sur place. Elle a déjà été au Campus Saint-Jean, mais je lui ai dit que ça serait excellent si elle pouvait revenir. Il faut qu’on puisse s’asseoir avec tous les gens concernés par ce dossier pour parler de stratégie. Je travaille depuis avec son bureau pour organiser la rencontre.

Connexion Carrière : « L’intention n’était pas de cesser d’offrir ces services»

Nous pouvons voir sur Twitter que vous avez discuté avec d’autres ministres récemment.
Oui, j’ai rencontré la ministre Aheer. C’était encore une fois un peu la même chose : le but de la rencontre était de faire une première prise de contact avec elle. On s’était rencontrées auparavant, mais très brièvement. Avec elle, j’ai parlé davantage de la politique sur les services en français en Alberta.

Concrètement?
Tout le monde veut que cette politique aboutisse sur quelque chose de plus concret, alors on a parlé du fait qu’on voulait travailler ensemble sur comment on pourrait concrétiser la politique. On a aussi parlé brièvement de Connexion Carrière. Elle s’est engagée à faire une rencontre de suivi, spécifiquement pour trouver des solutions dans ce dossier-là.

L’organisme Connexion Carrière n’est donc peut-être pas mort?
De la façon dont la ministre comprend la situation, c’est que l’intention du gouvernement n’est pas de nuire ou de cesser d’offrir ces services en français. Elle croit qu’il y a des solutions possibles, alors elle a organisé une rencontre avec la ministre Rajan Sawhney, qui est responsable de ce dossier, pour parler de solutions. Ça, c’était bien.

Avez-vous également évoqué le problème du Campus Saint-Jean avec elle?
Oui, je lui ai dit que c’était une situation critique. Elle s’est engagée à organiser une rencontre entre le ministre de l’Éducation postsecondaire de l’Alberta, Demetrios Nicolaide, et les intervenants du Campus et de l’Université de l’Alberta pour discuter des solutions possibles. Je participerai à ces réunions qui devraient avoir lieu dès le mois de mars.

Êtes-vous confiante à l’issue de ces deux rencontres?
Les deux rencontres étaient très positives. Ces débuts de relations sont très bons, ça peut changer, mais pour le moment c’est positif. Il y a bon espoir pour la francophonie au Canada et en Alberta. C’est rare que je me sente aussi positive quand je fais des rencontres avec des politiciens dans le cadre de mon travail.

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  • Date de création 18 février, 2020
  • Dernière mise à jour 18 février, 2020
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